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Étape 14: Cérémonie Ayahuasca et fin du voyage …

Je pars à 5h du matin, je descends à pied la montagne pendant 1h15 pour aller prendre un bus qui ne sera pas au rendez-vous. Après m’être arrangé avec un autre chauffeur , 3 changements et 2h15 de route, j’arrive enfin a Porto. Il me faudra faire encore une heure de métro pour arriver à l’aéroport. Je prends l’avion (non sans trac, cela faisait 20 ans que je ne l’avais pas pris) et je survole notre périple de 15 mois en 1h30.. Wow.. J’arrive à Toulouse, les parents d’Adeline m’accueillent et m’ont amené notre voiture. Je dois encore aller chercher la remorque à 1 heure d’ici et la ramener chez eux où je passerai la nuit. Je n’ai pas condui depuis loooongtemps et chargé d’une remorque après 12h de voyage intensif ça fait drôle..

Je dors 4 heures et repars avec la remorque direction Portugal ! Après 14h de route et 1200 km parcourus j’arrive à destination, il nous faut encore préparer la remorque pour le voyage des animaux , ranger notre campement et tout charger. Nous passons notre dernière soirée avec nos amis chez Isabelle puis nous tombons de fatigue, c’est notre dernière nuit dans la tente ! Le lendemain nous partons tôt, nous avons la chance de voir Isabelle avant notre départ. Nous prenons la route, Adeline fait quelques centaines de mètres de chemin dans la remorque avec les animaux pour les rassurer.

Cela nous a fait une étrange sensation de prendre un véhicule. Notre arrivée en Navarre était prévu pour le 14 août date du début de la cérémonie Ayahuasca. Se dire qu’en deux jours nous allions parcourir ce qui nous avait pris près d’un an était un peu décalé avec notre réalité. Nous avons bien expliqué à nos compagnons quadrupèdes ce qui allait se passer. Bayat était déjà habitué à la voiture, il avait de plus une place de luxe à l’arrière alors que les deux compères étaient dans la remorque sans nous. Notre Fernandel est si petit que nous avons dû l’attacher par le bât de tout côté afin qu’il ne bouge pas trop dans tous les sens, la petite Gladisse quant à elle pouvait s’allonger tranquillement dans le foin que nous avions coupé avant de partir. Assise dans son assiette, tout ce qu’elle aime!

Nous sommes repassés par de nombreux endroits que nous avions déjà traversés à l’aller et durant lequel nous avions pesté contre cette autoroute bruyante et dévoreuse de paysage. Et bien nous l’empruntions à présent et les semaines passées nous les avalons maintenant en quelques dizaines de minutes… Ha lala, le monde et ses contradictions! C’était un peu comme une remise en mémoire, comme si nous parcourions les pages de notre carnet voyage, un mélange de joie et de nostalgie.. Nous nous sommes arrêté sur la plage Asturienne du village de ma grand mère pour y passer la nuit. Les animaux ont fait bonne route. Nous profitons de ces derniers instants, chaque seconde est dégustée. Au petit matin, après une dernière baignade, dernier contact avec l’Eau-céan, longue méditation dans ce lieu sauvage , espace clef de notre voyage, nous repartons direction le pays basque !

Nous reprenons la lecture de notre carnet de voyage puis nous nous écartons dans la montagne pour y réécrire les dernières pages. Nous grimpons, nous grimpons et au fur à mesure la vue s’ouvre. Nous renouons donc avec les vastes paysages, les petites routes et le charmes du monde rural. Nous arrivons enfin à « Salinas de Oros ». Nous trouvons la maison où se déroule la cérémonie, nous rencontrons les convives mais apparemment l’espace pour les animaux n’a pas été prévu alors que c’est bien une des premières choses que nous avions précisé. Je pars donc dans le village demandant aux voisins qui pourrait nous prêter un champs pour le week-end.. après deux ou trois rencontres on m’a indiqué l’unique petit bar du village. J’explique la situation, le voyage etc… Le barman un grand basque comme on peut se l’imaginer me regarde avec de grand yeux! Il reste un peu bouche bée.. Lorsqu’un jeune d’une trentaine d’année , comprenant la situation, me prend par l’épaule et m’emmène dehors avec entrain « met les là tes animaux ! C’est à personne et à tout le monde ici ! Ils ne craindront rien !  » et il me montre une place d’herbe de l’autre côté de la route qui sert de parking pour certain.. C’est parfait ! Je suis rassuré, la cérémonie peut enfin commencer..

Nous faisons tous connaissance, nous sommes une quinzaine. Nous sommes accompagnés par César qui a été initié en Colombie pendant de nombreuses années ainsi qu’une facilitante – psychothérapeute, Laura, qui elle aussi a été initiée et possède une formation spéciale pour l’intégration de telles expérience. Je vais m’efforcer d’insister sur le fait que cette cérémonie est une thérapie complète , très profonde et que les mots ne suffiront pas à la décrire. Elle n’a rien à voir avec quelque chose de récréatif. C’est une médecine à tous les niveaux de l’être, un enseignement direct avec la plante, son usage se fait depuis la nuit des temps. Bien que mes mots peuvent vous paraître farfelus, sachez que j’ai bien les pieds sur Terre et qu’il est difficile de transmettre une expérience chamanique. Je vous invite donc à vous renseigner sur le sujet afin de compléter mes propos tout en sachant que seul l’expérimentation personnelle pourra vous conduire là où nous avons été conduits. Je vais donc vous décrire les différentes étapes de la cérémonies avec certains effets cependant l’ensemble de nos visions ne sera transmit que dans notre carnet de voyage.

L’Ayahuasca a été découvert par les guérisseurs dans la jungle Amazonienne il y a des milliers d’années. Il s’agit d’un breuvage élaboré en combinant deux plantes , Ayahuasca et Chacruna, qui dans l’eau bouillante, se transforment en un «thé» ou un sirop à la consistance de miel. Les propriétés visionnaires et curatives de ce remède ont donné à la plante le titre de «maître », car elle enseigne, démontre, clarifie, et le titre de «pouvoir », car elle nettoie, soigne et libère. Pendant des siècles, les indigènes l’ont utilisée pour conserver un état de pleine santé et en prévention des maladies. Ils en prennent toutes les semaines ou tous les 14 jours pour maintenir leur état de bien-être physique. Ce remède est également utilisé pour élargir la conscience qui conduit à une connaissance très précise de la vie, la nature et l’existence, et aide aussi à prendre les décisions du quotidien.

La cérémonie commence à 20h. l’atelier de préparation commence en ciblant la désactivation des mécanismes inconscients qui bloquent fréquemment l’accès à une expérience fluide et relâchée. chacun exprime ses motivations. César le maitre de cérémonie, nous présente l’association, son rapport avec la liane Ayahuasca cultivée en Colombie et sa préparation avec les guérisseurs locaux, la manière dont elle agit, le travail et la récolte sont difficiles et prennent des jours et des nuits entières. Ils nous explique qu’il y a différentes écoles traditionnelles. César nous montre les techniques qui mettent à l’aise pour vomir, car comme je vous l’ai dit, l’Ayahuasca n’est pas une drogue récréative, c’est une médecine qui sert en premier lieu à évacuer les nœuds et les toxines qui empêchent de recevoir la vision.

Il est plus de 21h tout le monde fatigue et attend depuis longtemps. César nous donne une macération très amère à mettre derrière les dents,  » l’ampi « , mélange de tabac, sauge et cendre de volcan entre autre, qui va relaxer le cœur et ensuite le  » rampé » , une préparation à peu près similaire mais poudreuse qu’il nous insuffle dans les narines à l’aide d’une paille, cette préparation sert à détendre l’esprit. Nous nous assoyons , chacun son espace mais tous ensemble, la cérémonie se déroule les yeux fermé afin de favoriser l’introspection car celui qui regarde dehors s’échappe, alors que le temps est à l’intériorité.. Nous méditons en attendant l’Ayahuasca afin de nous préparer totalement et nous ouvrir pleinement à cette expérience.

Les effets des préparations se font sentir et nous buvons enfin la macération. Ce soir, c’est la session de « découverte avec la plante ». Il y a différentes possibilités, il y en a qui ne prennent rien, ou alors une prise, avec la possibilité d’un renfort par la suite ou alors encore deux prises. Nous commençons par une prise.. Les effets se font sentir au bout d’une demi-heure et tout va aller très vite, je me rappelle avoir été surpris par la ressemblance extraordinaire avec les documentaires que j’avais déjà vu sur le sujet et les reconstitutions des visions qui étaient faites.

J’ai ressenti le travail commencer, la présence me parcourir, m’attraper l’intérieur du ventre et me faire vomir les impuretés qu’elles soient physiques, émotionnelles ou au-delà. Puis le voyage a commencé, formes, géométrie, fractales, couleurs, soin énergétique, communication avec l’esprit de la plante , enseignements, visions vécues, onctions, serpent à plume, aigle multicolore, cabane de bambou, Amazonie, Vie, Nature, etc.. Au moment du renfort, mon corps me dit stop, je suis courbaturé des vomissements et des nombreux aller-retour aux toilettes pour les diarrhées, c’est comme si j’étais en plein mal de mer et que l’on me proposait de faire du grand 8 .. Mais l’esprit lui veut se connaître alors je surmonte et prend le renfort, dans toute introspection il y a quelque chose de guerrier.

En fonction des besoins de chacun, le facilitateur déterminera la dose requise. La dose souhaitée par le participant est prise en considération par le facilitateur en charge, mais ne sera pas décisive. Certaines personnes qui prennent part aux retraites ne reçoivent pas d’Ayahuasca pour des raisons spécifiques – c’est le facilitateur en charge qui en prend la décision – ce qui n’empêche pas ces personnes de participer aux sessions. Il n’est pas nécessaire de prendre les doses minimales pour participer. L’important dans ces retraites n’est pas la “prise d’Ayahuasca” mais le processus psychothérapeutique qui s’en suit.

J’attends que cela remonte mais je vais rester entre deux eaux, je suis trop fatigué pour partir et je suis trop barbouillé pour dormir alors je flotte entre deux mondes lorsqu’Adeline me réveil pour m’annoncer que l’on va clôturer la séance. César passe auprès de chacun de nous avec de l’encens et des bouquets de sauge tout en aspergeant d’une eau florale préparée et odorante. Il nous a chanté l’Amazonie et nous y étions en plein cœur maintes et maintes fois.

Le lendemain je me lève assez tôt, je pars voir les animaux, ils vont très bien, je me remets de cette expérience extraordinaire, intègre les enseignements qui m’ont été donné, je retourne dans la maison et commence à discuter avec les autres et je m’aperçois que j’ai eu de la chance car pour la plupart cela a été moins intense et même pour certain, il ne s’est rien passé, comment est ce possible?… Je comprends donc que nous ne sommes pas égaux face à la vision et qu’un certain état est nécessaire. Cette notion va se développer par la suite. « Le professeur ouvre une porte mais c’est à l’élève de la franchir ».

Nous prenons le petit déjeuner puis nous attaquons l’atelier d’intégration thérapeutique. Chaque participant raconte son expérience pendant que le facilitateur pose une série de questions qui généreront des réponses pouvant s’appliquer de manière pratique dans la vie quotidienne. Notre facilitateur, Laura , a une expérience en psychologie et Ayahuasca très efficace ! Elle va droit au but et profondément dans le soin. L’accent est vraiment mis sur le pourquoi des blocages et l’application de l’expérience dans le quotidien. C’est un point clef de cette cérémonie.

Les différentes personnes viennent pour différentes raisons comme guérir de traumatismes, se libérer de dépendances ou vivre une expérience mystique ou spirituelle – comme un voyage astral. Le travail ne se fait pas avec l’Ayahuasca mais avec la Conscience. L’Ayahuasca est l’outil par excellence qui est utilisée pour éveiller la conscience de l’être humain. L’Ayahuasca est un déclencheur biochimique dans le processus de « prise de conscience », mais ce n’est pas l’objet du travail proposé.

L’après midi après une bonne sieste réparatrice nous faisons des exercices et jeux « thérapeutiques » à plusieurs, c’est très agréable, une grande complicité se crée rapidement, nous avons la chance de partager de très bon moment avec un super groupe. La nuit tombe, nous allons recommencer. La présentation ayant été faite la veille c’est avec moins d’appréhension que nous commençons, en plus nous avons pu nous reposer, nous sommes fin prêt pour profiter au maximum de cette expérience.

Après que César nous ai lavée l’aura avec de bouquets de sauges et le souffle, après le rampé et l’ampi, la première prise a lieu et une demis heure plus tard de nouveau la géométrie, le soin émotionnel par dragon, fractales infini, buddha, anatomie, chakras, universalité, immensité, connaissance de soi, extase, hiérarchie céleste. Je finis cette fois en pleine forme, je trouve ça presque un peu soft comparé aux enseignements de la veille mais j’ai par contre bénéficié d’un soin extraordinaire. Mais la plante soigne et prépare à l’expérience. C’est donc avec une grande joie que je prends la seconde prise, elle commence doucement puis là l’expérience chamanique prend un tout autre sens. Rencontre avec l’Ayahuasca, courtoisie, yeux, félicité, créativité fractale sphérique , nature de l’Esprit, libre pur et créatif, dialogue maitre disciple, accord, 3° œil, projection futur, lien hiérarchique esprit-matière, extase et jouissance, dialogue avec les morts, passage et libération. Je remercie et dit au revoir à la plante. Je sent ma que glande pinéale est très sollicité. Nous clôturons la séance.

Le lendemain nous continuons nos échange sur la veille, je suis ravi de voir que ceux qui étaient un peu bloqué la veille se sont ouverts et ont eu droit à de belles expériences. Lorsque je raconte les miennes les autres sont un peu estomaqués, c’est ce qu’ils auraient voulu avoir, c’est peut être le fait que je avais limité les toxines dans mon corps en ne fumant pas, ne buvant pas d’alcool, un régime végétarien, le travail sur l’acceptation, différentes choses qui j’en suis sûr favorisent une bonne expérience. Lorsque les autres demandent pourquoi ils n’ont pas eu ça, Laura explique que nous avons tous notre temps et notre chemin. La cérémonie se termine, nous devons nous dire au revoir, nous avons été un super groupe et l’expérience a été extraordinaire, au-delà de nos espérances, quoi de mieux pour clôturer ce voyage, décidément, du début à la fin, la providence nous aura accompagné.

Nous chargeons les affaires, faisons monter les animaux qui se sont régalé pendant ces deux jours puis reprenons la route pour ces derniers kilomètres. C’est parti pour 8h de route, on roule bien, on se rapproche de la frontière puis c’est le moment, nous y voilà, le retour en France , plus de 12mois que nous étions partis, à la première aire d’autoroute c’est le choc, la langue française, le peuple français, les médias.. Nous y sommes, il va falloir être fort et se réadapter..

Nous arrivons juste avant la nuit, pile poil pour que les animaux voient où ils dorment.. Le lendemain j’apprendrai que Fernandel et Gladisse ont tous deux signé un contrat avec la ville en tant que débroussailleur dans le parc d’un ancien couvent. Aujourd’hui Gladisse a un chérie qui s’appel « Pantoufle » et dans quelques jours elle devrait agrandir la famille.

Les images que vous trouverez dans ce diaporama traduisent parfaitement les visions que l’on peut obtenir avec l’Ayahuasca. Cependant elles n’en traduisent qu’une infime partie, un peu de la même manière qu’une photo aérienne traduirai un saut en parachute.

ÉTAPE 13: ECOALDEA ESPIRAL-ARNOIA (PRODUCTEURS DE PAM)

Nous avons donc quitté l’écoaldea contents comme toujours de revenir à notre rythme de nomades mais dans un état d’esprit un peu différent. C’est en effet les derniers pas que nous réalisions… Les dernières montagnes à franchir, les derniers moments avec nos animaux comme compagnons de marche, les derniers obstacles, derniers campements. Derniers en tout cas pour ce voyage-là. Parce que cette expérience nous la réitérerons sans aucun doute. L’appel de la route se fera bientôt sentir, on en est persuadé.

REMERCIER

Nous avons profité de cette dernière étape pour remercier. Remercier tout et chaque chose. Du brin d’herbe qui avait nourri nos animaux ou accueilli notre couche au nuage qui nous a mainte fois protégé du soleil ou fait venir la pluie quelle que fut la manière dont on l’a accueilli.
Nous avons remercié chaque personne que nous avons croisée. Chaque individu quelque soit ce qu’il nous a apporté. Qu’il nous ait donné un logement pour la nuit, un peu de foin pour nos animaux, de quoi boire ou manger, donné un sourire, un rire, raconté sa vie en marchant un peu a nos côtés, son enfance, ses larmes d’émotion, de joie, sa colère parfois ou même son dédain. Car au fond tout cela nous a formés, forgés à ce que l’on est devenu. Nous avons remercié ceux qui ont pris un peu de leur temps pour s’arrêter un moment dans leur vie, pour nous encourager, nous décourager, nous photographier, nous courir après, appeler leur mère, sœur, grand-mère, tante, petit-fils, afin de voir ensemble le spectacle de cette étrange famille qui voyage avec sa drôle de caravane. Certains n’ont pas communiqué mais ont juste ralenti leur voiture pour ne pas effrayer les animaux, nous effrayer ou nous mettre en danger. Ceux qui n’ont pas ralenti, on les a aussi remerciés, après tout…
Nous avons remercié les arbres pour nous avoir eux aussi accueilli chez eux pour dormir, siester, attendre que la pluie se calme, manger un de leurs fruit, accroché notre bâche a une de leurs branche ou prêté leurs feuilles pour aller au petit coin ou faire la vaisselle. Merci aux plantes de nous avoir nourri et alimenté tout au long du chemin, merci à elles d’être ce qu’elles sont et de nous avoir étonné sans cesse de là où elles pouvaient pousser comme quoi la vie peut tout et la volonté est en chaque chose. Merci aux nombreux animaux croisé en chemin, aux chiens, aux chats, aux chevreuils, sangliers, chevaux, vaches, brebis, oiseaux merveilleux, poissons, insectes en tous genres, limaces du matin se glissant dans nos chaussures, ânes voisins faisant crier le nôtre toute la nuit nous empêchant ainsi de fermer l’œil, cigognes magnifiques, salamandres colorées, moustiques, mouches troubleuses de sommeils diurnes, lapins, renards compagnons silencieux solitaire et intrigant, loups rôdeurs nocturnes que l’on savait proches et qui nous ont tenu des nuits durant en alerte.
Nous avons remercié tous les éléments. Le feu bien sûr qui nous a réchauffés, permis de cuire nos aliments mais surtout feu du soleil qui nous a chauffé le corps et l’esprit. Soleil qui nous a parfois joué des tours et souvent fatigués mais qui était là, brillant, merveilleux, qui nous donnait la notion du temps et de l’espace, qui nous séchait lorsque la pluie avait frappé fort. Nous avons remercié l’eau, l’eau vivifiante, vitale, et si importante à tout moment. Cette eau qui a dirigée une grande part de notre chemin, nos points d’arrêt, notre état de propreté (ou de saleté) l’état des animaux, c’est elle qui décidait du menu, du brossage de dent du matin (ou non) des heures de marche à faire dans la journée, des journées de poses que l’on pouvait s’accorder.
Nous avons remercié l’air joyeux parfois violent, qui accompagné de pluie pouvait ralentir nos pas ou les accélérer. L’air changeant qui porte en lui l’odeur de ce qui nous entoure. Cet air qui fait chanter l’eucalyptus la nuit, qui fait claquer la bâche, qui nous sèche ou peut briser notre vulnérable tente. L’air duquel on se protège, ou que l’on cherche après un gros effort.
Merci enfin à la terre, celle qui nous a portés, qui a fait raisonner nos pas, que l’on était tellement heureux de retrouver après un passage bitumeux. La terre qui a nettoyé notre âne qui prenait à chaque pose un plaisir fou à s’en couvrir. Mais nettoyer notre âme aussi. Cette terre qui est la base du voyage, la flouer, la comprendre, la travailler, la sentir, la protéger, l’aimer, la servir.
Merci enfin a la vie, à notre étoile, notre ange, ou peu importe son nom. Merci de ta présence, d’avoir été là, d’avoir écouté nos prières, de nous avoir mis là où nous devions être, d’avoir récompensé systématiquement nos efforts, de nous avoir consolé dans nos doutes, nos peur, nos pleurs, nos joies, nos bonheurs. Pour tout cela MERCI.

