la bergerie

Etape 9: Paraiso Asturias-Ixuxu (communauté)

Nous avons donc quitté le « Paraiso » à la mi-octobre pour nous rendre dans l’autre communauté, celle d’Ixuxu qui se trouvait à quelques kilomètres de là. Nous avons fait une pause de trois jours dans la capitale de la région: Oviedo parce que ma soeur Hélène et sa copine Maëva sont venues passer quelques jours de leurs vacances de Toussaint (et oui les vacances des profs!) en notre compagnie. Nous avons trouvé par chance une auberge bon marché qui avait un petit jardin où nous pouvions laisser les animaux. En pleine ville c’était inespéré! Les habitants du quartier étaient plus qu’étonnés d’entendre Fernandel à côté de leurs grandes barres d’immeubles! Les filles étaient passées par Bilbao et ont fait le voyage en voiture en plusieurs étapes, elles se sont ainsi rendu compte du trajet qu’on a parcouru à pied! On a profité d’être ensemble, on a passé de très bon moments tous les 4 et même si Arthur s’est retrouvé entouré exclusivement de filles (et qu’il se plait à dire que ça a été très dur pour lui!) il s’est lui aussi régalé. Pendant ces trois jours on a découvert Oviedo et rencontré différentes personnes dont un « chico » avec qui nous nous sommes très bien entendu. Il travaille dans une sidreria et il est selecta dans un sound-system reggae qui tourne dans la région. Alors évidemment Arthur et lui avaient énormément de choses à échanger. Le sound-system dans lequel joue Arthur (le Select Hi-Fi) est donc invité à venir jouer dans différents lieux dans les Asturies, en Navarre… Nous avons aussi retrouvé la bande d’amis de Rakel (que nous avions rencontrés lorsque nous travaillions chez elle) à un concert punk-militant-asturien. D’après ce qu’on nous en a dit, les mouvements militants dans les Asturies revendiquent pour une partie l’indépendance de la région face à un gouvernement central espagnol fortement critiqué. En effet, une grande partie du peuple espagnol accuse les politiciens et les financiers d’être à l’origine de la crise économique espagnole et coupable de corruption. Et l’abdication du roi d’Espagne Juan Carlos en 2014 montre l’actuelle instabilité du pays d’un point de vue politique. Bref de nombreux mouvements ont vu le jour ces dernières années ici, en Espagne. Notamment celui du « 15 M » qui a donné le jour au collectif des « indignados » lors du grand rassemblement du 15 mai 2011 qui a eu lieu dans la plupart des grandes villes du pays. Aujourd’hui l’espoir de beaucoup se tourne vers le nouveau parti politique qui a émergé du mouvement: le Parti « podemos ». Seront-ils capables de ne pas céder à la corruption comme ils le prétendent ou pour le moins de rendre les politiques économiques plus humaines? À voir. Auront-ils vraiment le pouvoir décisionnel s’ils arrivent au gouvernement et pourront-ils lutter de l’intérieur contre les intérêts des gros dirigeants (ceux qui gouvernent au-delà des frontières)? On verra bien, en tout cas pour notre part, on ne croit plus vraiment que la solution peut être politique on croit davantage en la révolution intérieure… Bref, je m’égare…

Une autre partie de la protestation des « indignados asturianos » est dirigée vers la gestion des espaces naturels. En effet avec la crise, de plus en plus de personnes qui ne font plus confiance aux banques pour la gestion de leur patrimoine économique achètent des terres pour y planter… des eucalyptus. Le bois se vend bien et surtout il pousse très vite. Donc le principe est simple: ils achètent des terres à bois en général et après avoir tout rasé y plantent des forêts d’eucalyptus. Ces arbres envahissent aujourd’hui une grande partie du paysage asturien en remplaçant par la même occasion les essences indigènes. Ils posent surtout de nombreux problèmes écologiques comme dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest (j’avais un peu creusé ce thème lors de ma recherche au Sénégal). Dans les Asturies, il ne s’agit pas d’un problème d’assèchement des sols (comme ça peut l’être dans les pays d’Afrique où ils sont implantés), la pluviométrie étant très importante dans cette région. Mais le problème est leur effet sur l’appauvrissement en matière humifère, autrement dit le sol devient stérile, minéral, mort. On a eu le temps de prendre connaissance de ces problématiques arrivés ici et peu à peu on en sait davantage.

Après donc ce week-end de découverte d’Oviedo, nous avons quitté avec peine Hélène et Maëva pour reprendre notre chemin. Nous nous sommes ensuite  rendus dans la communauté d’Ixuxu dont on nous avait parlé à plusieurs reprises (et il faut l’avouer, pas toujours de manière positive). La description que nous avions eue sur internet nous avait cependant attiré et les termes « jardinerie divine », « souveraineté alimentaire », « autogestion » et « permaculture » ont titillé notre curiosité et nous avons donc voulu voir ce qu’il s’y passait. De plus, la communauté ayant 25 ans d’expérience nous étions sûr d’avoir beaucoup de choses à y apprendre.

