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Étape 10: Ixuxu-Santiago (aventure)

4 mai 2015: Nous sommes partis il y a maintenant deux semaines d’Ixuxu une boule dans la gorge de quitter nos amis mais une grande hâte de retrouver notre vie nomade. Avant le re-départ nous avons réalisé des entretiens vidéo avec le groupe de Pola de Sierro qui a investi l’ancien abattoir pour en faire un centre social où une grande diversité d’activités est proposée. Nous avons parlé avec Manolo (fondateur du lieu) qui a expliqué avec force l’esprit du lieu qui est avant tout un centre ouvert sur les diversités. La culture Gitane et Romani y est bien représentée ainsi que toutes les autres cultures qui peuvent être (en temps et lieux plus communs) quelque peu marginalisées. Ainsi cet espace comme me l’a bien fait comprendre notre désormais ami Manolo est avant tout un lieu ouvert où tous peuvent exprimer leur créativité.
En quoi s’agit-il d’un « autre soin »? C’est bien sûr avant tout un moyen de rapprocher les gens, de les ouvrir les uns aux autres dans un espace commun. Rencontre entre les générations: jeunes, ados, adultes et séniors se retrouvent et participent aux mêmes activités (on a ainsi participé par exemple aux cours de boxe de notre ami David avec des gens de tout âges et tous niveaux). Il y a des ateliers de couture oú ce sont surtout les femmes Gitanes et Romanies qui viennent utiliser les machines à coudre disponibles sur les lieux et s’essayer au stylisme et à la couture créative (j’ai ainsi vu sur place de très diverses créations: de la robe de marier au tableau patchwork). Il y a des ateliers de cirque, une bibliothèque commune, une garderie, una « tienda libre » (friperie gratuite), une salle de concerts salle de débat, salle de soutien scolaire… Et bien sûr tout cela gratuit et ouvert à tous. Ils retapent aussi certains quartiers en reprenant les traditions d’antan : les « sestaferias » qui sont en fait des travaux effectués en collectivités aux bénéfices des habitants, de tous et de chacun: les rues, les batiments communaux… L’objectif: reprendre en main ses rues et ne pas attendre derrière les politiques en râlant, mais agir! Enfin, un endroit génial dans lequel nous sommes allé plusieurs fois lors de notre séjour Asturien et dans lequel nous avons toujours été accueilli avec beaucoup de chaleur. Des punks, des Gitans, des « hippies », des clowns, des poètes s’y retrouvent, tous avec l’envie de faire avancer les choses et de rendre leur ville plus agréable!! Un autre soin donc: celui de la ville et du quartier, un soin collectif.

Nous avons finalement rencontré des guérisseurs dont notament une amie d’un de nos compagnon d’Ixuxu (Javier) qui est magnétiseuse, guérisseuse et aussi artiste peintre. Elle pratique le soin avec les archétypes technique qui sera plus détaillée dans le carnet de voyage final. Elle est vraiment sur le même fil de guérison qu’Arthur. C’est lui qui en a fait l’interview et il saura décrire mieux que moi les techniques qu’elle emploie. Ces interviews seront aussi incluses dans le petit reportage final.

Nous avons aussi rencontré un vieux guérisseur dont on nous avait dit beaucoup de bien à Ixuxu. On est donc allé le voir pour une séance ainsi qu’une interview s’il acceptait… Et bien on n’a pas été déçu du déplacement! Enfin si, mais ça valait le coup d’oeil! Il a sans doute réussi à soigner beaucoup de monde mais il ne nous a pas convaincus du tout. Il nous est apparu comme un individu étrange (exubérant, peu attentif, en représentation plus qu’en soin et paraissant préoccupé) qui ne nous laissait pas dire un mot quand il affirmait des choses (généralement fausses) sur notre état de santé, nous a tordu dans tous les sens affirmant savoir de quoi nous avions besoin, essayant plutôt de nous en convaincre… Bref je suis reparti avec un affreux mal de dos, Arthur était un peu agacé de s’être fait prendre ses sous par un « charlatan ». On est donc reparti avec une note salée et une ordonnance sans fin (6 à 8 cachés chacun par jour à prendre pendant 2 mois) sur laquelle il était notamment prescrit un médicament fabriqué à partir d’ailerons de requin, il était donc pour nous hors de question de suivre quoi que ce soit de cette ordonnance… mais finalement avec un peu de recul on a été bien contents de vivre une expérience comme celle-ci et nous n’avons qu’un regard très subjectif sur ce qui s’est passé…
Bref pour un autre soin c’était un autre soin! Mais, s’il convient sûrement à certains (mais sans doute pas à beaucoup: le cabinet était désert et nous avons tout de suite pu prendre un rendez-vous… bizarre pour une grande ville) il ne nous a pas du tout convaincus, ça c’est sûr!