ARNOIA
Chaque pas était donc important et le dernier jour nous avons pris une mauvaise route comme si la route elle-même ne voulait pas nous quitter. C’est grâce à trois dames Portugaises qui nous ont pris en pitié que nous avons finalement fini par trouver. Après nous avoir dit à plusieurs reprises qu’il ne fallait pas faire ça: partir à pied quelle idée, vous allez avoir des problèmes! on leur a bien expliqué que c’est la fin du voyage et qu’après quinze mois de marche vous savez mesdames, se tromper de routes n’est pas vraiment un problème… Enfin toujours est-il que c’est avec la bonne humeur de ces charmantes portugaises que nous sommes finalement arrivé sur la bonne route et à notre ultime étape.

Ce fut une brève expérience, de plus Arthur est vite parti pour aller en France récupérer la voiture, louer une remorque pour ramener toute la petite famille en engin motorisé. Oui oui, ceux que nous avions jusque-là évités!
Dans ces montagnes portugaises, desquelles nous pouvions voir la pyramide qui ne nous a pas quittés depuis quelque temps (nous la voyions de l’autre côté cette fois), il y a une productrice de plantes aromatiques, médicinales et de fleurs comestibles. C’est Isabelle. Le peu de temps resté sur les lieux et son planning chargé ont fait que nous n’avons malheureusement pas pu la connaitre comme nous aurions aimé le faire. Les échanges que j’ai eus avec elle ont été cependant très profond et c’est une personne très forte avec une belle énergie, jusqu’au-boutiste et touche-à-tout. Elle est copropriétaire d’un terrain où elle cultive notamment la lavande et la rose qu’elle distille ensuite. Elle produit donc de l’huile essentielle de lavande (et hydrolat) et de l’hydrolat de rose. Elle vend dans les restaurants des fleurs comestibles. Elle a une vie chargée et compliquée qui fait qu’elle ne peut pas tout gérer dans sa ferme qui tourne grâce aux volontaires qui sont heureusement nombreux. Nous avons rencontré sur place des personnes supers avec qui nous avons passé de très bons moments. J’ai été ravie de pouvoir m’essayer à la distillation et Herbert un des volontaires les plus anciens sur les lieux m’a dit n’avoir jamais vu quelqu’un d’aussi enthousiaste à l’idée de passer 4 longues heures à surveiller le feu et changer les bouteilles d’hydrolat! Là-bas nous avons aussi assisté de très près à un incendie qui se dirigeait droit vers la ferme dont beaucoup de bâtiments étaient en bois… Nous avons mis les animaux à l’abri et les pompiers ont réalisé un travail de maitre en mettant fin à ce qui aurait vite pu devenir un drame.

Au bout des 6 jours Arthur est revenu avec notre carrosse.On a dû se faire à cette idée et nous ne pouvions pas rentrer à pieds vus les conditions que ça aurait dû être pour les animaux. La nourriture se faisait rare et financièrement nous n’aurions pas pu tenir beaucoup plus. Mais plus de 1700 km est décidément une belle prouesse que nous sommes très fiers d’avoir réalisé et magnifiquement accompagnés en plus!

Étape 12: Casa Colorida- Ecolaldea espiral (communauté végétarienne)

Après le rétablissement de notre vaillant Fernandel, nous sommes parti de Colorida en direction du Portugal… P-A., ami de longue date d’Arthur, nous a rejoint à la Colorida après avoir fait le camino de Santiago en partant de Toulouse. On est donc parti a 6 cette fois vers de nouveaux horizons, une autre langue, une autre culture. On a mis trois jours pour arriver à la frontière et se remettre en jambe après quand même un mois de pause. Il fallait aussi y aller molo pour ne pas abîmé le muscle récemment rétabli de notre petit âne. P-A. s’est rendu compte de notre folie en nous accompagnant et s’est rendu compte que marcher seul c’est pas pareil qu’a cinq dont 3 quadrupèdes… on va certes moins vite mais la vigilance est constante et le stress aussi (surtout au bord des routes), on ne peut pas dormir où on veut parce que les animaux passent avant et il est nécessaire de trouver un bon endroit avec de l’herbe et de l’eau, on marche plus longtemps (entre 8 et 12 heures par jour), lorsqu’on s’arrête enfin il faut décharger les animaux, les installer, leur apporter de l’eau, parfois aller la chercher relativement loin et ce n’est qu’ensuite qu’on installe tente matelas et qu’on se prépare à manger, autrement dit des pauses y en a pas vraiment… Le voir de l’extérieur était inintéressant car rare sont ceux qui ont vraiment marcher avec nous. Il a aussi éprouvé le chariot que traîne Arthur derrière lui comme une extension de son propre corps. Il n’arrêtait pas de lui dire qu’il ne comprenait pas comment il avait réussi a tirer ce chariot dans le GR10.
Le chemin Portugais à l’envers ne nous a cette fois-ci pas posé de problèmes. Dans la première partie il y avait toujours les indications vers Fatima puis dans la seconde les flèches était très nombreux et comme nous avions un nouveau membre dans notre team il était plus facile que l’un de nous aille vérifier en cas de doute.
Lorsque nous avons traversé le pont frontalier c’est plein de gratitude que nous avons dit au revoir à l’Espagne et dit bonjour au Portugal. Ce pays que nous attendions avec un peu d’impatience.
Comprendre la langue a été moins difficile que ce que l’on pensait ayant dorénavant un bon niveau en Espagnol. par contre pour le parlé c’était une autre pair de manche. Nous sommes toutefois arrivé a communiquer sans trop de difficultés. Les début au Portugal ont été chaud, même caniculaire et nous divisions la journée en deux parties: nous marchions le matin très tôt puis reprenions la route en fin d’après midi. Les fêtes de villages nous ont accompagné pour ne pas dire nous ont suivi sur notre chemin avec les chants traditionnels qui vont avec (et pour lesquels nous avons eu besoin de notre petit temps d’adaptation!).

Et après plus d’une semaine de marche avec nous P-A. nous a quitté pour rentrer en Auvergne en nous laissant derrière lui des indications sur le chemin a prendre.
le lendemain de sont départ nous avons dit au revoir au Camino de Santiago pour d’autre petits chemins, notre camino a nous. Nous avons fait un itinéraire grâce a des cartes militaires et nous avons aussi utilisé le GPS du téléphone. Ces méthodes se sont révélé être très efficaces et les petits chemins ainsi trouvés nous ont évité le stress des nationales. Nous sommes ainsi arrivé au bord d’un lac où nous avons fait un pause de 3 jours bien méritée dégustant ainsi les derniers moments sauvages de notre folle aventure. Bivouaquer au Portugal est bien plus simple, les gens nous conseille, nous guide et la police nous demande si tout va bien à la place de nos papiers. Ce pays nous a accueilli les bras grands ouverts et on a beaucoup apprécié tous les échanges qu’on a eu là-bas. ces trois jours au lac étaient trois jours au paradis. Les animaux étaient libres et nous allions le soir nous balader tous ensemble. Frenandel courait dans tous les sens en entrainant Gladisse pour qu’elle viennent jouer avec lui. Bayat était dans l’eau en permanence en train de sortir chaque pierre de l’eau ainsi que de rattraper les bâtons qu’on lui lançait. Bref, des instants très bons, très doux, la famille au complet jouissant d’être ensemble.
Nous sommes arrivés quelques jours plus tard a l’Ecoaldea vegetariana Espiral.

L’Ecoaldea

Située dans les montagnes près de Cabeceiras de Basto cette « Ecoaldea » ce trouve au bord d’une rivière très fraîche mais que l’on a bien apprécié avec la chaleur estivale. Dans cet éco-village on mange végétarien, on ne boit ni ne fume, on essaye de ne pas consommer de produits raffinés, on éteint le téléphone au portail, bref on entretien son corps et son esprit au mieux. C’est le lieu qui, selon nous, se rapproche le plus (par son mode d’organisation) du modèle que l’on souhaiterait suivre plus tard si la vie nous le permet. Ici on travaille le matin afin d’avoir les après-midi libres pour des activités proposés par les uns et les autres. On a par exemple eu droit a des cours de flamenco et de danses sévillanes avec Rosa, d’initiation aux méthode de « biodescodificacion » avec Shenia (une méthode de soin qui met en avant les liens filiaux et la numérologie), un atelier « massage Thaï » avec Maria, un cours d’initiation a l’accordéon avec David ou encore la visite des bords de la rivière avec Azar. L’après-midi est aussi le temps de l’artisanat car le projet est que chaque foyer ait la possibilité de disposer d’une économie individuelle qui s’ajoute à l’économie collective de l’éco-aldea. Ainsi deux systèmes économiques sont en place et chacun peu vaquer a ses activités. Tout cela bien sûr en attendant d’être totalement autonomes… Si cela est possible. Je parle du « projet » car pour l’instant il en est a ses débuts et une seule famille vit constamment sur les lieux. Certaines personnes commencent peu a peu a s’intégrer au lieu mais le lieu est donc encore au stade d’expérimentation.

Ils ont sur place une superbe école pour les enfants jusqu’au niveau du collège à peu près. ils y enseignent les disciplines classiques avec une méthode alternative dont j’ai oublié le nom (cf. le documentaire qui sortira d’ici 1 an). Ils ont énormément de matériels et je pense que toute les personnes avec nos valeurs qui ont des enfants ou qui comptent en avoir rêvent toutes de ça pour eux… C’est vraiment à voir!

On a rencontré sur place beaucoup de personnes supers avec qui nous avons passé de très bons moments. Entre autres un groupe de scouts intrépides, un couple de yogi adeptes de rainbow et à la recherche d’un terrain pour monter une école de yoga/communauté dans le coin, un couple (une Française et un Espagnol) vivant en Angleterre mais tenté par laisser à leur tour tout tomber et élever leur petit Théo dans la nature, un autre couple de globe-trotters (une Israélienne et un Polonais), une jeune danseuse de flamenco/joueuse de ukulélé pétillante et blagueuse, et le couple fondateur et leur deux fils remplis d’une très grande énergie et extrêmement courageux d’avoir quitté le confort de leur vie pour se lancer dans ce fou projet.

Arthur a mené de front un chantier et à fait la dalle de béton pour la pièce à manger. Moi j’ai participer au chantier « construction » d’un abris pour le bois et au débroussaillage de pas mal de parcelles (la débroussailleuse n’a plus de secret pour moi!). On a bien échanger avec les uns et les autres et bien que certains points ne nous correspondent pas à 100% au point d’intégrer les lieux on est très heureux que la vie nous ait permis de faire ces belles rencontres et de passer quelques jours dans ce coins de paradis!

Avant le départ, nous avons fait une « Despedida » qui consiste en un moment collectif où tout le monde se réuni pour échanger sur son expérience avec le départ de quelqu’un. C’est un moment de partage intense et qui peut aussi être un moment drôle et festif.

Nous quittions alors ce versant de la montagne avec cette vue magnifique sur une pyramide naturelle devenue lieu de culte pour aller de l’autre côté. Non loin d’ici où nous attendaient un autre groupe formé autour des plantes médicinales…

Le Be-in festival (soin et bien-être)

C’est à la Casa Colorida que nous avons entendu parler du Be-in festival. Un des résidents y était invité pour faire parti de leur team “communication”. On a vu le programme (qui est visible dans le diaporama) et on s’est dit qu’on ne pouvait pas rater ça. On a demandé aux wwoofers de la Colorida s’ils pouvaient s’occuper des trois animaux pendant nos 4 jours d’absence. Ils ont dit oui, pas de problèmes. On a acheté nos billets, fait notre itinéraire pour y aller et c’était parti. Le festival de la médecine alternative au Portugal n’allait pas faire sa première édition sans nous !!

Le festival en question a lieu sur le même site que le Boom festival qui est quant à lui basé sur la thématique de la musique transe. Ce sont les mêmes organisateurs qui ont décidé de créer un autre genre de festival : le Be-in. Il est organisé autour de la célébration de l’équinoxe d’été et regroupe pendant 4 jours de nombreux thérapeutes proposant différentes techniques de soin aussi bien ancestrales (médecine ayurvédique, médecine chinoise…) que beaucoup plus moderne (biodanza, rebirthing…). Ces techniques peuvent avoir pour outil la danse, la musique, la respiration, les relations à l’autre et avec nous même, et souvent tout cela en même temps.

Le lieu est très beau. Situe au bord d’un lac, c’est un grand espace naturel avec des structures artistiques en matériaux souvent du coin, bois, terre ou autres. Beaucoup d’espaces sont crées pour que chacun durant les quatre jours du festival puisse explorer, découvrir et évoluer à son rythme dans les différents recoins de ce village éphémère. Découvrir au fur et à mesure, jour après jou,r ce qu’offrent ces espaces, est un vrai plaisir et les atmosphères y sont bien distinctes selon ou l’on se trouve. En repartant plusieurs structures nous étaient totalement familières, d’autres moins. Nous y avons fait des rencontres, dansé pendant des heures, médité, dormi, manger ou encore explorer des sensations jusqu’alors inconnues.

Lorsque l’on passait le « Puja » où nous allions tous les matins pratiquer divers types de yoga, la zone d’ « alimentation consciente » où nous nous régalions de plats locaux et végétariens de bonnes qualité, et la scène ou avait lieu les concerts, nous arrivions enfin a la zone de soin. Dans cette zone se trouvait alors le Dôme, la maison en bois sur pilotis réservée aux pratiques en groupe, le temple du son ou les harmonies sonores faisaient vibrer les lieux en permanence, harmonies que nous pouvions aussi bien écouter tout en se baignant dans le lac ainsi que les tentes de Temascal devant lesquelles chauffaient les pierres « cœur de la terre-mère » qui allaient la nuit tombée chauffer a leur tour les corps et les esprits de ceux s’aventurant dans ces tentes de sudations aux vapeurs salvatrices… Bien d’autres structures emplissaient ces lieux mais je ne vais pas ici tout dévoiler !
En voyant le programme nous nous sommes d’abord dit qu’il fallait que l’on s’organise bien. Il y avait tellement d’activité que nous ne pourrions jamais tout faire. Nous nous sommes donc fait notre programme perso en fonction de ce que nous ne voulions pas rater. Et quel programme ! Le premier soir nous nous sommes directement séparés, moi je suis allé dans un cercle de femme qui avait pour but l’ouverture du chakra racine, l’acceptation du corps féminin et beaucoup d’autres thèmes autour de l’identité féminine, sa libération et du rapport au masculin. Pendant qu’Arthur, lui, participait à un cercle d’homme pour la pratique du Temascal qui fut pour lui une expérience de renaissance. Les vapeurs chaudes, les chants traditionnels natifs-américains (du nord comme du sud) qui permettent la connexion avec les esprits, l’échange d’énergie avec tous ces inconnus et ces pierres qui vont fumer ces plantes au cœur de la terre nettoient en profondeur le corps et l’esprit. Cela dur presque 2 heures et ensuite tout le monde sort et va prendre un bain froid dans le lac. J’ai participé aussi à un Temascal le lendemain soir j’en avais pour ma part déjà fait l’expérience au Mexique et ça m’a rappelé de très bon souvenirs. Le premier soir, en attendant qu’Arthur sorte de la fameuse tente, je suis allé à la Biodanza, qui est une technique de danse libre mais guidée en collectif et pour entrer en contact avec l’Autre sans peur et sans masque. C’était une pratique très intéressante aussi que je ne connaissais pas auparavant. Je ne vais pas tout décrire car ce serait beaucoup trop long …

En résumé on a participé a de très nombreux ateliers, pratiqués des techniques de respirations, de yoga, de soins par les sons, vu des conférences sur la nutrition, assisté à des concerts de percussions, ou de musique transe, on s’est baigné dans le lac, baigné dans la boue fait des rencontres fabuleuses, enfin ce fut pour nous une expérience forte qui nous a beaucoup enrichi. Là-bas et comme beaucoup d’entre les participants nous avons touché de très près la liberté. Le lieu était fait pour offrir un cadre sécurisant aux participants pour qu’ils puissent exprimer sans crainte ce qu’ils sont à l’intérieur. C’est le principe de la transe. Les cérémonies traditionnelles de transe sont basées sur la répétition d’un rythme. Le rythme ainsi répété donne à tous une base inchangée, où il y a un repère bien concret auquel l’esprit peut s’accrocher. Le « toum toum toum » des percussions ou des basses est un lieu qui devient connu et qui est alors sécurisant, les personnes peuvent ainsi partir dans d’autres sphères de conscience sans peur: ils ont toujours ce repère qui les soutient dans leur voyage. Le Be-in fonctionne ainsi grâce d’une part à la musique employée (souvent de la transe ou dérivé), au lieu en lieu-même qui propose divers espaces intimes ou collectifs, ainsi qu’aux thérapeutes qui guident le temps du soin les participants.

Ces derniers nous les avons rencontrés, pas tous bien sur, mais certains. Ils ont bien voulu jouer le jeu de répondre a nos questions (celles d’Arthur qui s’est chargé de réaliser les entretiens et d’aller à la rencontre de ces différents guérisseurs) nous avons ainsi recueilli leur point de vue, et leur définition d’ « un autre soin » que nous nous ferons un plaisir de partager.Il y en aurait à dire tant et plus mais je vais m’arrêter la.

Ce festival nous a donc apporte énormément, plus que ce que l’on peut conter ici, c’est une expérience à vivre, qui peut faire sauter les barrières et guérir les cœurs.

Étape 11: Santiago-Casa colorida (communauté)

5 juillet: Nous sommes arrivés à la casa Colorida depuis un peu plus d’un mois maintenant. Fernandel était boiteux quand on est arrivé. Les nombreuses montées et descentes que nous avons franchies avant d’arriver là lui ont coûté un déchirement du muscle de son épaule. Maintenant après une bonne convalescence il est prêt à reprendre la route et nous aussi!