Ixuxu se présente comme une association écologiste fondée en 1990 et qui a pour but principal de récupérer les terres, les protéger de la pollution et de leur destruction en empêchant notamment l’avancée des forêts d’eucalyptus sur le territoire. Elle prône le changement au niveau aussi bien interne qu’externe. Changement des habitudes qui peuvent nuire à nous-même ou à autrui aussi bien dans notre façon de vivre, de consommer que de travailler la terre. Bon, au niveau pratique on se rend compte que ce n’est pas aussi simple…

Lors de notre arrivée à la communauté il n’y avait pas d’autres volontaires wooffing que nous. Des personnes vivent là de manière permanente soit sur les lieux même de la communauté (à la BASE comme on l’appelle) ou dans des logements appartenant ou non à Ixuxu. Mais tout le monde vit près les uns des autres selon des règles de vie communes. Les habitants permanents de la communauté sont Aurelio (fondateur d’Ixuxu et principal propriétaire des terres qui y sont rattachées. Il est le responsable de la gestion des espaces et le principal décisionnaire de la communauté, les décisions principales sont prises par lui bien que tout le monde puisse donner son opinion. Il est la figure d’autorité des lieux et bien que cette position lui soit parfois reprochée il a su mener la barque toutes ces années. L’expérience communautaire qu’il a est incontestable car il est le seul a être là depuis le début et sa vision globale est essentielle à la mise en place de nouveaux projets); Anna, (sa chérie avec laquelle ils ont eu la petite Angela. Ancienne infirmière, et militante écologiste depuis toujours, elle a tout abandonné pour venir réaliser sa vie à Ixuxu, le contact avec la nature et l’amour de la musique en ligne de mire); Ruben (ancien élève de l’ancienne « granja escuela Gaïa » d’Ixuxu, il vient travailler sur les lieux depuis ses années collège et il a découvert très jeune sa vocation et son amour pour l’agriculture et la construction. Il a notamment été formé par Valiente, un ancien de la vallée qui est le professeur principal de la communauté car disposant d’un savoir traditionnel incroyable entre autre sur l’agriculture et la construction. Ruben a vécu un temps avec lui quand il était adolescent et aujourd’hui à 37 ans il a des connaissances très vastes dans de nombreux domaines); Paola, (elle vit là depuis 2 ans et est responsable avec Ruben, son compagnon, de la production des aliments pour la communauté. Elle s’intéresse elle aussi aux plantes médicinales, à l’alimentation consciente, à la fabrication de produits naturels, etc… on a donc beaucoup de choses à partager et elle est devenue une très bonne copine); Valiente est donc l’élement incontournable de la communauté. A 76 ans, il travaille toujours entre 10 et 14 heures par jour, se lève à 5 h du matin et déplace des troncs d’arbres que deux gars « normaux » ne peuvent même pas bouger. Il a beaucoup à nous apprendre et ne manque pas de nous le faire savoir. Il est un des acteurs principaux dans la conservation de la céréale locale appelée escanda car il a retrouvé des semences datant de son arrière grand père (donc vieille de presque 200 ans!) et les a semées et à partir de la petite récolte obtenue il a resemé et ainsi de suite jusqu’à avoir une récolte satisfaisante aujourd’hui. Il a un moulin et nous consommons donc de la farine d’escanda très régulièrement. Nous consommons aussi de la farine de maïs. Nous avons en effet aidé Valiente pour la récolte de cette dernière céréale qui sèche tranquillement et de manière traditionnelle autour de l’horreo prév. Il a un très grand coeur et aide beaucoup Ixuxu pour un bon nombre de travaux. Il possède une grande partie des terres de la vallée et nous avons souvent l’occasion d’aller lui prêter main forte en cas de besoin. Son caractère très marqué rend parfois le travail avec lui difficile, en tout cas pour ceux qui comprennent ce qu’il dit (car il parle le patois asturien et quand il parle castillan il a un accent tellement prononcé que pour des étrangers comme nous c’est extrêmement compliqué de le comprendre, surtout quand il s’énerve… parce qu’on ne le comprend pas!); il y a ensuite Charlie qui est là depuis presque 2 ans, responsable des animaux (brebis et chevaux) il s’est engagé dans le mouvement des indignados depuis le début et se décrit lui-même comme un écologiste anarchiste; Luis est là depuis quelques mois et s’occupe de la manutention des lieux. Il sait fabriquer de nombreuses choses, surtout en bois et il est donc sollicité pour réparer, arranger, fabriquer… ; Inma est arrivée peu après nous mais connaissait déjà les lieux depuis longtemps. Elle vient de Valence et son rêve est de vivre dans la nature entourée d’animaux et de plantes. On est devenues très amies et nous passons une grande partie de notre temps ensemble entre les travaux de la base et ceux au jardin, elle a été désignée responsable de la base et on l’appelle « la tormenta » car elle a un dynamisme débordant et un caractère explosif.