Nous avons aussi réalisé un émouvant entretien avec Aurelio, fondateur d’Ixuxu, qui nous a expliqué avec force conviction ce qu’était pour lui le soin de la Terre et des Hommes. C’était un super moment et étant la veille de notre départ, une très belle conclusion de notre aventure communautaire Asturienne.

Nous avons fait une fête d’au revoir génial où tous les ingrédients étaient réunis pour passer un excellent moment: danse, musique, chant, bonne bouffe, bonne humeur et tous les copains!

Et le 20 avril, nous sommes parti. Les animaux supers contents de reprendre la route et à fond! Nous très contents aussi de reprendre notre rythme de totale liberté. Nous sommes passé voir la famille d’Arthur près de Grado et nous avons ensuite rejoint la côte Atlantique oú nous avons retrouvé les sublimes plages avec la plus grande joie! Nous y sommes actuellement (à côté de l’océan) et nous avons même quitté les asturies pour arriver en Galice!!!

14 mai 2015: Nous sommes actuellement à quelques kilomètres de Santiago de Compostella et nous avons un peu changé notre itinéraire et nos plans. Nous n’irons pas jusqu’à Fistera et nous descendrons vers Ourense dans un village abandonné dans les années 70 et réhabilité par une communauté et où nous avons été très gentiement invité. Nous avons de nombreuses adresses de producteurs de plantes médicinales à aller voir dans la région de Pontevedra, toujours en Galice. Nous avons prévu aussi de participer à une cérémonie Ayahuasca menée par un ayahuasquero formé et originaire d’Amazonie péruvienne. On nous avait parlés d’eux (car c’est un couple qui organise ces cérémonies) au pays Basque et nous les avons contactés, une cérémonie a lieu en mai et nous allons participer à celle de juin. Nous irons ensuite rejoindre la communauté « casa colorida » à Nigran qui est plutôt une association culturelle. Elle se trouve à Nigran, ville très proche de la frontière Portugaise. Nous irons donc par la suite au Portugal où nous resterons quelques semaines.

Nous sommes donc arrivés à Santiago, et avons juste avant rejoint l’autoroute des pèlerins que représente le Camino Frances. Cela nous a vraiment fait un choc de nous retrouver avec cette foule dans ces petits chemins de terre. Nous avons pu observer la compétitivité du marcheur pressé que nous ne connaissions pas sur le chemin du nord que l’on a alors beaucoup regretté. L’arrivée à Santiago a été une expérience magique et beaucoup plus émouvante que ce qu’on pensait. On ne s’attendait pas à ce que ça nous fasse ça d’arriver là où toutes les flèches et coquilles nous dirrigeaient depuis le début de notre épopée. Arrivés sur la fameuse place devant la cathédrale où sont conservés les fameuses reliques c’est donc tout émotionnés que nous avons félicité les animaux et nous-même d’être arrivés jusqu’ici. Peu d’ânes et de chiens l’ont fait jusqu’au bout et Gladisse, d’après les renseignements qu’on a obtenus sur place est la toute première chèvre pélerine resensée!! On était très fiers d’eux. On a même participé à la messe du pèlerin, bien que ce type de cérémonie nous soit totalement étranger à Arthur et moi. Et bien finalement, nous avons apprécié cette messe et surtout le fameux lancé d’encens qui a lieu à la fin. Moment que tout le monde attendait à en croire les nombreux téléphones protables et appareils photo restés en veille pendant le sermon et tous dégainé au moment T. On est ensuite allé voir les reliques et enlacer la statue de San Tiago. Nous avons tous deux ressenti beaucoup de choses, peut-être était-ce des présences ou bien notre émotion d’être arrivés jusque là ou les énergies des pelerins passaient avant nous. Ou encore tous cela mélangé. En tout cas faire le chemin c’est un monde à part, ce pèlerinage nous a beaucoup apportés et même si au départ nous le considérions avec quelque peu de mépris n’étant pas notre objectif final aujourd’hui nous le respectons et connaissant sa force.

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