L’arrivée: Nous ne sommes finalement pas passés par le village anciennement abandonné et maintenant retapé car personne n’y vit à temps plein et notre arrivée ne correspondait pas avec un chantier sur les lieux où une autre activité de ce genre. À la sortie de Santiago (pensant encore passer par ce village) nous avons pris le « Camino de la Plata » en sens inverse… Quelle galère! Dans l’autre sens, rien n’est simple! On doit faire preuve de logique, mais même avec logique on s’est trompé de route plusieurs fois. Notre astuce était alors de demander à presque toutes les personnes que nous croisions sur notre chemin: « d’où les pèlerins arrivent-ils? ». Entre les personnes qui savent et celles qui ne veulent pas montrer qu’elles ne savent pas la différence n’est pas flagrante au premier abord, ça nous a donc couté des rallonges, des détours, des chemins qui n’aboutissent à rien… Bref, le chemin c’est plus facile de le prendre dans le sens du courant. Le contre-courant fatigue beaucoup et les animaux n’appréciaient pas tellement non plus. Surtout Fernandel qui a HORREUR de faire demi-tour!
C’est une trentaine de kilomètres plus tard (pour nous deux jours de marche) que nous nous sommes rendu compte que nous n’arriverons jamais à temps au village où nous devions aller: la route étant en pleine montagne et le chemin équivoque. Nous ne pouvions pas demander aux animaux un tel effort et nous stresser pour quelques jours à peine de chantier collectif… Dommage!
Nous avons donc soufflé et pris une décision plus raisonnable: Rejoindre le « Camino portugues » et le prendre lui aussi en sens inverse pour arriver à notre prochaine destination: La Casa Colorida. La route a été meilleure et plus facile étant donné que certains pèlerins après être arrivé à Santiago se rendent à Fatima situé aux alentours de Lisbonne. Donc des flèches (bleus cette fois) nous indiquent relativement bien la route à suivre et ça c’est nous enlève un gros poids! Merci à ceux qui ont marqué cette route!
Nous avons bien marché et retrouvé des paysages côtiers. Nous avons peu à peu avancé dans les chaleurs estivales du Portugal qui nous guettait de loin. Quelques chemins mais surtout du bitume nous ont fait passer par de petites villes entre campagne et industrialisation. Découvrant ainsi les différents visages de la Galice que nous commençons désormais à bien connaître.
Peu d’accidents sur ce parcours. Quelques-uns cependant notables. D’abord le sprint sur 1k et demi de Fernandel baté et chargé auquel j’avais par mégarde attaché mon sac de rando… Lorsqu’on fait une courte halte j’ai l’habitude d’attacher Bayat à mon sac à dos au cas où il renifle dans les environs un chevreuil à aller courser pendant plusieurs heures (comme il nous l’a fait plusieurs fois). Là avec la fatigue, je me suis trompé et ais attaché le Fernouil à mon sac. Il s’est déplacé un peu et a remarqué que quelque chose le suivait en faisant du bruit. Il a donc prit peur et a trainé mon sac sur une distance relativement longue. Apeuré, il a ainsi passé différents obstacles auxquels je pense il n’a même pas fait attention obnubilé par la nécessité de semer au plus vite la chose bleue effrayante qui l’avait pris en chasse. Il a ainsi traversé entre autres une voie ferrée et une petite rivière laissant derrière lui un nuage de poussière qui m’a permis de suivre la direction qu’il avait prise. Les pèlerins avaient l’air éberlué. En me voyant arriver à toutes jambes ils m’indiquaient par où était passé notre équidé en furie l’air encore sous le choc d’avoir vu une grosse bête arriver droit sur eux les yeux pleins de terreur. Bayat me voyant partir à toute allure s’est lancé à ma poursuite et Gladisse a quant à elle suivie le mouvement en courant après Bayat! Arthur n’a pas compris dessuite ce qui se passait et s’est chargé de ramasser les affaires éjectées sur la route. Le spectacle vu de l’extérieur devait être surprenant voire même comique. Inutile de dire que pour nous ce n’était pas le cas surtout lorsque nous avons vu la voie ferrée et entendu les bruits de voitures et des sirènes de police au loin. Heureusement le Fernandel a fini par s’arrêter, épuisé mais hors de danger. Je l’ai rassuré et nous sommes revenu tranquillement jusqu’au reste des affaires. Fernandel et moi à part l’épuisement n’avions pas de séquelles, ce qui n’était pas le cas de mon sac que j’ai retrouvé en piteux état… Mais ça, c’est le moins important.
Le deuxième accident est arrivé donc dans ces montées et descentes à répétition sur du bitume bien chaud qui ont constitué notre lot commun avant l’arrivée. Fernandel a glissé dans une descente et s’est déchiré le muscle de l’épaule qui avait dû être fragilisé par la course du sac quelques jours avant. C’est donc avec un membre boiteux que notre famille est arrivé dans le collectif Casa Colorida.

La Casa Colorida: C’est dans la petite ville côtière de Nigran il y a quelques années qu’a vu le jour le projet de la Casa colorida. Il s’agit d’une maison collective ouverte dans un ancien hôtel-restaurant de la ville et en accord avec le mouvement social du 15 M. Cet ancien hôtel appartient à la famille de la principale fondatrice du lieu, il ne s’agit donc pas d’une occupation de bâtiment à proprement parler bien que les activités et la manière de gérer la maison soient très similaires.
Il y a des résidents permanents qui ont chacun une fonction précise (notamment en communication, mise en place et gestion des réseaux, gestion des résidents temporaires, gestion des comptes, etc.). Ces résidents permanents sont: Rossana (originaire de l’Uruguay c’est une adorable militante qui accueil si chaleureusement les résidents temporaires et s’occupe de la communication notamment sur le réseau social facebook, elle est aussi réflexologue, elle danse, elle chante, fait le clown, c’est le rayon de soleil de la maison); Sil (qui est la fondatrice principale de la casa, elle aussi a toujours un beau sourire aux lèvres, elle cuisine très bien et nous fait partager sa culture galicienne dont elle est si fière, c’est une artiste plasticienne qui se consacre en particulier à la sculpture; c’est elle qui a le plus d’expérience en ce qui concerne la vie collective, c’est une activiste qui dispose de nombreux outils et méthodes pour par exemple régler des conflits ou dynamiser des assemblées participatives); Sauko (qui est lui aussi un activiste de longue date, ancien publicitaire il mène parfaitement le front de la communication et de l’économie sociale et est un très bon photographe, il chante lui aussi et joue de la guitare et de la percussion) et enfin Léo (qui est un Brésilien faisant parti du très grand réseau brésilien « Fora do Eixo » qui regroupe envrion 200 maisons colletives dans tout le Brésil. Pour en savoir plus sur ce réseaux: Fora do Eixo Il apporte ici son expérience de là-bas et vient de rejoindre il y a peu la maison).
La Casa est aussi une résidence artistique qui voit donc circuler un grand nombre d’artistes (peintres, sculpteurs, musiciens, troupes de théâtre…).
Une scène ouverte est organisée tous les dimanches à l’occasion du « Vermù colorido » et nous avons ainsi assisté à nombreuses représentations, concerts, pièces de théâtre, etc. Un « comedor popular » ouvre les repas tous les jours à ceux qui veulent manger à la Colorida cela permet à tous ceux qui sont dans le besoin ou qui veulent simplement passer un moment convivial de manger avec les résidents.

À 50m se trouve la « horta colorida » où travaillent les volontaires (comme nous) que nous avons trouvé à notre arrivée dans un état de tout commencement et qui peu à peu se transforme en joli potager qui n’arrête pas de croître et de s’améliorer de jour en jour. C’est notamment le fruit du travail de deux wwoffers français Lilian et Julie déjà présents à notre arrivée (et qui sont désormais nos amis) ainsi que du notre et de tous ceux passés par là plus brièvement. Arthur a vraiment été un moteur dans la transformation de la structure architecturale du jardin car il a pris en main l’agencement des buttes déjà existantes, fabriqué un escalier en palettes pour entrer dans le jardin (que qui n’est pas rien!), construit une structure en bambou pour faire un espace de repos à l’ombre où il a aussi construit un banc en palettes. Il a aussi réalisé (avec Lilian) un plan du jardin notamment de l’arrière qui n’était à notre arrivée qu’un terrain abandonné et envahi par les fougères et les herbes hautes.
Nous avons construit un hôtel à insectes afin que ces petits auxiliaires viennent nous aider dans notre travail. Nous avons donc complétement transformé ce jardin. Les passants nous en félicitent tous les jours. Beaucoup d’anciens sont ravis de voir tout un tas de jeunes gens travailler la terre avec autant d’énergie et nombreux sont ceux qui voudraient acheter nos produits. L’objectif de ce jardin est qu’il devienne un lieu d’échanges où tous ceux qui le souhaitent pourront venir y mettre leurs pattes.

Le fonctionnement et le but de la Casa colorida sont basés sur 4 piliers fondamentaux que sont:

La communication: elle passe avant tout par le réseau Imaxinaria qui fait le lien sur les différentes activités de la Casa avec les autres projets collectifs de la région. Il regroupe différents documents et notamment un que nous avons beaucoup utilisé pour le jardin: le tableau sur les différentes activités, travaux, projets de la Horta colorida. La communication passe aussi par les réseaux sociaux en particulier Facebook et les échanges courriel avec les futurs arrivants. La communication prend aussi une forme beaucoup plus concrète par un simple tableau d’affichage à l’extérieur de la maison.
L’économie alternative: deux systèmes sont principalement inclus dans ce pilier. Un système très local et interne à la maison sans être cependant fermé. Il s’agit du Patacom: une monnaie sociale qui permet à tous d’échanger des services et d’avoir accès à tout ce que propose la maison. Ainsi n’importe qui peut venir prendre des cours de capoeira le jeudi soir ou de réflexologie. Même les fruiteries qui font donation des invendus à la Colorida se voient rémunérer en Patacom et peuvent ainsi entrer dans le système de monnaie sociale.
L’autre système est une monnaie qui commence à prendre de plus en plus d’ampleur au niveau international et qui est le Faircoin. C’est une monnaie digitalisée, même principe de fonctionnement que le Bitcoin avec quelques différences notables cependant. La principale différence est qu’elle ne peut être produite qu’au travers d’une activité éthique et donc contrôlée. D’autre part elle sera bloquée une fois qu’elle aura atteint un certain seuil afin qu’elle ne puisse pas faire l’objet de spéculation et qu’elle soit ainsi stable. Pour en savoir plus: FairCoop
Les réseaux: basés sur l’éthique Hacker et les connexions horizontales la formation en réseaux est indispensable à la réussite d’un projet collectif. La Colorida est donc intégrée dans des réseaux très locaux mais aussi des réseaux plus globaux (connexion avec les réseaux brésiliens, portugais, etc.) de collectifs. Elle vise à une transparence totale des outils méthodologiques et des activités réalisées. A la Colorida ils se matérialisent notament par un grand tableau d’affichage avec la liste des activités à venir, le nom des réseaux qui en sont à l’origine, etc. Les réseaux sont nombreux, pour en savoir plus: Redes
– Enfin: les savoirs libérés ou université libre qui permettent l’échange gratuit des savoirs de chacun sous forme d’atelier, de cours, de conférence, de débats ou groupes de discussions organisés de manière formelle ou non, autour de différents thèmes et ouverts à tous. Le principe est l’échange, le partage et la libération du savoir. J’ai ainsi proposé différentes de mes connaissances pour organiser des ateliers. Un premier atelier/conférence sur l’initiation à la botanique et à la phytothérapie. Un autre plus pratique pour apprendre à faire un super dentifrice écologique à l’argile blanche. Puis il y a quelques jours sur la fabrication d’un savon au jus de carotte (mon grand classique!). Nous avons aussi participé à un super atelier pratique de réflexologie avec Rossana, des cours de capoeira avec Pablo, je me suis initiée à la guitare avec Lilian, Arthur au violon avec Juanpi, il a rencontré des professionnels de la structure en bambou, j’ai fait une initiation à la langue portugaise avec Léo (que j’ai troqué contre une tisane et un conseil en phyto), Arthur a eu des cours particuliers sur l’utilisation d’un logiciel de montage de vidéo, et nous avons assisté à plusieurs conférences/débats sur les réseaux et la monnaie éthique FairCoop. Nous avons donc acquis une quantité incroyable de connaissance. Moi je me suis réconcilié avec les systèmes informatisés et virtuels qui peuvent apporter énormément à un collectif. Ce séjour nous a ouvert sur beaucoup de sujets et nous a permis d’entrevoir la réalisation fonctionnelle d’une « utopie ».
Merci la Colorida! Vous allez tous beaucoup nous manquer!

Nous repartons demain en compagnie de notre ami P-A qui nous a rejoint il y a quelques jours à la Colorida et qui va faire une semaine de marche avec nous ayant lui aussi réalisé le chemin de Santiago en partant de Toulouse (mais lui en 2 mois de marche!). En plus d’ètre notre ami il est le web master qui a créé notre joli blog et nous sommes très contents de repartir en sa compagnie!

Nous préparons petit à petit le retour définitif pour la France qui ne se fera pas à pied étant donné qu’il nous faudrait un an de plus pour le retour. De plus, l’été dans le sud commence à faire disparaitre toute la nourriture pour les animaux et il est temps de se mettre à nos propres projets! Nous serons donc de retour pour la fin août si tout va bien et nous rapatrierons toute la petite famille vers l’Auvergne. Mais pour l’instant nous mettons le cap sur le Portugal où nous sommes vraiment très prêts, pour nous rendre dans une autre utopie « l’éco-aldea végétariana ». Nous allons donc nous charger de chacuns de nos pas qui serots les derniers de ce long chemin qui a changé notre vie et qui n’a pas encore fini de nous surprendre!

Étape 10: Ixuxu-Santiago (aventure)

4 mai 2015: Nous sommes partis il y a maintenant deux semaines d’Ixuxu une boule dans la gorge de quitter nos amis mais une grande hâte de retrouver notre vie nomade. Avant le re-départ nous avons réalisé des entretiens vidéo avec le groupe de Pola de Sierro qui a investi l’ancien abattoir pour en faire un centre social où une grande diversité d’activités est proposée. Nous avons parlé avec Manolo (fondateur du lieu) qui a expliqué avec force l’esprit du lieu qui est avant tout un centre ouvert sur les diversités. La culture Gitane et Romani y est bien représentée ainsi que toutes les autres cultures qui peuvent être (en temps et lieux plus communs) quelque peu marginalisées. Ainsi cet espace comme me l’a bien fait comprendre notre désormais ami Manolo est avant tout un lieu ouvert où tous peuvent exprimer leur créativité.
En quoi s’agit-il d’un « autre soin »? C’est bien sûr avant tout un moyen de rapprocher les gens, de les ouvrir les uns aux autres dans un espace commun. Rencontre entre les générations: jeunes, ados, adultes et séniors se retrouvent et participent aux mêmes activités (on a ainsi participé par exemple aux cours de boxe de notre ami David avec des gens de tout âges et tous niveaux). Il y a des ateliers de couture oú ce sont surtout les femmes Gitanes et Romanies qui viennent utiliser les machines à coudre disponibles sur les lieux et s’essayer au stylisme et à la couture créative (j’ai ainsi vu sur place de très diverses créations: de la robe de marier au tableau patchwork). Il y a des ateliers de cirque, une bibliothèque commune, une garderie, una « tienda libre » (friperie gratuite), une salle de concerts salle de débat, salle de soutien scolaire… Et bien sûr tout cela gratuit et ouvert à tous. Ils retapent aussi certains quartiers en reprenant les traditions d’antan : les « sestaferias » qui sont en fait des travaux effectués en collectivités aux bénéfices des habitants, de tous et de chacun: les rues, les batiments communaux… L’objectif: reprendre en main ses rues et ne pas attendre derrière les politiques en râlant, mais agir! Enfin, un endroit génial dans lequel nous sommes allé plusieurs fois lors de notre séjour Asturien et dans lequel nous avons toujours été accueilli avec beaucoup de chaleur. Des punks, des Gitans, des « hippies », des clowns, des poètes s’y retrouvent, tous avec l’envie de faire avancer les choses et de rendre leur ville plus agréable!! Un autre soin donc: celui de la ville et du quartier, un soin collectif.

Nous avons finalement rencontré des guérisseurs dont notament une amie d’un de nos compagnon d’Ixuxu (Javier) qui est magnétiseuse, guérisseuse et aussi artiste peintre. Elle pratique le soin avec les archétypes technique qui sera plus détaillée dans le carnet de voyage final. Elle est vraiment sur le même fil de guérison qu’Arthur. C’est lui qui en a fait l’interview et il saura décrire mieux que moi les techniques qu’elle emploie. Ces interviews seront aussi incluses dans le petit reportage final.

Nous avons aussi rencontré un vieux guérisseur dont on nous avait dit beaucoup de bien à Ixuxu. On est donc allé le voir pour une séance ainsi qu’une interview s’il acceptait… Et bien on n’a pas été déçu du déplacement! Enfin si, mais ça valait le coup d’oeil! Il a sans doute réussi à soigner beaucoup de monde mais il ne nous a pas convaincus du tout. Il nous est apparu comme un individu étrange (exubérant, peu attentif, en représentation plus qu’en soin et paraissant préoccupé) qui ne nous laissait pas dire un mot quand il affirmait des choses (généralement fausses) sur notre état de santé, nous a tordu dans tous les sens affirmant savoir de quoi nous avions besoin, essayant plutôt de nous en convaincre… Bref je suis reparti avec un affreux mal de dos, Arthur était un peu agacé de s’être fait prendre ses sous par un « charlatan ». On est donc reparti avec une note salée et une ordonnance sans fin (6 à 8 cachés chacun par jour à prendre pendant 2 mois) sur laquelle il était notamment prescrit un médicament fabriqué à partir d’ailerons de requin, il était donc pour nous hors de question de suivre quoi que ce soit de cette ordonnance… mais finalement avec un peu de recul on a été bien contents de vivre une expérience comme celle-ci et nous n’avons qu’un regard très subjectif sur ce qui s’est passé…
Bref pour un autre soin c’était un autre soin! Mais, s’il convient sûrement à certains (mais sans doute pas à beaucoup: le cabinet était désert et nous avons tout de suite pu prendre un rendez-vous… bizarre pour une grande ville) il ne nous a pas du tout convaincus, ça c’est sûr!

Nous avons aussi réalisé un émouvant entretien avec Aurelio, fondateur d’Ixuxu, qui nous a expliqué avec force conviction ce qu’était pour lui le soin de la Terre et des Hommes. C’était un super moment et étant la veille de notre départ, une très belle conclusion de notre aventure communautaire Asturienne.

Nous avons fait une fête d’au revoir génial où tous les ingrédients étaient réunis pour passer un excellent moment: danse, musique, chant, bonne bouffe, bonne humeur et tous les copains!

Et le 20 avril, nous sommes parti. Les animaux supers contents de reprendre la route et à fond! Nous très contents aussi de reprendre notre rythme de totale liberté. Nous sommes passé voir la famille d’Arthur près de Grado et nous avons ensuite rejoint la côte Atlantique oú nous avons retrouvé les sublimes plages avec la plus grande joie! Nous y sommes actuellement (à côté de l’océan) et nous avons même quitté les asturies pour arriver en Galice!!!

14 mai 2015: Nous sommes actuellement à quelques kilomètres de Santiago de Compostella et nous avons un peu changé notre itinéraire et nos plans. Nous n’irons pas jusqu’à Fistera et nous descendrons vers Ourense dans un village abandonné dans les années 70 et réhabilité par une communauté et où nous avons été très gentiement invité. Nous avons de nombreuses adresses de producteurs de plantes médicinales à aller voir dans la région de Pontevedra, toujours en Galice. Nous avons prévu aussi de participer à une cérémonie Ayahuasca menée par un ayahuasquero formé et originaire d’Amazonie péruvienne. On nous avait parlés d’eux (car c’est un couple qui organise ces cérémonies) au pays Basque et nous les avons contactés, une cérémonie a lieu en mai et nous allons participer à celle de juin. Nous irons ensuite rejoindre la communauté « casa colorida » à Nigran qui est plutôt une association culturelle. Elle se trouve à Nigran, ville très proche de la frontière Portugaise. Nous irons donc par la suite au Portugal où nous resterons quelques semaines.

Nous sommes donc arrivés à Santiago, et avons juste avant rejoint l’autoroute des pèlerins que représente le Camino Frances. Cela nous a vraiment fait un choc de nous retrouver avec cette foule dans ces petits chemins de terre. Nous avons pu observer la compétitivité du marcheur pressé que nous ne connaissions pas sur le chemin du nord que l’on a alors beaucoup regretté. L’arrivée à Santiago a été une expérience magique et beaucoup plus émouvante que ce qu’on pensait. On ne s’attendait pas à ce que ça nous fasse ça d’arriver là où toutes les flèches et coquilles nous dirrigeaient depuis le début de notre épopée. Arrivés sur la fameuse place devant la cathédrale où sont conservés les fameuses reliques c’est donc tout émotionnés que nous avons félicité les animaux et nous-même d’être arrivés jusqu’ici. Peu d’ânes et de chiens l’ont fait jusqu’au bout et Gladisse, d’après les renseignements qu’on a obtenus sur place est la toute première chèvre pélerine resensée!! On était très fiers d’eux. On a même participé à la messe du pèlerin, bien que ce type de cérémonie nous soit totalement étranger à Arthur et moi. Et bien finalement, nous avons apprécié cette messe et surtout le fameux lancé d’encens qui a lieu à la fin. Moment que tout le monde attendait à en croire les nombreux téléphones protables et appareils photo restés en veille pendant le sermon et tous dégainé au moment T. On est ensuite allé voir les reliques et enlacer la statue de San Tiago. Nous avons tous deux ressenti beaucoup de choses, peut-être était-ce des présences ou bien notre émotion d’être arrivés jusque là ou les énergies des pelerins passaient avant nous. Ou encore tous cela mélangé. En tout cas faire le chemin c’est un monde à part, ce pèlerinage nous a beaucoup apportés et même si au départ nous le considérions avec quelque peu de mépris n’étant pas notre objectif final aujourd’hui nous le respectons et connaissant sa force.