En plus de ces « permanents » de nombreux volontaires sont passés par là depuis que nous y sommes et ça fait maintenant 4 mois! Ce groupe est devenu un peu notre famille et nous sommes désormais très attachés à eux.

Au niveau énergétique, la base est alimentée en électricité par des panneaux solaires de plus de 20 ans d’âge. Elle est principalement réservée aux volontaires c’est un lieu de réunion, l’endroit où l’on mange mais aussi où l’on fait de la musique. La base est aussi un lieu de travail mais c’est principalement là que nous passons notre temps libre.

Les constructions sont principalement réalisées en bois. Il y a une maison de paille magnifique dans le bois et son toit est surprenant car il est auto-porté grâce à l’agencement des poutres de bois. Les murs ont été fabriqués en paille et torchis et enduits avec de la chaux. Le résultat est superbe et c’est sans doute l’habitation qu’on aime le plus sur les lieux (on y a vécu les 3 premiers jours avant d’être envoyés à quelques kilomètres de là  dans notre conteneur dans lequel nous avons cependant plus d’intimité). La cabane dans l’arbre est aussi une construction très réussie, elle a été construite pour la première fille d’Aurelio, Luna. C’est une cabane destinée aux enfants qui est parfaitement habitable mais où tout est à taille réduite à l’intérieur, avec son balcon, ses petits lits en mezzanine, sa petite table à manger (ou à dessiner et à jouer en l’occurrence) et son poêle à bois, elle n’a rien à envier aux autres habitations du lieu. Sur le site, il y a des ateliers construits eux aussi en bois. Certains des ateliers ont été un peu abandonnés comme par exemple celui de céramique qui sert aujourd’hui de lieu de stockage pour les aliments. Le plus grand projet de construction a lui aussi été un peu abandonné, en tout cas pour le moment. Il s’agit de la construction d’un bâtiment sur 2 niveaux pour accueillir une école naturaliste dans l’avenir. Cela fait quelques années que l’association ne reçoit plus de subventions pour la ferme-école Gaïa qui a existé durant pratiquement 20 ans et qui faisait réellement vivre le lieu par la présence de nombreux enfants et animateurs. Les mouvements des personnes dans la communauté font que c’est à chaque fois un éternel recommencement. Les projets naissent, puis meurent pour en accueillir de nouveaux.

Nous, nous sommes considérés comme des « volontarios especiales » car nous restons longtemps et avons une « suite de luxe » chauffée et indépendante. Nous vivons en fait dans la forêt dans un conteneur à bateau réaménagé. Nous avons donc le bénéfice d’un nid en dur ce qui nous change de la toile de tente. Nous n’avons pas l’eau potable ni chaude mais nous avons l’électricité dans notre chambre.

Dès la première réunion on nous a dit que nous pouvions rester ici le temps que nous souhaitions, que nous sommes tout à fait le genre de personnes dont ils auraient besoin ici. Gladisse et Fernandel ont un pré rien qu’à eux où Arthur a construit une petite cabane pour qu’ils soient protégés de la pluie. Paola m’a proposé de réaménager le jardin de médicinales, Arthur s’est vu proposer de se joindre aux projets de construction du site. Nous avons donc accepté l’invitation avec plaisir et avons décidé de rester sur les lieux pour passer l’hiver et éviter ainsi de vivre et dormir dehors dans cette région froide et montagneuse. Un lieu fixe, un accès à l’eau chaude et un toit en dur, ça nous change. Mais il faut reconnaitre qu’on se réhabitue très vite au confort!

Au début de notre séjour à Ixuxu nous travaillions pas mal au jardin. Il y a deux jardins potagers principaux et un petit sensé être celui des plantes médicinales (un peu à l’état d’abandon et que je suis donc en train de réhabiliter). Puis arrivée la période de la pluie (les Asturies sont souvent appelées la Bretagne espagnole) nous avons commencé d’autres activités. De mon côté j’ai transmis une partie de mes connaissances aux filles (Inma et Paola) et ensemble nous avons composé des paniers de noël garnis de produits naturels comme savons écologiques, pommade de consoude, sels de bain, sticks à lèvres. Cela fait déjà plusieurs années que je compose des paniers de ce genre pour les fêtes avec mes produits, j’ai donc donné mes recettes et enseigné les techniques de fabrication aux filles qui pourront continuer l’activité après mon départ. Je fabrique aussi entre autre du dentifrice, des pains à l’ortie et m’occupe des différentes tâches qu’on me donne. (J’ai d’ailleurs une nouvelle recette pour mon dentifrice que je fais maintenant avec de l’argile blanche plus douce et plus respectueuse des dents et des gencives que la verte. Tout le monde l’apprécie à la communauté. J’y mets donc de l’argile blanche et comme d’habitude je la mélange à une infusion de thym puis j’y ajoute de l’huile d’olive pour que ça soit plus doux, du sel et de l’huile essentielle de menthe poivrée.)