Etape 9: Paraiso Asturias-Ixuxu (communauté)

Nous avons donc quitté le « Paraiso » à la mi-octobre pour nous rendre dans l’autre communauté, celle d’Ixuxu qui se trouvait à quelques kilomètres de là. Nous avons fait une pause de trois jours dans la capitale de la région: Oviedo parce que ma soeur Hélène et sa copine Maëva sont venues passer quelques jours de leurs vacances de Toussaint (et oui les vacances des profs!) en notre compagnie. Nous avons trouvé par chance une auberge bon marché qui avait un petit jardin où nous pouvions laisser les animaux. En pleine ville c’était inespéré! Les habitants du quartier étaient plus qu’étonnés d’entendre Fernandel à côté de leurs grandes barres d’immeubles! Les filles étaient passées par Bilbao et ont fait le voyage en voiture en plusieurs étapes, elles se sont ainsi rendu compte du trajet qu’on a parcouru à pied! On a profité d’être ensemble, on a passé de très bon moments tous les 4 et même si Arthur s’est retrouvé entouré exclusivement de filles (et qu’il se plait à dire que ça a été très dur pour lui!) il s’est lui aussi régalé. Pendant ces trois jours on a découvert Oviedo et rencontré différentes personnes dont un « chico » avec qui nous nous sommes très bien entendu. Il travaille dans une sidreria et il est selecta dans un sound-system reggae qui tourne dans la région. Alors évidemment Arthur et lui avaient énormément de choses à échanger. Le sound-system dans lequel joue Arthur (le Select Hi-Fi) est donc invité à venir jouer dans différents lieux dans les Asturies, en Navarre… Nous avons aussi retrouvé la bande d’amis de Rakel (que nous avions rencontrés lorsque nous travaillions chez elle) à un concert punk-militant-asturien. D’après ce qu’on nous en a dit, les mouvements militants dans les Asturies revendiquent pour une partie l’indépendance de la région face à un gouvernement central espagnol fortement critiqué. En effet, une grande partie du peuple espagnol accuse les politiciens et les financiers d’être à l’origine de la crise économique espagnole et coupable de corruption. Et l’abdication du roi d’Espagne Juan Carlos en 2014 montre l’actuelle instabilité du pays d’un point de vue politique. Bref de nombreux mouvements ont vu le jour ces dernières années ici, en Espagne. Notamment celui du « 15 M » qui a donné le jour au collectif des « indignados » lors du grand rassemblement du 15 mai 2011 qui a eu lieu dans la plupart des grandes villes du pays. Aujourd’hui l’espoir de beaucoup se tourne vers le nouveau parti politique qui a émergé du mouvement: le Parti « podemos ». Seront-ils capables de ne pas céder à la corruption comme ils le prétendent ou pour le moins de rendre les politiques économiques plus humaines? À voir. Auront-ils vraiment le pouvoir décisionnel s’ils arrivent au gouvernement et pourront-ils lutter de l’intérieur contre les intérêts des gros dirigeants (ceux qui gouvernent au-delà des frontières)? On verra bien, en tout cas pour notre part, on ne croit plus vraiment que la solution peut être politique on croit davantage en la révolution intérieure… Bref, je m’égare…

Une autre partie de la protestation des « indignados asturianos » est dirigée vers la gestion des espaces naturels. En effet avec la crise, de plus en plus de personnes qui ne font plus confiance aux banques pour la gestion de leur patrimoine économique achètent des terres pour y planter… des eucalyptus. Le bois se vend bien et surtout il pousse très vite. Donc le principe est simple: ils achètent des terres à bois en général et après avoir tout rasé y plantent des forêts d’eucalyptus. Ces arbres envahissent aujourd’hui une grande partie du paysage asturien en remplaçant par la même occasion les essences indigènes. Ils posent surtout de nombreux problèmes écologiques comme dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest (j’avais un peu creusé ce thème lors de ma recherche au Sénégal). Dans les Asturies, il ne s’agit pas d’un problème d’assèchement des sols (comme ça peut l’être dans les pays d’Afrique où ils sont implantés), la pluviométrie étant très importante dans cette région. Mais le problème est leur effet sur l’appauvrissement en matière humifère, autrement dit le sol devient stérile, minéral, mort. On a eu le temps de prendre connaissance de ces problématiques arrivés ici et peu à peu on en sait davantage.

Après donc ce week-end de découverte d’Oviedo, nous avons quitté avec peine Hélène et Maëva pour reprendre notre chemin. Nous nous sommes ensuite  rendus dans la communauté d’Ixuxu dont on nous avait parlé à plusieurs reprises (et il faut l’avouer, pas toujours de manière positive). La description que nous avions eue sur internet nous avait cependant attiré et les termes « jardinerie divine », « souveraineté alimentaire », « autogestion » et « permaculture » ont titillé notre curiosité et nous avons donc voulu voir ce qu’il s’y passait. De plus, la communauté ayant 25 ans d’expérience nous étions sûr d’avoir beaucoup de choses à y apprendre.

Ixuxu se présente comme une association écologiste fondée en 1990 et qui a pour but principal de récupérer les terres, les protéger de la pollution et de leur destruction en empêchant notamment l’avancée des forêts d’eucalyptus sur le territoire. Elle prône le changement au niveau aussi bien interne qu’externe. Changement des habitudes qui peuvent nuire à nous-même ou à autrui aussi bien dans notre façon de vivre, de consommer que de travailler la terre. Bon, au niveau pratique on se rend compte que ce n’est pas aussi simple…

Lors de notre arrivée à la communauté il n’y avait pas d’autres volontaires wooffing que nous. Des personnes vivent là de manière permanente soit sur les lieux même de la communauté (à la BASE comme on l’appelle) ou dans des logements appartenant ou non à Ixuxu. Mais tout le monde vit près les uns des autres selon des règles de vie communes. Les habitants permanents de la communauté sont Aurelio (fondateur d’Ixuxu et principal propriétaire des terres qui y sont rattachées. Il est le responsable de la gestion des espaces et le principal décisionnaire de la communauté, les décisions principales sont prises par lui bien que tout le monde puisse donner son opinion. Il est la figure d’autorité des lieux et bien que cette position lui soit parfois reprochée il a su mener la barque toutes ces années. L’expérience communautaire qu’il a est incontestable car il est le seul a être là depuis le début et sa vision globale est essentielle à la mise en place de nouveaux projets); Anna, (sa chérie avec laquelle ils ont eu la petite Angela. Ancienne infirmière, et militante écologiste depuis toujours, elle a tout abandonné pour venir réaliser sa vie à Ixuxu, le contact avec la nature et l’amour de la musique en ligne de mire); Ruben (ancien élève de l’ancienne « granja escuela Gaïa » d’Ixuxu, il vient travailler sur les lieux depuis ses années collège et il a découvert très jeune sa vocation et son amour pour l’agriculture et la construction. Il a notamment été formé par Valiente, un ancien de la vallée qui est le professeur principal de la communauté car disposant d’un savoir traditionnel incroyable entre autre sur l’agriculture et la construction. Ruben a vécu un temps avec lui quand il était adolescent et aujourd’hui à 37 ans il a des connaissances très vastes dans de nombreux domaines); Paola, (elle vit là depuis 2 ans et est responsable avec Ruben, son compagnon, de la production des aliments pour la communauté. Elle s’intéresse elle aussi aux plantes médicinales, à l’alimentation consciente, à la fabrication de produits naturels, etc… on a donc beaucoup de choses à partager et elle est devenue une très bonne copine); Valiente est donc l’élement incontournable de la communauté. A 76 ans, il travaille toujours entre 10 et 14 heures par jour, se lève à 5 h du matin et déplace des troncs d’arbres que deux gars « normaux » ne peuvent même pas bouger. Il a beaucoup à nous apprendre et ne manque pas de nous le faire savoir. Il est un des acteurs principaux dans la conservation de la céréale locale appelée escanda car il a retrouvé des semences datant de son arrière grand père (donc vieille de presque 200 ans!) et les a semées et à partir de la petite récolte obtenue il a resemé et ainsi de suite jusqu’à avoir une récolte satisfaisante aujourd’hui. Il a un moulin et nous consommons donc de la farine d’escanda très régulièrement. Nous consommons aussi de la farine de maïs. Nous avons en effet aidé Valiente pour la récolte de cette dernière céréale qui sèche tranquillement et de manière traditionnelle autour de l’horreo prév. Il a un très grand coeur et aide beaucoup Ixuxu pour un bon nombre de travaux. Il possède une grande partie des terres de la vallée et nous avons souvent l’occasion d’aller lui prêter main forte en cas de besoin. Son caractère très marqué rend parfois le travail avec lui difficile, en tout cas pour ceux qui comprennent ce qu’il dit (car il parle le patois asturien et quand il parle castillan il a un accent tellement prononcé que pour des étrangers comme nous c’est extrêmement compliqué de le comprendre, surtout quand il s’énerve… parce qu’on ne le comprend pas!); il y a ensuite Charlie qui est là depuis presque 2 ans, responsable des animaux (brebis et chevaux) il s’est engagé dans le mouvement des indignados depuis le début et se décrit lui-même comme un écologiste anarchiste; Luis est là depuis quelques mois et s’occupe de la manutention des lieux. Il sait fabriquer de nombreuses choses, surtout en bois et il est donc sollicité pour réparer, arranger, fabriquer… ; Inma est arrivée peu après nous mais connaissait déjà les lieux depuis longtemps. Elle vient de Valence et son rêve est de vivre dans la nature entourée d’animaux et de plantes. On est devenues très amies et nous passons une grande partie de notre temps ensemble entre les travaux de la base et ceux au jardin, elle a été désignée responsable de la base et on l’appelle « la tormenta » car elle a un dynamisme débordant et un caractère explosif.

En plus de ces « permanents » de nombreux volontaires sont passés par là depuis que nous y sommes et ça fait maintenant 4 mois! Ce groupe est devenu un peu notre famille et nous sommes désormais très attachés à eux.

Au niveau énergétique, la base est alimentée en électricité par des panneaux solaires de plus de 20 ans d’âge. Elle est principalement réservée aux volontaires c’est un lieu de réunion, l’endroit où l’on mange mais aussi où l’on fait de la musique. La base est aussi un lieu de travail mais c’est principalement là que nous passons notre temps libre.

Les constructions sont principalement réalisées en bois. Il y a une maison de paille magnifique dans le bois et son toit est surprenant car il est auto-porté grâce à l’agencement des poutres de bois. Les murs ont été fabriqués en paille et torchis et enduits avec de la chaux. Le résultat est superbe et c’est sans doute l’habitation qu’on aime le plus sur les lieux (on y a vécu les 3 premiers jours avant d’être envoyés à quelques kilomètres de là  dans notre conteneur dans lequel nous avons cependant plus d’intimité). La cabane dans l’arbre est aussi une construction très réussie, elle a été construite pour la première fille d’Aurelio, Luna. C’est une cabane destinée aux enfants qui est parfaitement habitable mais où tout est à taille réduite à l’intérieur, avec son balcon, ses petits lits en mezzanine, sa petite table à manger (ou à dessiner et à jouer en l’occurrence) et son poêle à bois, elle n’a rien à envier aux autres habitations du lieu. Sur le site, il y a des ateliers construits eux aussi en bois. Certains des ateliers ont été un peu abandonnés comme par exemple celui de céramique qui sert aujourd’hui de lieu de stockage pour les aliments. Le plus grand projet de construction a lui aussi été un peu abandonné, en tout cas pour le moment. Il s’agit de la construction d’un bâtiment sur 2 niveaux pour accueillir une école naturaliste dans l’avenir. Cela fait quelques années que l’association ne reçoit plus de subventions pour la ferme-école Gaïa qui a existé durant pratiquement 20 ans et qui faisait réellement vivre le lieu par la présence de nombreux enfants et animateurs. Les mouvements des personnes dans la communauté font que c’est à chaque fois un éternel recommencement. Les projets naissent, puis meurent pour en accueillir de nouveaux.

Nous, nous sommes considérés comme des « volontarios especiales » car nous restons longtemps et avons une « suite de luxe » chauffée et indépendante. Nous vivons en fait dans la forêt dans un conteneur à bateau réaménagé. Nous avons donc le bénéfice d’un nid en dur ce qui nous change de la toile de tente. Nous n’avons pas l’eau potable ni chaude mais nous avons l’électricité dans notre chambre.

Dès la première réunion on nous a dit que nous pouvions rester ici le temps que nous souhaitions, que nous sommes tout à fait le genre de personnes dont ils auraient besoin ici. Gladisse et Fernandel ont un pré rien qu’à eux où Arthur a construit une petite cabane pour qu’ils soient protégés de la pluie. Paola m’a proposé de réaménager le jardin de médicinales, Arthur s’est vu proposer de se joindre aux projets de construction du site. Nous avons donc accepté l’invitation avec plaisir et avons décidé de rester sur les lieux pour passer l’hiver et éviter ainsi de vivre et dormir dehors dans cette région froide et montagneuse. Un lieu fixe, un accès à l’eau chaude et un toit en dur, ça nous change. Mais il faut reconnaitre qu’on se réhabitue très vite au confort!

Au début de notre séjour à Ixuxu nous travaillions pas mal au jardin. Il y a deux jardins potagers principaux et un petit sensé être celui des plantes médicinales (un peu à l’état d’abandon et que je suis donc en train de réhabiliter). Puis arrivée la période de la pluie (les Asturies sont souvent appelées la Bretagne espagnole) nous avons commencé d’autres activités. De mon côté j’ai transmis une partie de mes connaissances aux filles (Inma et Paola) et ensemble nous avons composé des paniers de noël garnis de produits naturels comme savons écologiques, pommade de consoude, sels de bain, sticks à lèvres. Cela fait déjà plusieurs années que je compose des paniers de ce genre pour les fêtes avec mes produits, j’ai donc donné mes recettes et enseigné les techniques de fabrication aux filles qui pourront continuer l’activité après mon départ. Je fabrique aussi entre autre du dentifrice, des pains à l’ortie et m’occupe des différentes tâches qu’on me donne. (J’ai d’ailleurs une nouvelle recette pour mon dentifrice que je fais maintenant avec de l’argile blanche plus douce et plus respectueuse des dents et des gencives que la verte. Tout le monde l’apprécie à la communauté. J’y mets donc de l’argile blanche et comme d’habitude je la mélange à une infusion de thym puis j’y ajoute de l’huile d’olive pour que ça soit plus doux, du sel et de l’huile essentielle de menthe poivrée.)

Nous avons donc passé noël à Ixuxu. Je me disais que ça serait la première année que je le fêterais loin de la famille… Mais finalement c’est la famille qui est venue le fêter ici avec nous! On a donc eu le plaisir d’accueillir ma maman, mon beau-père et pour la deuxième fois ma soeur! On a passé un moment super et ça m’a fait un bien fou de les avoir avec nous. On a fêté noël avec Luis et Charlie et la famille à la base, les autres ayant rejoint leur propre famille pour l’occasion. Merci donc beaucoup à vous d’être venus!!!

Les beaux jours arrivent donc les activités agricoles proprement dites peuvent enfin reprendre et ça fait du bien, le contact avec la terre me manquait. Je travaille aussi la laine. Nous avons eu droit en novembre à la visite d’une ancienne d’Ixuxu qui nous a appris les techniques pour laver, carder et filer la laine, ce qui n’est pas un boulot facile. Nous avons toute la laine coupée au printemps dernier (car elle ne peut pas être conservée plus d’un an)à préparer avant la tonte du printemps qui vient. C’est moi qui m’en occupe principalement et je commence à bien maîtriser le lavage et le cardage. Pour le filage c’est une autre paire de manche. C’est de la pratique et de la pratique, et il faut être trèèès patient pour apprendre. J’apprendrais ça plus tard.

Arthur quant à lui apprend beaucoup aussi. La gestion de l’environnement, forêt, culture des près, compost, le travail du bois(de la poutre à la sculpture), énergie solaire, agriculture traditionnelle, construction mur en pierre, techniques du bâtiment, charpente, toiture etc… et surtout vie communautaire…

Donc durant le plein hiver les activités étaient plutôt liées à de l’artisanat, de l’entretien et de la construction. Bien sûr les animaux eux ont besoin d’attention et de soin à toute saison donc l’activité d’élevage était aussi une des principales. L’entretien des zones de pâturage a également été une activité prédominante cette période hivernale ainsi que la taille des arbres et l’entretien des espaces en général.

En ce qui concerne l’agriculture, les techniques employées sont davantage les techniques traditionnelles transmises par Valiente que celles de la permaculture. Et Paola qui est responsable de la production d’aliments est à ses début donc est un peu à la phase test. Je dois avouer que j’ai été un peu frustrée quelque temps ayant l’impression de ne rien apprendre ou très peu. L’impression de ne pas vraiment avancer, voire même de régresser sur certains aspects. Les vieilles mauvaises habitudes reviennent et la façon de consommer ne correspond pas exactement à ce à quoi j’aspire. Je suis sans doute un peu extrémiste et responsable aussi de cette situation. Mais foutaise! j’ai énormément appris, premièrement appris sur moi car vivre en collectivité est loin d’être une chose facile! Nous avions quitté une colloc avec certains problèmes et nous nous rendons compte que ce sont absolument les mêmes qui reviennent sans cesse. Nous avons donc bien avancé dans la résolution des conflits (enfin surtout moi car Arthur possède un don tout naturel pour ça et donne l’impression qu’absolument aucun conflit ne l’atteint, certains dans la communauté, moi la première reconnaissent avoir énormément à apprendre de son comportement). De nouvelles techniques apparaissent comme celle du bâton de parole (tradition native-américaine) qui permet à chacun de s’exprimer à son tour sans être coupé et en étant en confiance avec le reste du groupe. Nous apprenons donc énormément chaque jour et nous sortirons d’ici grandis et en distinguant un peu mieux ce que nous voulons pour le futur. Nous sommes un peu peinés de ne pas avoir rencontré de guérisseurs. Valiente nous dit que les anciens sont tous morts dans la vallée et que leurs secrets sont morts avec eux. Peut-être aurons-nous plus de chance en Galice? À Ixuxu nous avons d’autres choses à apprendre. La vie collective dans la paix et le travail sur soi que l’on mène chaque jour est la base de l’itinéraire d’un autre soin, pas à pas cette conviction se renforce et nous avons pleinement confiance en la vie et au chemin qu’elle nous offre de suivre.

Etape 8 : Asturies – Paraiso Asturias( ferme écologique)

Nous sommes en train de traverser les Asturies. Arthur me fait visiter avec joie la région de ses grands-parents notament sa Grand-Mère paternelle qui a grandi  dans le charmant village d’Andrìn. Nous  y avons rencontré un sacré personnage (un voyageur de 43 ans Néerlandais qui pêche pour se nourrir et a vécu plusieurs vies). Le paysage est vraiment magnifique et nous avons d’un côté les très impressionnants Picos de Europa et de l’autre la côte avec ses plages très sauvages. Nous avons passé 10 jours chez Rakel au « paraiso Asturias » où nous avons aidé à la fabrication d’un dôme et de toilettes sèches entre les différents travaux de jardinage… Elle nous a présenté à ses amis qui sont devenus les nôtres. Arthur a croisé sa cousine par « hasard » lors d’un concert de révolutionnaires et indépendantistes asturiens.

Nous décrirons cette traversée lorsque nous aurons plus de temps en attendant vous pouvez profiter d’une partie des photos !

Nous sommes déjà à la fin du mois de janvier. Nous avons pris beaucoup de retard dans la mise à jour du site.

Un petit retour en arrière: La première moitié de la traversée des Asturies a été incroyable. Des paysages magnifiques, des rencontres très riches et un retour aux racines pour Arthur. Nous avons en effet passé Andrin, le village natal de sa grand-mère paternelle. Son arrière grand-mère y était institutrice et avait appris à lire et à écrire à une grande partie des habitants du village.  Son grand-père quant à lui était originaire de Anzo près de Grado où nous ne sommes pas encore passés. Les deux grands-parents ont dû fuir le Franquisme et se sont rencontrés une fois en France. Ils étaient nés le même jour et étaient tout deux des Asturies… Coïncidences? En tout cas, elle est devenue sa femme et ils ont ensemble fondé une famille. Aujourd’hui, le petit fils refait le chemin de son grand-père dans l’autre sens, et dans des conditions bien meilleures. Je trouve cette histoire très jolie et c’est pourquoi j’ai trouvé bon de la partager.

Après Andrin nous sommes passés par LLanes où nous sommes restés 2 jours à l’auberge de jeunesse où nous avons beaucoup apprécié le luxe de la douche chaude et de la chambre individuelle! Les animaux ont tondu le gazon de l’auberge ce qui a beaucoup plu aux aubergistes qui n’avaient plus à faire l’entretien! Tout le monde était gagnant!

Nous avons bien marché en retrouvant le relief, duquel nous nous étions quelque peu éloignés depuis les Pyrénées. Lorsque nous sommes arrivés à la première « granja » en wwoofing dans les Asturies nous avons parcouru en une journée 27km quasi que de montagnes. C’est pour nous un exploit! Bon on est parti le soleil se levait et on est arrivés il faisait nuit et nous étions tous les 5 épuisés mais bon… on l’a fait! on a donc fini par arriver prés de Pola de Sierro, chez Rakel au « paraiso Asturias ». Sur les lieux il y avait son camion/caravane, sa yourte une très jolie serre, une zone de maraichage avec des buttes de culture, un dôme en construction et des toilettes sèches elles aussi en construction.

Rakel ne vit pas sur place et en plus de son travail de maraichage sur son terrain elle travaille dans une maison de retraite à Pola de Sierro où elle a un appartement. Nous dormions donc dans la charmante yourte où il n’y avait bien sûr pas d’électricité. Nous avons travaillé pour faire de nouvelles buttes de culture, pour avancer la construction des toilettes sèches (où il y aura en plus douche solaire et « bicylavadora » ou machine à laver/vélo), la construction d’un dôme où il est prévu (entre autre) d’y donner des cours de yoga. Nous avons aussi fait des confitures et autres activités classiques de maraichage (récolte, tris des semences, désherbage…). Rakel fait aussi des soins. Elle pratique le Reiki, le soin énergétique. Elle vivait cependant une période un peu difficile dans sa vie et nous avons donc peu abordé ces sujets qui pourtant nous intéressent beaucoup.

Après être passés par chez elle nous devions rejoindre la communauté d’Ixuxu où elle avait vécu quelques années .La petite troupe que nous y avons rencontrée nous a ouvert grand les bras et nous a proposé de passer l’hiver en sa compagnie dans la suite de luxe avec électricité (bon en ce moment on en a pas mais normalement ça marche!). Tout va bien pour nous à Ixuxu. Bientôt les détails de nos activités sur place…

Etape 7: Cantabrie-Asturies (aventures)

Nous avons maintenant un rythme d’environ 20km par jour beaucoup plus qu’au début où nous dépassions rarement les 12km/jour. Nous avons rencontré aussi des personnes supers, et des personnes moins supers, mais toujours assez bien reçus dans les lieux que nous parcourons. Nous avons dormi à différents endroits dans des prés la plupart du temps, dans les jardins de maisons abandonnées. Les nuits commencent à se rafraichir et nous avons acheté des petits manteaux pour Gladisse et Bayat qui dorment au chaud maintenant! Nous sommes passés par Laredo et nous nous sommes rapprochés de Santander qu’on redoutait aussi un peu. Nous avons fait une pause juste avant, à Somo où les pèlerins sont censés prendre le bateau pour passer à Santander (ce qui n’est pas possible pour nous bien sûr même avec un super Fernandel). A Somo, Arthur a trouvé un endroit parfait pour dormir: juste à côté de la plage, cachés dans la forêt d’eucalyptus, nous avons passé 2 nuits et une journée entière! c’était magique! Nous étions dans un endroit où les plages étaient très prisées des surfeurs. Une grande population de surfeurs se trouvaient donc là… Nous avons fait la fête avec eux le vendredi soir dans un endroit trouvé par hasard où nous nous sommes rendus, guidés par le son de la musique. Un bar en extérieur tenu par deux jeunes qui nous ont offert des coups à boire (et comme nous ne buvons quasiment plus, ça a bien fonctionné!) et nous avons fait la fête et dansé comme des fous une bonne partie de la nuit… Ça fait du bien de danser!!

Le lendemain a été dur dur car nous sommes partis tôt, nous avons contourné Santander et nous avons rencontré un homme assez incroyable: José. Il a voyagé pendant 3 ans avec ses chevaux du Texas jusqu’en Amérique du sud et nous a accompagnés jusqu’à l’auberge de la petite ville. Il nous a offert à boire et a appelé l’aubergiste qui ne répondait pas, il a donc négocié avec la police pour que nous puissions dormir à côté du parc pour enfant. Puis il nous a promis de revenir avec une bonne tortilla préparée par sa femme Maïté. Un monsieur est ensuite venu vers nous et nous a demandé si nous attendions pour l’auberge… L’hôte de l’auberge s’est présenté et nous a fait entrer, nous a tout expliqué et est reparti chez lui en nous laissant les clés! c’est la premiere fois que nous étions tout seuls dans une auberge! José est revenu avec sa femme et la délicieuse tortilla. Il nous a appris qu’Avoy, l’hôte de l’auberge avait fait 35km pour nous ouvrir et 35km pour repartir! Ça c’est de l’accueil! Nous avons donc très bien mangé et très bien dormi ce jour là et en plus nous avons rencontré encore une fois des gens incroyables! José est revenu le lendemain matin nous apporter les croissants et quelques conseils pour la route! On le remercie donc beaucoup ainsi que sa femme et Avoy pour leur gentillesse et leur aide!! Nous avons ensuite continué à bien avancer et nous avons filé en direction des Asturies!! Une nuit, nous avons dormi dans un champ et nous y avons rencontré le propriétaire, un agriculteur, José Antonio avec qui nous avons sympathisé, ses petits garçons le suivaient, l’ont aidé et nous ont apporté du maïs pour nos animaux. On leur a ensuite fait faire une petite ballade à dos d’âne qu’ils ont beaucoup aimée. Cette rencontre a aussi été très chouette!

En chemin le lendemain nous avons rencontré Clément étudiant en 9ème année de médecine (pour ainsi dire déjà médecin). Nous avons beaucoup échangé avec lui sur la pratique de la médecine conventionnelle qu’il remet peu à peu en question. Il commence à connaitre la médecine énergétique et Arthur lui a même fait une petite séance sur le bord d’une route! Clément travaille beaucoup sur l’autonomisation des patients. Il considère en effet que les patients sont complétement dépendants de la parole du médecin (et ce, quelque soit le type de thérapeute) et totalement passifs face à leur propre guérison. Il s’intéresse donc au concept de démocratie sanitaire et de santé communautaire qui vise une politique de santé publique qui va du bas vers le haut, dans laquelle les décisions sont donc prises par la population concernée et non par ceux qui sont en dehors des réalités sociales. Il aimerait que les politiques publiques prennent mieux en charge la promotion de la santé qui est décrite dans la charte d’Otawa de 1986 et qui a été ratifiée par nos États sans cependant que les systèmes de santé n’aient réellement changé. Il est dans une démarche compréhensive du patient (en tout cas essaye de l’être) et souhaiterait rendre sa pratique médicale plus humaine notamment en offrant au patient de vraies consultations d’une heure environ… Il ne veut cependant pas sortir du régime de sécurité sociale où même ceux qui ont de faibles revenus peuvent venir se faire soigner… il est donc en plein questionnement quant à la façon dont il peut pratiquer son métier tout en gardant son éthique et en pratiquant « un autre soin » de la manière la plus cohérente possible. Cette rencontre a été très riche et nous avons beaucoup échangé pendant cette journée. Nous avons dormi ensemble dans un champ prés de Comillas et nous sommes quittés le lendemain. Nous avons ensuite passé les villes de Saint Vicente de la Barquera et de Unquera pour entrer…. Dans les Asturies!!!!!!

Etape 6: Irùn-Cantabrie (aventures)

Nous sommes le 3 septembre et nous sommes encore sur la côte atlantique del Paìs Vasco! Nous avons pu nous baigner sur la plage de Zarautz et celle de Zumaïa où nous sommes actuellement dans un cybercafé. Il fait un temps magnifique. Nous avons laissé les animaux sur les hauteurs, c’est la pause repos pour tout le monde, et nous en avons profité pour continuer d’écrire nos péripéties, mettre à jour la carte, les photos, etc… J’ai mis tellement de temps à raconter notre expérience dans la communauté que je n’ai plus beaucoup de temps pour raconter la suite. Nous prendrons le temps de le faire une prochaine fois, dans une prochaine ville! En tout cas tout le monde se porte bien, on n’a pas de problème sur la route ni avec les animaux. L’été fait maintenant son apparition et comme nous longeons la côte ça tombe plutôt bien!! Des communautés nous attendent dans les Asturies et c’est donc là notre prochain point de chute! l’itinéraire d’un autre soin se poursuit donc, mieux que jamais!!

Le 5 octobre

On a fêté nos 4 mois d’aventure il y a quelques jours et nos 900 km parcourus! Nos animaux sont super forts!! Nous avons donc traversé le Pays Basque que nous avons quitté il y a environ 3 semaines. Notre séjour s’est très bien passé et le relief a fait que nous y avons passé beaucoup de temps. Après le dernier récit fait à Zumaïa nous avons encore longé la côte, nous avons passé de superbes paysages. Un jour nous avons été un peu trop audacieux et avons voulu prendre le sentier qui longe la côte plutôt que l’autre chemin plus dans les terres mais aussi plus facile. On a fait à peu près 3km en 3 heures peut-être même plus. Le chariot s’est retourné environ 5 ou 6 fois, avec le poids il entrainé Arthur avec lui qui du coup se retournait aussi… Fernandel était insupportable depuis le matin, n’écoutait rien, faisait demi tour à chaque arrêt. Pleine crise d’ado pour notre âne qui a eu sa première expérience matrimoniale et qui veut nous montrer qu’il ne nous a toujours pas pardonné de l’avoir séparé de Nina! Cette journée a été très dure surtout que nous n’avions plus d’eau et qu’il faisait très chaud. Je me suis alors souvenue du conseil d’un de mes profs à l’école des plantes qui nous a dit que la résine de pin coupe la soif et génère de la salive, nous avions plein de pins autour de nous alors c’est ce que nous avons fait. A un endroit, il n’y avait plus de pont et à d’autres le chariot ne passait pas. Arthur a même dû monter à 4 pattes sur une côte beaucoup trop pentue. Presque en rampant!! Avec le recul c’est drôle mais sur le moment c’était assez difficile. Mais le paysage était magnifique et c’est nous qui avions choisi de prendre ce chemin en sachant qu’il était dur… On s’est alors dit « plus jamais! » Les animaux avaient eux aussi très soif et étaient fatigués, Bayat compatissait avec Arthur et ne le quittait pas d’une semelle surtout quand il tombait. Bref, sacrée journée. Nous sommes finalement sortis de ce chemin pas du tout fait pour nous et nous sommes tombés sur un camping ( car nous étions entourés d’habitations, pas de champs en vue pour dormir) qui a bien voulu de nous et nous avons fait une journée entière de pause et rencontré des jeunes très sympas!

Nous avons ensuite traversé de petites villes comme Markina Xeimen (un peu plus dans les terres). Ville juste avant laquelle notre chariot nous a encore une fois lâché… Cette fois nous avons remis les sacoches sur Fernandel qui les porte sans aucun problème! A Markina, on a rencontré des Basques (bien sûr) qui nous ont beaucoup aidés pour les réparations, nous ont amenés à droite et à gauche, ont passé des coups de fil… On a bien apprécié l’ambiance et la sympathie des habitants qu’on a rencontrés. On a réussi à réparer le chariot qui maintenant ne ressemble plus du tout à l’original! Ensuite nous sommes passés par Gernika où nous attendions un colis, du coup nous y avons fait une longue pause de 3 jours pendant lesquels nous avons pris le temps de connaître la ville et certains lieux comme un repère de militants Basques où nous étions très souvent (ce bar est menacé de fermeture parce qu’ils se revendiquent un peu sécessionnistes mais surtout militent pour le retour des prisonniers ou exilés  basques chez eux). Nous avons aussi fait la fête et rencontré pas mal de monde là-bas. Pendant ces quelques jours nous avions trouvé un endroit dans un petit bois à côté d’un ruisseau (on pouvait donc se laver)  et où Fernandel nous a fait une petite dépression: il n’arrêtait pas de nous appeler et il ne voulait pas manger… Mais il a retrouvé son énergie quand on a repris la route. Il a monté la côte en totale liberté et sans problème! Par contre, à ce moment là c’est Bayat qui s’est échappé et qui est revenu quelques heures plus tard complètement épuisé et boiteux… Super…

On a ensuite pris une énorme pluie et le lendemain nous n’étions plus très loin de Bilbao, ville qu’on redoutait de traverser… Dans le bled d’avant Bilbao, des gens nous ont conseillé d’aller à l’auberge pour pèlerins qui est gratuite à cet endroit. L’hôtesse nous a très bien reçus, c’est Maria une dame avec une énergie extra et avec beaucoup d’humour. Elle nous a dit que c’était une première pour elle, notre équipe l’a bien fait rire. Elle a donc accepté que l’on dorme là et nous avons pu mettre les animaux dans la petite cour où il y avait un peu d’herbe. On pensait que ça serait peut-être beaucoup plus facile pour nous si nous pouvions aussi aller en auberge à Bilbao, car dans une grande ville, trouver un endroit où dormir avec nos animaux n’est vraiment pas chose facile! Avant d’arriver à Bilbao nous avons donc appelé l’auberge pour savoir si c’était possible. Un monsieur m’a répondu que oui car il y a de l’herbe et des arbres autour de l’auberge et qu’on pourrait les y attacher. Ok super. On traverse la ville en faisant tout le tour par el rio. Je découvre cette ville que je ne connaissais pas. Beaucoup d’architecture. Les animaux ont eu beaucoup de mal car il faisait chaud et qu’il n’y avait pas beaucoup d’herbe à manger dans la ville. Bayat commençait à boiter de plus en plus et Gladisse s’allongeait dès qu’elle pouvait. Ça a été aussi une des journée les plus dures. Enfin arrivés sur les hauteurs à l’autre bout de la ville nous avons trouvé l’auberge qui se trouve dans le quartier gitan. Les familles étaient ravies de nous voir passer devant chez eux avec les animaux! Quand nous sommes entrés dans la cour de l’auberge je suis allée à la rencontre de l’hôtesse qui avait l’air moins sympathique que Maria et nous a dit que ce n’était pas possible. Elle nous a sorti une quantité incroyable d’excuses pour nous dire en gros qu’elle ne nous voulait pas, même si les cantonniers nous avaient affirmé qu’il n’y avait pas de problème à ce qu’on laisse les animaux aux arbres à l’extérieur… Bref, je lui avais dit que j’avais appelé en début de journée, que le monsieur m’avait dit « no hay problema ». Mais elle ne voulait rien savoir, j’avais dû composer un mauvais numéro. Nous sommes partis plus loin pour trouver un endroit et nous avons croisé une autre hôtesse de l’auberge, Alicia, qui a fait des pieds et des mains pour que l’on ait un endroit où dormir, elle a même appelé la police! On en avait un peu marre d’aller à droite et à gauche surtout avec les animaux qui n’en pouvaient plus de leur journée (nous n’en pouvions plus non plus) mais reconnaissants des efforts que faisait Alicia pour nous. On a fini par trouver une endroit caché, plat et avec un peu d’herbe… Quelques minutes plus tard, Alicia revient pour nous dire qu’un voisin de l’auberge a dit que ça ne dérangeait pas que l’on mette les animaux derrière chez lui, donc nous pourrions dormir à l’auberge… C’est donc reparti pour l’auberge, les animaux ont donc été mis là où à notre arrivée le cantonnier nous avait déjà dit de les mettre… retour à la case départ mais contents d’être enfin arrivés! La première hôtesse avec qui nous avions traité, avait l’air assez mécontente que finalement on soit là mais comme on a été sympas elle a fini par se détendre! Et nous aussi! On a en plus revu le groupe de pèlerins avec qui nous avions sympathisé la veille (des Espagnols et des Américains). On s’est donc un peu immergé dans le monde du pèlerinage et dormir dans de vrais lits nous a vraiment fait beaucoup de bien!

Nous sommes ensuite repartis de l’auberge et de Bilbao en nous’accordant une petite pause sur les hauteurs cachées dans un bois. Mais après Bilbao, la ville a continué un petit moment suivie par les zones industrielles… nous avons fait plus de 20 km le jour suivant en longeant une autoroute… Ce jour là, sur une aire de repos où nous faisions une pause nous avons fait la connaissance d’une famille de Roumains (des Roms) qui sont rapidement venus nous voir et voir les animaux surtout. Ils ont été étonnés par notre aventure, certains n’ont pas très bien compris pourquoi nous faisions ça. Les enfants se sont bien amusés avec les animaux. Ils faisaient un gros barbecue et nous ont invités à manger avec eux. Ça aurait été un grand plaisir mais nous devions partir vite car le temps se gâtait et nous devions trouver un lieu pour dormir. Ils nous ont donc rempli les bras de boissons, de pains, de choses à manger. Nous ne mangeons pas de viande mais là je n’ai pas pu refuser et j’ai mangé une cuisse de poulet grillé avec plaisir avec eux. Plus on leur disait merci, plus ils nous en donnaient. J’ai pris beaucoup de femmes de la famille dans mes bras et encore mille merci. Ils écoutaient de la super musique en plus :musique tzigane des pays de l’Est. Nous aurions bien aimé rester plus longtemps avec eux mais nous étions fatigués et devions vite trouver un endroit où dormir (ils nous ont dit que sur l’aire de repos il y avait souvent la police qui venait et mettait des contraventions). Au moment de partir (pour de bon) une femme du groupe est venue en courant et nous a donné un billet de 10 euros… Là j’ai dit « non, là on ne peut vraiment pas accepter, on a ce qu’il faut », on nous a répondu « vous venez de loin » on a répondu « mais vous aussi! » « oui mais nous, nous sommes là depuis longtemps, prenez ça! » j’ai encore une fois refusé et elle a mis le billet dans une poche d’Arthur: pas le choix! C’est eux qui nous ont le plus gâté depuis le début de notre voyage, c’était incroyable et ça nous a beaucoup touché! C’était tellement intense que nous n’avons même pas pensé à prendre des photos, mais leurs visages resteront dans notre esprit et leur générosité dans nos coeurs! Nous avons ensuite trouvé un endroit où dormir (avec l’autoroute à côté) et nous nous sommes enfin posés dans la nuit tombante!