Nous avons donc passé noël à Ixuxu. Je me disais que ça serait la première année que je le fêterais loin de la famille… Mais finalement c’est la famille qui est venue le fêter ici avec nous! On a donc eu le plaisir d’accueillir ma maman, mon beau-père et pour la deuxième fois ma soeur! On a passé un moment super et ça m’a fait un bien fou de les avoir avec nous. On a fêté noël avec Luis et Charlie et la famille à la base, les autres ayant rejoint leur propre famille pour l’occasion. Merci donc beaucoup à vous d’être venus!!!

Les beaux jours arrivent donc les activités agricoles proprement dites peuvent enfin reprendre et ça fait du bien, le contact avec la terre me manquait. Je travaille aussi la laine. Nous avons eu droit en novembre à la visite d’une ancienne d’Ixuxu qui nous a appris les techniques pour laver, carder et filer la laine, ce qui n’est pas un boulot facile. Nous avons toute la laine coupée au printemps dernier (car elle ne peut pas être conservée plus d’un an)à préparer avant la tonte du printemps qui vient. C’est moi qui m’en occupe principalement et je commence à bien maîtriser le lavage et le cardage. Pour le filage c’est une autre paire de manche. C’est de la pratique et de la pratique, et il faut être trèèès patient pour apprendre. J’apprendrais ça plus tard.

Arthur quant à lui apprend beaucoup aussi. La gestion de l’environnement, forêt, culture des près, compost, le travail du bois(de la poutre à la sculpture), énergie solaire, agriculture traditionnelle, construction mur en pierre, techniques du bâtiment, charpente, toiture etc… et surtout vie communautaire…

Donc durant le plein hiver les activités étaient plutôt liées à de l’artisanat, de l’entretien et de la construction. Bien sûr les animaux eux ont besoin d’attention et de soin à toute saison donc l’activité d’élevage était aussi une des principales. L’entretien des zones de pâturage a également été une activité prédominante cette période hivernale ainsi que la taille des arbres et l’entretien des espaces en général.

En ce qui concerne l’agriculture, les techniques employées sont davantage les techniques traditionnelles transmises par Valiente que celles de la permaculture. Et Paola qui est responsable de la production d’aliments est à ses début donc est un peu à la phase test. Je dois avouer que j’ai été un peu frustrée quelque temps ayant l’impression de ne rien apprendre ou très peu. L’impression de ne pas vraiment avancer, voire même de régresser sur certains aspects. Les vieilles mauvaises habitudes reviennent et la façon de consommer ne correspond pas exactement à ce à quoi j’aspire. Je suis sans doute un peu extrémiste et responsable aussi de cette situation. Mais foutaise! j’ai énormément appris, premièrement appris sur moi car vivre en collectivité est loin d’être une chose facile! Nous avions quitté une colloc avec certains problèmes et nous nous rendons compte que ce sont absolument les mêmes qui reviennent sans cesse. Nous avons donc bien avancé dans la résolution des conflits (enfin surtout moi car Arthur possède un don tout naturel pour ça et donne l’impression qu’absolument aucun conflit ne l’atteint, certains dans la communauté, moi la première reconnaissent avoir énormément à apprendre de son comportement). De nouvelles techniques apparaissent comme celle du bâton de parole (tradition native-américaine) qui permet à chacun de s’exprimer à son tour sans être coupé et en étant en confiance avec le reste du groupe. Nous apprenons donc énormément chaque jour et nous sortirons d’ici grandis et en distinguant un peu mieux ce que nous voulons pour le futur. Nous sommes un peu peinés de ne pas avoir rencontré de guérisseurs. Valiente nous dit que les anciens sont tous morts dans la vallée et que leurs secrets sont morts avec eux. Peut-être aurons-nous plus de chance en Galice? À Ixuxu nous avons d’autres choses à apprendre. La vie collective dans la paix et le travail sur soi que l’on mène chaque jour est la base de l’itinéraire d’un autre soin, pas à pas cette conviction se renforce et nous avons pleinement confiance en la vie et au chemin qu’elle nous offre de suivre.

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