Nous avons par la suite bien avancé et nous avons quitté le Pays Basque (que nous avons remercié pour son accueil et pour toutes les aventures qu’il nous a réservées).  Nous sommes arrivés en Cantabrie!!! Nous avions un rythme d’environ 20km par jour beaucoup plus qu’au début où nous dépassions rarement les 12km/jour. Nous avons rencontré aussi des personnes supers, et des personnes moins supers, mais toujours assez bien reçus dans les lieux que nous parcourions. Nous avons dormi à différent endroit dans des prés la plupart du temps, dans les jardins de maisons abandonnées. Les nuits commençaient à se rafraichir et nous avons acheté des petits manteaux pour Gladisse et Bayat qui dorment au chaud maintenant! Nous sommes passé par Laredo et nous sommes rapprochés de Santander qu’on redoutait aussi un peu. Nous avons fait une pause juste avant, à Somo où les pèlerins sont censés prendre le bateau pour passer à Santander (ce qui n’est pas possible pour nous bien sûr même avec un super Fernandel). A Somo, Arthur a trouvé un endroit parfait pour dormir: juste à côté de la plage, cachés dans la forêt d’eucalyptus, nous avons passé 2 nuits et une journée entière! c’était magique! Nous étions dans un endroit oùles plages étaient en grande partie réservées aux surfeurs. Une grande population de surfeurs se trouvaient donc là… Nous avons fait la fête avec eux le vendredi soir dans un endroit trouvé par hasard où nous nous sommes rendus guidés par le son de la musique. Un bar en extérieur tenu par deux jeunes qui nous ont offert des coups à boire (et comme nous ne buvons quasiment plus, ça a bien marché sur nous!) et nous avons fait la fête et dansé comme des fous une partie de la nuit… Ça fait du bien de danser!!

Le lendemain a été dur dur car nous sommes partis tôt, nous avons contourné Santander et nous avons rencontré un homme assez incroyable: José. Il a voyagé pendant 3 ans avec ses chevaux en Amérique du sud et nous a accompagnés jusqu’à l’auberge de la petite ville. Il nous a offert à boire et a appelé l’aubergiste qui ne répondait pas. Il a donc négocié avec la police pour que nous puissions dormir à côté du parc pour enfant. Puis il nous a promis de revenir avec une bonne tortilla préparée par sa femme Maïté. Un monsieur est ensuite venu vers nous et nous a demandé si nous attendions pour l’auberge… L’hôte de l’auberge s’est présenté et nous a fait entrer, nous a tout expliqué et est reparti chez lui en nous laissant les clés! C’est la première fois que nous étions tout seuls dans l’auberge! José est revenu avec sa femme et la délicieuse tortilla. Il nous a appris qu’Avoy, l’hôte de l’auberge avait fait 35km pour nous ouvrir et 35km pour repartir! Ça c’est de l’accueil! Nous avons donc très bien mangé et très bien dormi ce jour là et en plus nous avons rencontré encore une fois des gens incroyables! José est revenu le lendemain matin nous apporter les croissants et quelques conseils pour la route! on le remercie donc beaucoup ainsi que sa femme et Avoy pour leur gentillesse et leur aide!! Nous avons ensuite continué a bien avancer

 

 

Etape 5: Anhaux-Irùn (communauté)

Nous avons donc quitté les sentiers de Saint-Jacques qui étaient quand même très confortables, il faut bien l’avouer! Nous avons voulu prendre le GR 10 mais on nous a conseillé à plusieurs reprises de prendre les petites routes goudronnées car d’une part avec le chariot ça ne passerait pas et d’autre part les routes du GR sont impraticables depuis les grosses inondations qu’il y a eu en juin. Nous avons en effet passé des endroits très sinistrés, avec des morceaux de routes disparues sur le bas-côté, des ponts effondrés, des maisons abîmées, des remorques en bas de vallées… enfin bref, gros sinistres dans le coin et nous n’étions même pas au courant de ça, étant depuis quelques mois déconnectés de tout ou presque car nous avons le téléphone; les appels (aux parents surtout), restent quand même fréquents! Nous nous sommes donc enfoncés dans la montagne en direction de l’ouest avec nos trois compagnons bien reposés des quelques jours passés à Anhaux chez Aïtor à débroussailler le bord de son chemin pour les herbivores et à bailler pour Bayat! Fernandel ne boite plus mais Arthur ne veut pas le recharger dans la montagne car on commence à bien avancer et on sait que déjà sans charge les montées sont dures pour lui alors avec… C’est donc Arthur qui prend sur lui le poids et qui souffre en silence (il va bientôt être super baraqué!). On a traversé des petits bleds charmants comme Bidarray, Itxassou et ça fait presque une semaine que nous sommes bloqués dans un camping à la ferme entre Itxassou et Espelette à cause de multiples péripéties (la loi des séries). Le camping étant par ailleurs très sympa et les gens qui le tiennent nous ont accueillis (et nous accueille encore) superbement bien. Nous sommes le 14 août. Nous y sommes arrivés le 6. La journée de notre arrivée nous avons pris un mauvais chemin et nous pensions rejoindre le GR 8 pour rattraper le GR 10 qui est accessible à partir de là et plus tellement sinistré. Nous sommes montés, montés montés pour arriver presque jusqu’à l’Artzamendi, montagne redoutée par les marcheurs et les cyclistes les plus téméraires! Arthur m’a alors avoué avoir fait le plus gros effort de toute sa vie. Tirer 60 kilos de poids en plus des 15 kilos de son sac sur un dénivelé de presque 700 m, effectivement c’est dur! Surtout après avoir pris plusieurs jours d’orage sur la tête! Après avoir retrouvé le chemin, le chariot nous a lâché, une des barres de fer qui sert de manche s’est d’abord tordue puis s’est cassée. Heureusement nous étions à côté d’un bled (Espelette en l’occurrence), d’une route et juste en bas il y avait un petit camping à la ferme avec vente de produits fermiers (notamment du bon fromage de brebis dont on se régale depuis qu’on est entrés dans le pays Basque). Je suis allée expliquer notre petit problème au gérant en demandant s’il acceptait les animaux. Il nous a répondu oui pas de problème. Très contents d’avoir trouvé ce lieu qui disposait de toilettes et de douches, nous nous sommes détendus en prévision de la journée du lendemain où il nous faudrait trouver le matériel pour une nouvelle fois réparer ce sacré chariot! Nous ne savions pas encore toutes les émotions que nous allions traverser… Le soir venu, nous avions sympathisé avec d’autres campeurs et avons dîné avec eux (ils nous ont gentiment invités à leur caravane). Super soirée, enfin au début. Quand nous sommes allés nous coucher je suis allée donner ses croquettes à Bayat et je n’ai pas suffisamment bien vérifié la longueur de la corde de Gladisse qui pouvait malheureusement atteindre les croquettes de Bayat ce que nous évitions systématiquement pour qu’il n’arrive pas un malheur… qui est arrivé ce soir là. Il a commencé à grogner et je n’ai pas eu le temps de dire « ouf » qu’il l’avait déjà attrapée à la gueule. J’ai pas tout de suite vu qu’il l’avait attrapée j’ai juste entendu hurler Gladisse. J’ai mis une raclée au chien et ai éclairé Gladisse et là l’horreur: elle avait la gueule en sang et avait toute la moité du museau qui pendait. On voyait l’intérieur de sa bouche: une vision d’horreur de notre petite chérie. On a réussi à avoir un vétérinaire la nuit qui a été très sympa et a bien voulu nous emmener à une clinique où ils l’ont très bien recousue. Elle n’a pas peur de Bayat mais nous redoublons d’attention. Tout va mieux. Nous devions partir hier matin (car entre temps je me suis fait avalé ma carte à un distributeur et la banque n’ouvrait qu’à partir de mardi) mais mardi soir j’ai eu une grosse poussée de fièvre et je suis tombée malade. Hier matin, je me sentais très faible et Fernandel avait disparu… Nous l’avons finalement retrouvé dans le village voisin quelques heures plus tard. Soulagés nous partirons demain matin si je me sens d’aplomb (ça va déjà beaucoup mieux). Nous devrions passer la frontière dans peu de temps (enfin!) si toutefois les événements nous le permettent!!!

Nous sommes maintenant le 2 septembre et on fête aujourd’hui nos 3 mois de route!!

Que de choses à rajouter à cette étape!! Nous sommes donc partis le 15 août pour reprendre le GR 10 et atteindre Hendaye. Nous avons beaucoup grimpé ce jour là en direction des crêtes. Des ânes et ânesses nous ont dépassés et Fernandel est presque monté en courant avec moi qui essayais de le stopper! Je suis quand même monté moi aussi presque en courant, c’est la première fois que je montais une montagne au pas de course et avec un gros sac à dos à porter en plus!! Pour Arthur c’était un peu moins rapide mais tout aussi éprouvant!! La reprise a été très rude surtout qu’il a plu toute la journée, mais nous y sommes arrivés et avons été récompensés par la magnifique vue que nous avions d’en haut. De tout là-haut nous pouvions voir l’océan au loin, c’était un moment magique et nous nous disions que nous n’étions pas si loin que ça!! Le soir il a plu encore mais on pouvait voir les villes côtières illuminées et nous avons même vu plusieurs petits feux d’artifice illuminer au loin le ciel!!

Nous sommes ensuite redescendus et avons continué notre marche. Louise, la petite sœur d’Arthur accompagnée de son ami Esteban (qui est aussi le nôtre!), nous a rejoints sur un bout de route avant l’arrivée à Hendaye où nous devions passer la frontière. C’était génial de les avoir un peu avec nous et de les entendre nous raconter leurs propres aventures. Ils rentraient du Portugal, du Boom festival où Arthur a été plus d’une fois et des Asturies avant de venir nous rejoindre dans le Pays Basque français. Il nous ont quitté après 2 jours de marche à nos côtés. Nous sommes ensuite arrivés à Hendaye le 19 août, jour de la naissance du petit Tiago premier fils d’un très bon ami d’Arthur à qui l’on souhaite la bienvenue dans ce monde!! Nous étions très heureux de la bonne nouvelle et d’être enfin au bord de l’océan! Nous avons trouvé un super endroit pour poser les animaux et nous sommes allés faire notre tour sur le bord de plage que je connais bien y ayant passé nombreuses de mes vacances étant enfant. Nous avons profité comme il faut de cette merveilleuse journée et sommes partis le lendemain en direction de la frontière en passant d’abord par la case vétérinaire pour avoir tous les papiers en règle!

On s’est ensuite dirigés direction la frontière!! On était très contents d’être arrivés là avec toute la famille!! On est entrés dans Irùn et avons un peu galéré pour repérer le balisage du chemin de Compostelle. On entendait à présent des « oh mira la cabra! Y el Burro! y el perro!! »  c’était super! On a finalement retrouvé notre chemin en demandant à des anciens qui passaient par là. Irùn est d’après nous la plus grande ville que nous ayons traversée, c’était fatigant pour les animaux et pour nous mais nous savions qu’au bout du chemin nous attendait la communauté des 12 tribus qui nous attendait… On a passé la ville, parlé à`des gens puis j’ai fini par téléphoner à la communauté pour savoir par où nous devions aller. J’ai eu beaucoup de mal à m’exprimer en espagnol et finalement mon interlocuteur est venu nous chercher. Quand il nous a vus, il a rigolé et nous a indiqué le chemin. Nous devions prendre une grande nationale qui rejoignait Irùn et San Sebastian. C’était épuisant, il était tard et être au bord d’une rocade avec nos animaux n’était pas très rassurant…

La communauté des 12 tribus (Doce tribus)

Nous sommes finalement arrivés à la communauté où tout le monde s’est empressé de venir nous accueillir et nous a entourés curieux de notre équipée. Nous avons mis les animaux dans un parc clôturé avec des moutons et Bayat sous un tas de bois, protégé ainsi de la pluie. On nous a montré nos chambres (pour Arthur vers les chambres des hommes célibataires et pour moi celles des femmes) et les douches. Nous pouvions ainsi nous laver avant de manger. Nachev, une des membres de la communauté qui est un peu la responsable des lessives nous a demandé si nous avions quelques affaires à laver. En fait TOUTES nos affaires étaient à laver… Ayalet, ma camarade de chambre m’a donc gentiment prêté des habits propres, quel bonheur!! Et on nous a ensuite invité à venir manger quelque chose dans le bâtiment prévu à cet effet où se déroulent les réunions, les repas, les célébrations, autrement dit une grande partie de la vie communautaire. C’est une grande pièce magnifique avec un beau parquet au sol, des meubles en bois et de grandes tables où peuvent manger une centaine de personnes (ils sont environ 80 à habiter sur les lieux). On a pu alors déguster un repas savoureux avec beaucoup de légumes ( tous cultivés sur place) et j’ai même eu droit à un gros morceau de poisson (nous sommes bien à coté de l’océan!!). Nous avons ensuite été invités à boire une verveine avec eux et nous sommes allés nous coucher. Arthur dormait avec 1 membre de la communauté: Fineas et deux invités/woffers: Chabane, un Algérien vivant en Allemagne et Alek, un Polonais. Moi je dormais avec Ayalet, une jeune membre de la communauté et deux wwoofeuses Taïwanaises.

Nous avons vécu dans la communauté pendant un peu plus d’une semaine et nous avons rencontré là-bas des gens formidables! Nous nous sommes bien adaptés à leur mode de vie: levés vers 5h30, réunion à 6h avec des chants et parfois des danses, puis des réflexions autour de la bible , le mode de vie des premiers disciples, sur la vie ensemble, le fait par exemple que si nous n’accomplissons pas notre travail quotidien avec la grâce, l’humilité et pour notre prochain, c’est un travail vain. Nous avons réfléchi sur beaucoup de choses. Au début je me sentais un peu étrangère à ça n’ayant pas eu d’éducation religieuse mais j’ai vite tendu l’oreille à la profondeur de ces paroles et nous avons fini par prendre notre cahier de note pour bien nous imprégner des enseignements qui étaient transmis durant ces messes quotidiennes. Après les prières où chacun qui le souhaitait pouvait remercier, nous nous rejoignions autour du petit déjeuner qui était toujours un grand festin composé des produits en grande partie fabriqués sur place, notamment le yaourt fait avec le lait de vache ou de chèvre traites matin et soir à la main dans la grange. Ensuite, chacun partait à sa tâche. D’abord la traite des vaches Lorena et Camilla (à laquelle Arthur a de nombreuses fois participé) et celle des chèvres (à laquelle j’ai participé une fois). Ce sont de très jolies chèvres africaines aux oreilles tombantes que notre ancien voisin Christophe rêvait d’avoir un jour! Pour certains c’était direction le jardin ou la serre. Ils avaient en effet de nombreuses cultures comme par exemple des tomates, poivrons, oignons, haricot, mais aussi du maïs, quelques médicinales (verveine citron, romarin, calendula, consoude, serpolet…), et de très nombreuses autres productions qu’ils consommaient directement (étant comme je l’ai dit très nombreux sur les lieux), qu’ils vendaient dans leurs magasins (un à Irùn et un à San Sebastian) ou qu’ils distribuaient dans différents endroits. Les travaux horticoles étaient ceux auxquels les wwooffers (surtout les hommes) participaient le plus. Arthur pendant ce travail aux champs a pu faire connaissance avec de nombreuses personnes et a eu des discutions passionnantes et très spirituelles avec les membres de la communauté. Nakil en particulier avec qui une profonde amitié s’est créée. J’y ai participé plusieurs fois mais j’aimais beaucoup être en cuisine avec une grande partie des femmes. Une énergie dynamique et féminine se dégageait de ces cuisines immenses et très agréables. J’y ai appris de nombreuses recettes et j’ai pu admirer l’ingéniosité et l’esprit créatif de ces femmes qui faisaient des plats différents tous les jours, avec le sourire et beaucoup d’amour. C’était des moments super où pas une tâche ne se ressemblait et où il y avait toujours quelque chose à faire. Je me suis moi aussi liée d’amitié avec nombreuses d’entre elles.

Nous étions un grand groupe de volontaires: il y avait donc les deux Taïwanaises (dont je n’ai pas retenu le nom très complexe pour les européens), Thomas: Autrichien, Rafael: Équatorien, Aaron: Israélien, Chabane: Algérien, Yasmine: Allemande, Macha et son fils Luis: Russe et Russe/Anglais, Alberto et Samuel: Italiens, Alek: Polonais, Antonio: Espagnol et nous: Français! ça faisait du monde mais créait une bonne dynamique!

Après le travail du matin, nous nous retrouvions pour le déjeuner à 13h, toujours un délice. Et ensuite nous repartions au travail jusqu’à 16h45 quand Fineas faisait sonner la grande corne dans laquelle il soufflait pour rythmer la journée. A 18h, nous nous retrouvions une nouvelle fois dans la grande salle pour célébrer en chantant et en dansant. C’était un moment génial, j’ai adoré apprendre les pas de leurs danses et nous avons tous bien participé à ces moments de joie et d’union! Ensuite chacun pouvait prendre la parole et une nouvelle fois on réfléchissait ensemble à différentes choses souvent en ayant comme support la bible ou l’enseignement du Yom kippour. Puis nous dînions tous ensemble.

Le vendredi soir une célébration particulière était donnée pour l’entrée dans le Shabat, le jour de repos. Le jeudi et le vendredi étaient donc très intenses au niveau du travail car il fallait d’une part préparer la célébration du vendredi soir et d’autre part, prendre de l’avance sur le travail qui n’allait pas être fait le samedi, notamment les repas. Une vrai effervescence régnait sur les lieux. En plus étaient attendus des invités venus du coin, des familles des membres de la communauté en visite et les membres de la communauté de San Sebastian. Cette célébration du vendredi fut pour nous une découverte et nous avons beaucoup apprécié ce moment. Nous avons beaucoup dansé, avant, après manger, beaucoup de musique, beaucoup de joie, beaucoup de bonnes choses, avec en plus les remerciements à Dieu pour toutes les choses merveilleuses apportées! Le lendemain le lever a été plus tardif le matin chacun parlait de ce qu’il avait appris durant la semaine et sur quoi il avait réfléchi, puis nous avons passé la matinée ensemble à nous distraire, notamment autour de jeux, volley et autres activités ludiques. L’après midi est plutôt consacrée au repos et à la méditation. Et le soir on se retrouve pour manger ensemble!

Les enfants ont l’école sur place et apprennent de nombreuses choses: la géographie, l’espagnol, les mathématiques, etc. comme tous les autres enfants mais ont aussi des cours de pratique, notamment pour l’apprentissage dans la nature, le jardinage et de nombreuses autres choses. Ils sont vraiment supers ces enfants, nous n’en avons pas vu un faire des caprices, ils partagent tout sans rechigner, ils savent faire plein de choses, ils ont le sourire et ont vraiment l’air heureux.

On est parti le cœur lourd, mais l’esprit léger de savoir qu’il existe quelque part un lieu comme celui là. ça peut faire peur à certains et ils sont souvent jugés, mais ce qu’on a vécu est incomparable. On ne pensait pas qu’un endroit comme ça existait. Il a été fondé par des gens qui voulaient un autre monde, créer autre chose, essayer de lutter contre l’individualisme et toutes les choses que ce monde fou provoque en nous. Beaucoup des membres sont des gens qui avaient beaucoup d’idéaux et ont essayé de nombreuses choses avant d’arriver là. Ici ils ont trouvé la paix et un mode de vie où on oublie nos préoccupations personnelles pour vivre pour l’ensemble, le collectif. Ce sont des valeurs difficiles à accepter dans un monde où règne la dictature de l’individu. Il ne s’agit pas d’une église, ni d’une religion, ni d’une philosophie comme ils le disent souvent aux nouveaux arrivants mais de personnes qui ont vu une lumière qui brillait là et qui continue de briller après presque 30 ans. Ils ne sont ni juifs, ni chrétiens, ni protestants, ils suivent seulement l’enseignement de Yashua. Enseignement qui prône la tolérance, le pardon, l’amour inconditionnel et l´humilité. Les personnes obtues ne comprendront peut-être pas. En tout cas, ils accueillent toujours tout le monde les bras ouverts. Vous pouvez y passer autant de temps que vous voudrez si vous êtes dans le respect de leur mode de vie et de leur personne. Il y a une communauté en France dans le Béarn et dans de nombreux pays à travers le monde. Nous vous invitons à ne pas tenir compte de ce que les gens peuvent en dire. Ni de ce qu’on peut lire dans les journaux, les informations sont trafiquées comme tout le monde le sait, les médias prennent des petits bouts de discours, de vidéos et ils en font ce qu’ils veulent.

Dans la communauté en Allemagne 200 policiers sont arrivés un beau matin et ont pris tous les enfants. Ils sont maintenant placés dans des familles et ne peuvent voir leurs parents qu’une heure par semaine sous surveillance. Tout ça a commencé parce que le gouvernement Allemand refuse que les personnes fassent l’école chez eux. Les membres de la communauté ont passé une licence pour avoir le droit d’enseigner donc c’est passé pendant quelques année jusqu’au jour où un espion est venu et a placé des caméras partout. Ils ont fait une compil en montant les images comme ils voulaient (on fait dire ce qu’on veut aux images) et le juge a dit que les enfants étaient maltraités. Dans quelle famille les parents ne grondent ou ne punissent pas leurs enfants quand ils font des bêtises? ça s’appelle la discipline… On pourrait faire des vidéos terrifiantes dans toutes les écoles dans lesquelles j’ai bossé avec un bon montage!! Maintenant ils se battent pour que leur petits reviennent mais continuent leur vie avec une grande force et un grand courage. Enfin bref, faites-vous une idée par vous-mêmes et ne vous fiez pas à la peur des autres et si vous le souhaitez vous pouvez aller à leur rencontre l’esprit tranquille!!

Ce fut aussi un super séjour pour Fernandel qui a trouvé l’amour dans la communauté: une ânesse du nom de Nina, presque à sa taille. Partir de la communauté a été une vraie déchirure pour lui et il nous l’a fait payer toute la journée. Il a même essayer de nous mordre!! A la pause repas, il a cassé la branche à laquelle il était accroché pour partir en courant la retrouver. Il nous  a bien fait courir nous aussi!!

Mais nous savons déjà que nous reviendrons. Les liens sont désormais établis! Et si la Nina est pleine nous nous ferons une joie d’aller rendre visite au petit de notre âne!!

Nous sommes ravis de cet itinéraire d’un autre soin. Nous avons vu comment vivre dans une  communauté telle que celle-là, comment elle prodigue le soin à différents niveaux. Au niveau physique par l’hygiène de vie, sentimentale par le véritable lien social et le rôle que trouve chacun et spirituel par la pratique quotidienne de l’amour par la célébration et la joie ainsi que le questionnement profond des membres lors des deux cérémonies quotidiennes.  De plus il est clair pour nous maintenant que c’est une réponse à la problématique planétaire véhiculée par l’individualisme, cette voie qui semblait sans issue possède maintenant une porte de sortie, un exemple de vie en communauté qui fonctionne dans la paix.

Etape 4: Malaussanne-Anhaux (plantes médicinales)

Nous sommes partis de Malaussane le 15 juillet, un grand merci à tout le monde qui nous a accueillis là-bas et nous ont appris beaucoup de choses. Les animaux bien reposés étaient contents de reprendre la route, j’ai même eu du mal à tenir Fernandel qui partait tout seul sans attendre après nous! Le soir du départ, nous avons dormi à Morlanne, village qui nous a beaucoup plu et où nous étions allés la veille pour le marché. Là-bas, c’est Jean-Régis qui nous a accueillis dans sa grange, nous avons dormi TRES confortablement dans le foin et n’avons donc pas eu besoin de déplier notre tente! Le lendemain nous avons beaucoup marché, nous nous sommes un peu trompés de chemin n’étant plus tout à fait sur le chemin de Saint-Jacques. Nous sommes arrivés très tard à Arthez de Béarn où nous avons mangé. Les animaux et nous-même étions épuisés, il faisait très chaud, il y avait de nombreuses montées et la route dangereuse sur laquelle les voitures roulaient à toute vitesse sans toujours ralentir… Bref nous n’en pouvions plus et comptions trouver un endroit où on pourrait s’arrêter une journée entière, donc 2 nuits pour se reposer car tout le monde annonçait la plus chaude journée le lendemain. Nous avons désespérément cherché un endroit où nous poser et presque tous les habitants nous avaient un peu découragé à coup de « ici vous trouverez pas, en plus vous savez, les gens ne sont pas ouverts il faudra vous installer sans demander sinon ils refuseront! », nous avons fini par opter pour un bout de pré, sans doute à quelqu’un mais bon tant pis, il faisait quasiment nuit et nous n’en pouvions vraiment plus, même les animaux n’avançaient plus. C’est à ce moment là qu’un monsieur sorti de chez lui (et tombé du ciel!) nous a vus et est venu nous dire que quelques mètres plus loin se trouvait une petite cabane mise à disposition des marcheurs où il y a en plus de quoi manger pour nos herbivores! Nous sommes donc arrivés dans la cabane magique dans la nuit et avons bien remercié nos anges gardiens! Nous sommes donc restés là-bas le lendemain toujours sans avoir besoin de déplier la tente, les animaux ont pu se régaler et nous avons rencontré d’autres pèlerins qui s’étaient arrêtés pour manger un bout. Nous en avons profité pour faire quelques courses et bien nous reposer pendant cette journée caniculaire!! Nous sommes ensuite repartis sur la route sur laquelle nous avons même croisé de la famille! Quelle coïncidence! Ils passaient là juste à ce moment, c’était super de les voir surtout qu’ils suivent de loin nos aventures! Ce jour là, nous avons battu notre record de marche en parcourant 17 km! Et 17km avec pas mal de montée!! Nous avons trouvé encore une fois à la fin fin de notre journée un coin de paradis où dormir, à côté d’un ruisseau où nous avons pu nous laver: royal! Nous avons encore une fois rencontré des gens extras qui nous ont aidés, dépannés… Nous sommes ensuite arrivés à Navarrenx où nous avons encore fait flasher les appareils photos des touristes qui passaient par là! Nous sommes ensuite arrivés sur Charre où notre ami Dominique nous a royalement reçu en nous prêtant sa maison car il partait à un festival de danses traditionnelles dans le centre de la France en stop…

 

Nous écrirons la suite prochainement, nous sommes actuellement logés à Anhaux, un autre paradis chez Aïtor, producteur de médicinales et partisan du « agir local pour un désordre global ». Nous sommes à Saint-Jean-Pied-de-Port dans un cybercafé et nous sommes pris par le temps… Donc à suivre!

 

Nous sommes le 9 août et nous avons beaucoup de temps à rattraper pour tout raconter! Nous étions donc chez Dominique dans le village de Charre, dans sa maison qui se trouve juste en bordure du chemin de Saint-Jacques. Nous avons pu nous y reposer pendant plusieurs jours et ça nous a fait beaucoup de bien, aux animaux aussi! Surtout que nous y sommes arrivés sous la pluie et nos affaires étaient trempées! Dominique n’a malheureusement pas pu se rendre là où il le souhaitait, mais comme il y a toujours du bon dans le mauvais, nous avons pu profiter de lui et nous avons passé de très bons moments en sa compagnie. Il nous a notamment amenés chez des amis à lui pas loin de là où il vit qui forment une communauté assez singulière. Nous avions déjà entendu parler d’eux, il s’agit de la communauté des 12 tribus d’Israël. Il existe ce type de communauté un peu partout dans le monde, en Australie, Argentine, Etats-Unis, etc… Ils s’échangent des productions entre eux, celles qu’ils ne peuvent pas produire chez eux. Ils tentent d’être au maximum autonomes et fabriquent leurs vêtements, leur mobilier pour la plupart. Ils s’habillent en matériaux naturels. Ils me font un peu penser aux Amishs qui vivent aux Etats-Unis mais ne pratiquent pas la même religion. Eux sont plus rattachés aux religions Israélites ainsi qu’aux pratiques qui en découlent. Nous avons mangé à leur table et nous nous sommes régalés du fromage produit sur place ainsi que des autres produits cultivés sur leurs terres. Nous n’avons passé qu’une soirée en leur compagnie donc nous n’en savons pas plus sur eux. Nous allons résider quelques jours dans leur communauté située à Irùn où nous devrions passer dans peu de temps.

Chez Domi, nous avons aussi rencontré son amie Véronique qui pratique l’équithérapie avec ses magnifiques chevaux. Elle pratique aussi d’autres techniques de soin comme la psychophanie et le TIPI qu’on pourra décrire plus en détail par la suite. Nous avons aussi rencontré Régina, amie proche de Véronique qui pratique quant à elle le soin Kantique qui consiste à ré-informer l’ADN. Elle nous a donné des contacts et nous avons passé un très bon moment en leur compagnie.

Après avoir quitté Charre, nous sommes rentrés dans les montagnes. Ça nous a fait beaucoup de bien et nous a donné beaucoup de chaleur au cœur de voir les paysages changer du plat et du maïs landais pour le relief des Pyrénées qu’on voyait au loin quelque temps auparavant. Nous étions enfin en plein dedans, ça monte certes mais c’est bon! Nous avancions progressivement dans le pays Basque aussi, pays que nous connaissions un peu mais dont la culture nous était pour le coup totalement inconnue. On ne s’attendait pas notamment à voir tout le monde parler basque même les tous petits. On savait que c’était une culture forte mais pas à ce point, ça fait chaud au cœur de voir une résistance à l’acculturation dans notre région!

Arrivés à Saint-Jean Pied de Port à la croisée des chemins de Saint-Jacques et juste avant la frontière espagnole nous avons encore fait des curieux. Les appareils photos nous ont flashés et lorsque nous sommes entrés dans une rue touristique bordée de restaurants et de cafés aux couleurs basques un mouvement de foule touristique faite de « ooh! » et de « haa! » s’est même mise à nous applaudir. On ne savait plus où se mettre c’était très étrange comme sensation. Mais les gens étaient contents alors nous aussi. C’est la plus grande ville que nous avons traversée pour l’instant et c’est vrai que c’est pas super pour les animaux. C’est à partir de là que nous avons quitté le chemin de Saint-Jacques pour rattraper le GR 10 et passer la frontière à Hendaye plutôt que par le col de Ronceveau.

Nous sommes arrivés le soir chez Aïtor vers le 28 ou le 29 juillet. Il était resté à son jardin et nous attendait. Plus nous nous approchions, plus nous nous en prenions plein les yeux. Il nous a fait visiter son petit coin de paradis, son terrain plein de belles médicinales, surtout celles qui poussent localement (mais des variétés particulières sinon celles qui poussent en sauvage il préfère aller les récolter, sauvages). Des Achillées, des Guimauves, des Mauves, des Menthes, des Soucis, des Monardes,etc… Toutes aussi belles les unes que les autres. Nous étions ravis d’être là et de pouvoir profiter du lieu quelques jours. Nous l’avons aidé à monter son abris où il allait bientôt pouvoir installer tous ses outils qui ne se plaisent pas à l’extérieur. Nous avons discuté des heures entières en travaillant ou en buvant des tisanes à côté de sa caravane. Nous avons planté la tente à côté du petit ruisseau qui borde son terrain de 7000 m2 avec vue sur le Munhoa. Il nous a expliqué sa vision de la vie. Si on a confiance en elle, elle nous apporte ce qu’il faut quand il faut, il faut juste percevoir les cadeaux et savoir les accepter. Il cultive ses plantes avec une grande compréhension du mon- de végétal, en observant. C’est un autodidacte alors il ne cherche pas trop à savoir les règles générales du « cette plante-là il lui faut plutôt tel ou tel sol, il faut qu’elle soit à côté de celle-ci ou bien de celle-là ». Non, pour lui il faut essayer, chaque plante étant différente, chaque milieu aussi. Il faut essayer et observer. C’est ça le secret. Il communique avec ses plantes. Mais ce n’est pas de la communication verbale, il passe tout par « l’intention ». C’est ça qui compte pour lui. Mais le principal c’est qu’il n’y a pas de règle, chacun fait avec ses propres outils, ses propres techniques. Et c’est réussi! Ses plantes sont vraiment magnifiques.

Son séchoir est un vrai temple où une musique douce passe en continu, où règne une atmosphère propre, saine exempte de toute énergie négative. On entre et on s’y sent bien. La musique a été faite pour lui, c’est une musique qui soigne, réalisée à partir d’une technique de soin par le son liée à la numérologie. Il nous dit qu’il ne met que ça dans le séchoir, et rien d’autre. Alors que c’est un amateur de métal et de hard rock, dans le séchoir, pas de colère ni de brutalité quelle qu’elle soit. Et ça se sent dès que l’on y entre. Toutes ses tisanes sont préparées avec le plus grand soin et c’est vraiment une réussite, j’en ai rarement vu d’aussi belles, elles ont conservé leurs couleurs originales et le soin qu’il a pris à cultiver, récolter, préparer se voit vraiment dans la beauté du produit fini.

Nous avons aussi rencontré un ami d’Aïtor, Ximun et  tous les trois, avec la femme de Ximun, Amaïa nous ont parlé de la culture basque ce qui nous a enrichi encore de connaissances à son sujet. Nous avons une nouvelle fois passé des moments extraordinaires avec des personnes extraordinaires. Nous avons aussi accompagné Aïtor au marché de Baïgorri où là encore se fut très riche en rencontres ainsi qu’en émotion pour nous deux. C’est le lendemain du marché que nous avons quitté Aïtor et son petit paradis… Milesker et à très bientôt on l’espère! Adio!

Etape 3: Arblade le bas – Malaussanne (ferme écologique et plantes médicinales)

En arrivant à Aire-sur-Adour, nous avons essuyé un gros orage, mais nous étions ravis de quitter le Gers pour entrer dans les Landes, petite victoire qui nous a fait du bien, même tout mouillés! En montant la ville pour arriver au fameux magasin bio où Jean-Pierre nous avait invités, un grand bruit a retenti et nous cinq au complet avons fait un sacré bon, le saut de Gladisse a été le plus remarquable! Tous les habitants inquiets de la nature de ce son qui avait vraiment l’air de provenir d’une arme à feu ont passé leur tête par leur fenêtre ou sont sortis sur le pas de leur porte. Ils avaient l’air tous très déçus en découvrant qu’il ne s’agissait en fait que de notre grosse roue qui avait encore une fois éclaté, cette fois de manière beaucoup plus violente! Quant à nous, nous étions plutôt rassurés qu’il ne s’agisse pas réellement d’un coup de feu mais un peu dépités d’avoir encore perdu une de nos roues que l’on pensait résister bien mieux. Arthur devait donc, à la fin de notre journée déjà fatigante, trainer ce chariot à bout de bras sur à peu près 800m de montée assez raide. L’arrivée dans le petit appartement prêté par notre ami à l’arrière de sa boutique, au chaud et au sec a été (et c’est peu dire) très appréciée!

En regardant de plus près cette roue, nous avons conclu que nous l’avions sur-gonflée et qu’effectivement 4 bar de pression dans une roue ça nous paraissait louche… Le lendemain, nous sommes donc repartis là où nous les avions achetées avec le ticket de caisse en main et avons réussi à en avoir une nouvelle gratuitement. Nous avons dégonflé l’autre et sommes repartis sur notre route…

Après ces aventures nous n’avons plus eu aucun problème avec le chariot et avons parcouru plus de 60 km sans dessoudage ni dégonflage! Nous avons traversé plusieurs villages, toujours plus ou moins sous la pluie et avons passé les Landes pour arriver dans les Pyrénées Atlantiques. Nous avons dormi dans des bosquets, aux abords de forêts, dans des champs, etc. pour finalement arriver à Arzacq. Cette commune du 64 est située non loin de notre prochaine étape de wooffing où nous attendaient Damien et Emilie, jeunes agriculteurs récemment installés en bio, produisant notamment des plantes médicinales et travaillant en permaculture.

Un peu avant d’arriver à Arzacq, Gladisse s’est mise à boiter. Le dessous de sa patte droite était bien abimé et elle la levait comme pour nous dire qu’elle a bobo… Arthur l’a donc amenée chez un vétérinaire qui pouvait le prendre tout de suite en demandant quand même « c’est bien une chèvre que vous m’avez dit? » oui oui, c’est bien une chèvre! Il a dit de continuer le soin que nous lui faisions déjà et de ne pas trop marcher les jours qui arrivent. L’état de sa patte serait selon lui lié aux trois jours de marche sur bitume que nous venons de faire.

Avant d’arriver à la ferme de Malaussane, nous avons trouvé un joli lac artificiel à Arzacq où nous souhaitions passer le week-end, nous poser quelques jours. Des copines avaient pris leur week-end pour venir nous rendre visite sur notre route où qu’on soit! Nous avons donc profité de ce week-end détente en leur compagnie, sommes allés à la fête du village voisin, avons rencontré des habitants sympas, bien rigolé, fait des jeux de société et nous nous sommes même baignés dans le lac, la météo étant redevenue clémente pour une journée! Nous nous sommes ensuite quittés, les filles rentrées sur Toulouse et nous partis pour une nouvelle expérience agricole.

Arrivés sur place, c’est Damien et la petit Maya qui sont venus à notre rencontre et nous ont conduits jusqu’à leur maison. D’autres woofers étaient là,  certains arrivés aussi dans la journée, c’est la première fois qu’ils en reçoivent autant d’un coup. Il y a Raquel et son petit Làzzaro (3ans) venus de Madrid; Nathalie, nantaise et étudiante en première année de sociologie, Irène retraitée bretonne venue essayer le woffing, Damien, Emilie, Maya sa fille de 6 ans et nous. Des amis à eux étaient là aussi le premier soir car la journée du dimanche ils avaient organisé chez eux un chantier participatif pour construire des buttes.  Le lendemain matin, c’est donc ce que nous avons fait, la construction de buttes étant une technique particulièrement employée en agriculture biologique car elle a de nombreux avantages. Elle permet à la fois un bon drainage et un maintien de l’humidité des cultures grâce aux rigoles ainsi qu’au paillage, elle permet de bien structurer le sol et de l’ameublir, de moins se casser le dos pour le désherbage, l’entretien et la récolte des cultures, et j’en oublie c’est certain.

L’après-midi, Arthur et moi sommes partis en stop jusqu’à Navarrenx  pour nous rendre au concert de Manu Chao, artiste que nous connaissons et apprécions tous les deux depuis longtemps mais que nous n’avons jamais eu l’occasion d’aller voir. Nous pensions, quand nous avons pris les billets quelque temps auparavant, pouvoir arriver à temps à pied pour y aller avec toute notre petite famille, mais non. Nous avons donc avisé et choisi la voiture, ça nous a fait un peu bizarre un truc qui va vite. Mais les animaux étaient en sécurité et ça ne posait pas de problème à nos hôtes de veiller sur eux. Nous sommes arrivés assez tôt dans cette très belle ville fortifiée et avons eu le temps de la visiter. Nous y avons croisé des marcheurs de Saint-Jacques venus de Munich rencontrés quelques jours plus tôt qui n’ont pas dû comprendre comment nous avons fait pour arriver si vite ici à notre allure alors qu’eux marchent beaucoup plus vite et beaucoup plus longtemps que nous dans leur journée!! Nous sommes allés à ce concert avec Dominique, un ami de Damien qui habite près du site et qui nous a proposé de nous héberger pour dormir le soir. C’était un super concert et nous avons encore tous les deux des chansons de Manu Chao dans la tête toute la journée! Le lendemain matin, nous avons aidé Dominique à pailler son jardin potager et avons parlé de sujets très intéressants avec cet amoureux de la nature et de l’alpinisme et pratiquant du vélo-couché qu’Arthur s’est d’ailleurs fait une joie d’essayer.

Il nous a ramenés chez nos hôtes car c’était sur sa route et à notre arrivée nous avons pu fêter les 3 ans de Làzzaro avec tout le monde. Le lendemain nous avons commencé les activités sur la ferme, Nous avons planté, désherbé, semé, débroussaillé et appris beaucoup de chose depuis notre arrivée. Emilie connait très bien les plantes médicinales, elle se soigne avec elles, pratique le Qi Gong et a de nombreuses connaissances en ce qui concerne la médecine chinoise, elle fabrique elle aussi son savon, autant dire que nous nous sommes trouvé de nombreux points en commun! Nous nous sentons très bien ici et avons renoué avec la vie communautaire qui nous avait précédemment un peu déçus surtout au départ de notre colloc dans le Gers, départ qui fut assez difficile à vivre pour nous. Toutes les personnes sont très intéressantes et la démarche décroissante de ce lieu fait du bien. L’alimentation saine, les toilettes sèches, l’importance du local , etc. c’est tellement agréable! Les animaux se sentent aussi très bien et Gladisse récupère peu à peu tout comme Fernandel qui ne boite quasiment plus. Bayat a fait une petite allergie et avait l’air borgne pendant quelques jours mais rien de grave! Il y a quelques jours Milène et Delphine, deux amies à nous notamment guérisiologues sont passées nous voir ici. C’était super de les voir! Elles avaient prévu de le faire depuis longtemps mais nous ne pouvions pas prévoir le lieu où nous serions.

Nous pensons repartir lundi matin d’ici, en direction des Pyrénées Basques chez d’autres producteurs que nous avons contactés. En passant par chez Dominique chez qui nous avons passé la nuit du concert et dont la maison se trouve au bord du chemin…

A suivre…

Etape 2: Lamarquette-Arblade le bas (soin du spectacle)

A force de repousser la date de départ nous avons opté pour un plan B: fabriquer un chariot en partant d’un diable pour que ce ne soit pas Fernandel qui porte et que l’on puisse quand même transporter ce qui représente maintenant notre maison et nos moyens de subsistance. Le 20 juin nous nous sommes rendus à la fête de l’équinoxe organisée par notre amie Milène, fondatrice de la guérisiologie, une technique de soin à laquelle Arthur a été en partie initié. C’était une journée très riche qui nous a fait beaucoup de bien avant de repartir revitalisés et rééquilibrés sur notre route.

C’est le 21 juin que nous sommes partis de Lamarquette un peu tristes de quitter Seb, Anna et Marcel qui sont devenus en 15 jours des amis. Le chariot bien accroché à la ceinture d’Arthur, les 3 premiers kilomètres se sont bien déroulés jusqu’au moment où PAF! une roue éclate… On continue à rouler (ou plutôt à trainer le chariot) jusqu’à un endroit à l’ombre où les animaux peuvent manger. Arthur part jusqu’à Gondrin, un village situé à 4 km de là. Quelques heures plus tard, il revient, tout rouge, avec un sac plastique à la main contenant des roulettes de tricycle en plastique et toute petites. Au village tous les magasins étaient fermés, il a dû partir en stop jusqu’à Condom pour ne trouver que ces petites roulettes en en prévoyant deux paires au cas où. Mais sur le trajet du retour personne ne l’a pris et il a dû marcher sous le soleil d’un premier jour d’été à 35°C à l’ombre pendant plus de 10km. Un monsieur s’est finalement arrêté, outré que personne ne l’ai pris avant lui. Le soir nous avons dormi à Tonneteau, un site magnifique situé à Gondrin et où nous avions fêté l’équinoxe d’été la veille. Le lendemain, repartis avec un chariot moins bien conçu et devant être trainé dans les graviers par Arthur qui se sentait déjà pas très bien au réveil nous avons avancé très peu et très lentement. A un moment Arthur s’est écroulé, ne pouvant vraiment plus avancer du tout: il avait de la fièvre et avait attrapé une insolation. Je suis donc partie avec Bayat à la recherche d’un endroit où nous pourrions nous poser quelques jours histoire de reprendre un peu de force après cette aventure! Nous avons trouvé un lac au bord duquel nous avons séjourné trois jours. C’était super, nous étions au calme, les animaux aussi. Nous avions de l’eau, des plantes, et un paysage magnifique. Parfait. Les trois jours ont permis à mes parents que nous avions appelé en renfort de nous envoyer deux nouvelles roues en poste restante à Eauze la petite ville que nous devions atteindre le soir du redémarrage.

Nous avons donc repris la route, Arthur tirant tant bien que mal ce sacré chariot et avons fait une halte déjeuner à Lamothe. Dans ce charmant petit village il y a une chapelle devant laquelle nous avons fait la connaissance de Jean-Michel, un enfant du pays qui connait beaucoup de monde et beaucoup d’histoires sur les environs. Il pratique l’aromathérapie et fait aussi des sorties botaniques. Il est lui aussi un défenseur du naturalisme et de l’agriculture biologique et connait de nombreuses personnes dans cet état d’esprit dans le Gers. N’étant pas nombreux, nous a-t-il expliqué, ils forment un noyau dur. C’est donc naturellement qu’il nous a accompagnés jusqu’à Eauze où il vit. Marchant à côté de son vélo et à notre rythme ralenti, il nous a parlé tout le long de la route de ses voyages, de ses rencontres aux abords du chemin de Saint-Jacques et de l’Histoire locale. Nous indiquant notamment un magasin bio dans lequel nous pourrions nous réapprovisionner à la sortie de la ville tenu par un de ses amis. C’est ainsi qu’à l’entrée d’Eauze il nous a quittés en nous donnant rendez-vous le lendemain matin devant la poste (fermée à notre arrivée).

Le lendemain, donc, nous avons laissé les animaux seuls après avoir rangé le paquetage le temps d’aller récupérer les nouvelles roues et de faire un tour au marché (il fallait en effet impérativement trouver un chapeau à Arthur!). Pas de Jean-Michel en vue mais les roues sont bien arrivées à la poste avec les rondelles et les goupilles (merci Doumet! merci maman!). Nous avons trouvé un chapeau, pris un petit déjeuner et sommes repartis avec de nouvelles roues et le sourire aux lèvres. En traversant la ville nous avons rencontré du monde, notamment un journaliste de Sud-Ouest désireux de nous avoir en photo pour peut-être écrire un article! A la sortie de la ville, nous avons vu de justesse (car il n’est pas trop visible) le fameux magasin bio dont nous avait parlé Jean-Michel. Je vais y faire le plein et là je découvre un lieu magnifique, avec du bois découpé à la main, un arbre en plein milieu servant de présentoir pour les légumes et une quantité de produits en vrac, incroyable! Le rêve! Là je vois un homme pied nu presque dansant au milieu des rayons, les cheveux longs, la dégaine d’un lutin. Je comprends que c’est le patron. Je dois aller retirer car il n’accepte pas la carte, je lui explique en deux minutes que je dois retourner à pied en ville car nous marchons avec des animaux, etc.  Il me propose de suite de venir dormir chez lui le soir, il y a de la place pour les animaux et pour mettre notre tente. Je décline son invitation car nous venons juste de quitter Eauze que nous avons juste traversé et ça m’embête de n’avoir fait que 2 km dans la journée. Quand je reviens Arthur est en pleine discussion avec lui sur la permaculture et les méthodes de culture naturelles et respectueuses de notre terre mère. Il réitère l’invitation pour le soir et nous invite à la fête de la Saint-Jean qu’il organise chez lui. On finit par accepter car on sent qu’on a des choses à partager avec lui. Avant de le suivre nous avons revu Jean-Michel qui avait fait le tour de la ville en vélo à notre recherche en demandant à tout le monde si quelqu’un nous avait vus! Il sera des nôtres pour la fête donnée le soir.

C’est une des rencontres qui nous a sans doute le plus marqués de cette étape car nous avons refait le monde en sa compagnie toute la journée! Il nous a dit de laisser les animaux en liberté chez lui, quitte à ce qu’ils se nourrissent de ses plantes. Il a laissé la chèvre entrer dans la maison, c’était super pour eux de pouvoir aller où bon leur semblait! Il souhaite mettre en place sur son terrain quelque chose d’autre que de la simple agriculture biologique. Il est le fils d’une des premières maraichères biologique venu s’installer dans le Gers. C’est lui qui habite aujourd’hui la maison de sa maman et a récupéré les terres. Il souhaite aller plus loin que la permaculture et laisser la nature reprendre ses droit tout en jouant un rôle lui aussi sur les terres: celui de planter et de semer mais sans clôture, sans désherbage. Faire en sorte de ne pas altérer la vie des êtres qui s’y trouvent ou qui ne font que passer. Leur donner justement la possibilité de passer par là, de se nourrir parfois de ce qu’il a semé ou planté. Pour cela il prévoit d’en semer ou d’en planter davantage en prévision de ses potentiels visiteurs ou « nuisibles »  (chevreuil, lapin, insectes, limaces, etc.) comme ils sont souvent nommés en agriculture en particulier. Nous avons aussi parlé de médecine alternative, de retour au local (c’est en effet un grand amateur des langues gasconnes et des danses traditionnelles), de la perte des « grands-mères » telles qu’on les pensait autrefois (la grand-mère comme symbole, celles qui rassuraient grâce à leur sagesse, celles qui éloignaient les petits enfants de la peur et les mettaient en confiance afin qu’ils puissent avancer et évoluer de la meilleur façon etc…), de la marche pied nu et du fait que les personnes pieds-nus n’avancent plus en conquérants mais font attention où ils mettent les pieds, observent davantage, sont plus attentifs…  et de tas d’autres sujets aussi passionnants.

Le soir venu on l’a aidé à préparer le repas de fête: beignets de feuilles consoude, de fleurs de fenouil, fleurs de ciboulette et courgettes. Les amis de Jean-Pierre avaient eux aussi amené différents plats aussi bon les uns que les autres.  Nous avons encore une fois rencontré des personnes très intéressantes. Nous avons sauté le feu de la Saint-Jean, avons assisté à un concert improvisé de biniou par un ami de Jean-Pierre éleveur de chèvre et les derniers à partir ont même eu droit à une danse réalisée par Jean-Pierre qui est aussi un grand danseur de danse contemporaine.

Nous sommes repartis le lendemain, remplis de joie d’avoir fait cette belle rencontre. Avant de partir il nous a invité à venir dans son autre magasin bio et à dormir sur le terrain attenant à Air-sur-Adour, étape qui devait arriver peu de temps après.

 

Nous avons traversés quelques villes, villages et quelques orages pour se rapprocher peu à peu d’Arblade-le-bas. C’est dans ce village que vit Fred, que nous avions rencontré quelque temps auparavant et qui avait récupéré nos chèvres (les parents de Gladisse) ainsi que quelques poules avant notre départ du Bimouas. Il nous avait à ce moment là invité à passer, le chemin n’étant guère loin de sa maison. Avant d’y arriver nous avons notamment passé Nogaro, ville avant laquelle une de nos roues nous avait une nouvelle fois lâché mais cette fois-ci en se dessoudant…  Arrivés à Nogaro grâce à notre roue de secours dégonflée, Arthur a fait le tour des magasin ouverts pour trouver quelqu’un qui voulait bien l’aider à ressouder cette roue. Elle était apparemment faite à partir d’un nouvel alliage impossible à souder selon la plupart des personnes qui ont été sollicitées. C’est au bout de la zone industrielle, après une marche assez longue, qu’un monsieur très sympa lui a accordé de son temps pour enfin réparer cette roue.

Repartis avec trois bonnes roues (plus ou moins bonnes, en tout cas qui roulaient) nous avons fait quelques kilomètres avant d’arriver aux abords de notre destination. Nous avons plusieurs fois échappés à des orages et nos roues ont tenues malgré le fait qu’une ait une nouvelle fois éclatée et qu’une autre se soit une nouvelle fois déchirée! On ne sait pas comment (merci à notre bonne étoile!) mais c’est la chambre à air dénudée qui a porté le chariot jusqu’à bon port et nous sommes arrivés tard (vers 22h), fatigués, mais contents d’être arrivés!

Fred et sa chérie Marie-Agnès avaient un repas le soir et nous nous sommes fait accueillir par la dernière de la famille, Laya, 12 ans. Elle nous a très bien reçu et nous avons pu manger au chaud, prendre une douche et nous avons même dormi dans une caravane que nous avait préparé Fred avant de partir!! Super réconfort surtout que nous avions du mal à mettre un pied devant l’autre à cause de la fatigue (mais c’est le jeu hein?!)

Le lendemain nous avons un peu discuté avec Fred, revus nos petites chèvres (la maman de Gladisse était pleine et sur le point de mettre bas) et nos poules et coqs (qui sont désormais les leurs). Ils sont les fondateurs d’un festival de théâtre et de contes, un évènement unique en son genre dans le coin. Ce festival se tenait chez eux avant d’être sur un autre site à Riscle, la maison et le lieu sont magnifiques! Après le petit déjeuné nous sommes parti à Air-sur-Adour en vélos que nous avait prêté Fred. Nous sommes allé dans un magasin de bricolage, et nous avons pris la décision de modifier le chariot afin qu’il puisse accueillir des roues beaucoup plus grosses, et sensées aussi être beaucoup plus costauds! Nous les avons donc achetées et gonflées comme il était inscrit dessus (pression 4) ça nous paraissait énorme mais bon, soit, nous les avons gonflées un peu moins, à 3,3bar. Nous sommes rentrés chez Fred et avons modifié le diable (enfin Arthur a modifié le diable plutôt). Nous avions désormais un super diable tout terrain, enfin c’est ce qu’on croyait…

Le soir venu nous avons fait un grand repas avec une partie de la famille et avons bien discuté avec Fred et Marie-Agnés. Elle est instit et fait beaucoup de chose avec ses petits notamment de la danse, du théâtre, de l’expression, c’est super! Fred quant-à lui, avant d’avoir le statut d’artiste était chef de service en psychiatrie pour des adolescents suicidaires et a mis en place de très nombreuses choses.  Il nous a notamment  dit avoir travaillé beaucoup sur l’art mais sans faire de l’arthérapie qui consiste en général en la réalisation d’œuvres réalisées par les patients de natures diverses qui font l’objet d’une analyse thérapeutique. Ici, ce que proposait Fred au sein de son service c’est de laisser au jeune un espace d’expression qui ne sera ni jugé, ni analysé, donc de proposer un lieu qui est seulement ce qu’il est: un espace de créativité où tous peuvent s’exprimer. La création artistique devient ainsi une méthode de soin en elle-même et ce n’est plus un outil pour que le thérapeute puisse réaliser son soin. Sa méthode (qui ne peut bien sûr guère se résumer à ça) a très bien fonctionné et a même  été reprise dans d’autres structures. C’est ainsi que ne sachant pas qu’on était dans notre itinéraire d’un autre soin on s’y est finalement retrouvé plongé!

Le lendemain nous avons réussi à terminer le chariot et à repartir, tard certes, mais nous sommes repartis. Direction Malaussane où nous devons faire nouvelle fois du wooffing!

à suivre…

Etape 1: Le Bimouas-Lamarquette (ferme écologique)

mercredi 11 juin 2014

Après quelques soucis pour quitter notre maison, tout vider et faire l’état des lieux presque tout seuls, nous avons réussi à prendre la route! Nous avons commencé par un trajet jusqu’à Lectoure, où nous avons dormi sur le terrain de notre amie Maria, spécialiste des elixirs floraux et de pleins d’autres sujets passionnants comme (entre autre) la médecine énergétique, les plantes médicinales qui poussent partout dans son magnifique jardin, l’architecture sacrée, etc. Elle est aussi une merveilleuse cuisinière, nous a offert un très bon repas que nous avons beaucoup apprécié après la journée de marche! Elle nous a aussi offert un de ses pains fait maison qui nous a duré quelques jours. Notre ami Pierre, agriculteur bio, voisin et philosophe nous a accompagné sur ce bout de chemin avec son vélo, c’était super de débuter le voyage en sa compagnie!

Après Lectoure nous nous sommes rendu à Marsolan. Sur le trajet Fernandel a entendu un autre âne et s’est mis à cabrer avec la charge sur le dos, ce qui l’a beaucoup fatigué. Arrivé au village plusieurs habitants nous ont indiqué un coin où nous pourrions passer la nuit, à côté d’une fontaine c’était vraiment très beau. La nuit, la pluie est tombée et le matin nous avons tous rangé tout mouillé sans nous rendre compte que Fernandel avait mal au dos, lorsque nous passions notre main sur son dos il se pliait donc nous n’avons pas insisté et avons décidé de passer une nuit de plus sur place mais protégés sous les arbres sur un terrain privatif. Le propriétaire (Yannick) est venu a notre rencontre entendant les animaux depuis sa maison. Yolène (sa chérie), sa maman et lui ont été super sympas, le couple nous a invité à prendre l’apéro avec eux et finalement il nous invité à manger. Yannick est bouquiniste et construit une super maison, on a bien accroché, c’était super que le terrain soit à lui! On a enlevé de la charge à Fernandel et on a ensuite repris la route direction la Romieu.

Dans le village de la Romieu nous sommes entrés comme des stars, tout le monde voulait nous prendre en photos et Fernandel et Gladisse ont même eu le droit a des friandises! Le soir nous avons trouvé un coin dans un pré où nous avons passé la nuit.

Puis nous avons dû passer par Condom, la grande ville! Avec les animaux c’était rigolo d’être en ville et surprenant pour les gens mais assez compliqué à gérer. Fernouil qui a peur des bouches d’égout devait passer par la route, les gens klaxonnaient pour nous dire que notre convoi leur plaisait mais ce n’était pas le top avec toute la famille à gérer!

Après ça, nous étions tous épuisés et avons trouvé à la sortie de la ville un terrain en friche où Gladisse et Fernouil avaient un banquet et nous un coin pour poser la tente.

Le lendemain nous sommes arrivés à Lauraët pour notre première vraie étape. Cher Anna, Sébastien et leur petit Marcel. Nous y sommes actuellement et sommes ravis d’être là, ça fait une longue pause pour les animaux, pour nous aussi et nous rencontrons sur la ferme pleins de personnes extras! Nous sommes leurs premiers woofers, et pour nous notre première expérience de wwoffing! Nous avons l’impression d’être chez des amis et nous nous entendons très bien avec eux c’est super! Ils sont dans un petits coin de paradis, produisent surtout de l’ail (mais aussi des potimarrons, et de l’oignon) en bio et vivent en famille avec non loin de là la ferme des parents d’Anna. Ils produisent différentes choses, toujours en bio (ils font partis des premiers agriculteurs bio du Gers), entre autre de l’épeautre, du tournesol (et de l’huile), ils ont un des seuls décortiqueur d’épeautre du coin et aussi une huilerie qui leur permet de produire directement leur bonne huile sur la ferme, nous nous régalons d’être là, travaillons avec eux surtout à l’ail et apprenons beaucoup de choses! Il y a un lac juste à côté et nous pouvons nous y baigner après le travail!  C’est super! Nous repartirons surement jeudi matin si tout va bien sans doute avec le coeur lourd de les quitter, mais l’aventure ne fait que commencer!!

vendredi 13 juin 2014

Nous sommes déjà vendredi soir et nous n’avons pas pu partir hier matin! Fernandel s’est fait mal avec les ânesses beaucoup trop grandes pour lui et sur lesquelles il tentait de sauter toute la journée! Il boitait hier matin, et nous n’avons pas voulu prendre la route (même tout doucement) sans savoir si il s’agissait plutôt d’un sabot ou d’un os, muscle…

Un vétérinaire habitué des lieux est donc venu faire son diagnostic et il s’agirait plutôt d’un tension musculaire. Ouf! ce n’est pas un sabot car c’est très long à se rétablir. Donc depuis hier, massage à l’arnica, à la gaulthérie et cataplasme de racine de consoude… En espérant qu’on puisse repartir tout doucement demain.

En tout cas notre présence ici n’a pas servi à rien car le coup de feu pour la récolte de l’ail avait lieu en grande partie ce matin avant que l’orage ne gronde. On a bien bossé!

Aujourd’hui, par l’intermédiaire d’Anna, on a contacté des personnes qui se trouvent pas loin d’ici, qui font de la culture de médicinales ils commencent juste et peuvent nous accueillir pour la nuit sur leur terrain, nous pourrons ainsi reprendre la route petit à petit tout en contrôlant l’état de notre Fernandel qui n’hésite pas à nous faire comprendre quand il a mal! C’est déjà ça!

A suivre…