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Étape 14: Cérémonie Ayahuasca et fin du voyage …

Je pars à 5h du matin, je descends à pied la montagne pendant 1h15 pour aller prendre un bus qui ne sera pas au rendez-vous. Après m’être arrangé avec un autre chauffeur , 3 changements et 2h15 de route, j’arrive enfin a Porto. Il me faudra faire encore une heure de métro pour arriver à l’aéroport. Je prends l’avion (non sans trac, cela faisait 20 ans que je ne l’avais pas pris) et je survole notre périple de 15 mois en 1h30.. Wow.. J’arrive à Toulouse, les parents d’Adeline m’accueillent et m’ont amené notre voiture. Je dois encore aller chercher la remorque à 1 heure d’ici et la ramener chez eux où je passerai la nuit. Je n’ai pas condui depuis loooongtemps et chargé d’une remorque après 12h de voyage intensif ça fait drôle..

Je dors 4 heures et repars avec la remorque direction Portugal ! Après 14h de route et 1200 km parcourus j’arrive à destination, il nous faut encore préparer la remorque pour le voyage des animaux , ranger notre campement et tout charger. Nous passons notre dernière soirée avec nos amis chez Isabelle puis nous tombons de fatigue, c’est notre dernière nuit dans la tente ! Le lendemain nous partons tôt, nous avons la chance de voir Isabelle avant notre départ. Nous prenons la route, Adeline fait quelques centaines de mètres de chemin dans la remorque avec les animaux pour les rassurer.

Cela nous a fait une étrange sensation de prendre un véhicule. Notre arrivée en Navarre était prévu pour le 14 août date du début de la cérémonie Ayahuasca. Se dire qu’en deux jours nous allions parcourir ce qui nous avait pris près d’un an était un peu décalé avec notre réalité. Nous avons bien expliqué à nos compagnons quadrupèdes ce qui allait se passer. Bayat était déjà habitué à la voiture, il avait de plus une place de luxe à l’arrière alors que les deux compères étaient dans la remorque sans nous. Notre Fernandel est si petit que nous avons dû l’attacher par le bât de tout côté afin qu’il ne bouge pas trop dans tous les sens, la petite Gladisse quant à elle pouvait s’allonger tranquillement dans le foin que nous avions coupé avant de partir. Assise dans son assiette, tout ce qu’elle aime!

Nous sommes repassés par de nombreux endroits que nous avions déjà traversés à l’aller et durant lequel nous avions pesté contre cette autoroute bruyante et dévoreuse de paysage. Et bien nous l’empruntions à présent et les semaines passées nous les avalons maintenant en quelques dizaines de minutes… Ha lala, le monde et ses contradictions! C’était un peu comme une remise en mémoire, comme si nous parcourions les pages de notre carnet voyage, un mélange de joie et de nostalgie.. Nous nous sommes arrêté sur la plage Asturienne du village de ma grand mère pour y passer la nuit. Les animaux ont fait bonne route. Nous profitons de ces derniers instants, chaque seconde est dégustée. Au petit matin, après une dernière baignade, dernier contact avec l’Eau-céan, longue méditation dans ce lieu sauvage , espace clef de notre voyage, nous repartons direction le pays basque !

Nous reprenons la lecture de notre carnet de voyage puis nous nous écartons dans la montagne pour y réécrire les dernières pages. Nous grimpons, nous grimpons et au fur à mesure la vue s’ouvre. Nous renouons donc avec les vastes paysages, les petites routes et le charmes du monde rural. Nous arrivons enfin à « Salinas de Oros ». Nous trouvons la maison où se déroule la cérémonie, nous rencontrons les convives mais apparemment l’espace pour les animaux n’a pas été prévu alors que c’est bien une des premières choses que nous avions précisé. Je pars donc dans le village demandant aux voisins qui pourrait nous prêter un champs pour le week-end.. après deux ou trois rencontres on m’a indiqué l’unique petit bar du village. J’explique la situation, le voyage etc… Le barman un grand basque comme on peut se l’imaginer me regarde avec de grand yeux! Il reste un peu bouche bée.. Lorsqu’un jeune d’une trentaine d’année , comprenant la situation, me prend par l’épaule et m’emmène dehors avec entrain « met les là tes animaux ! C’est à personne et à tout le monde ici ! Ils ne craindront rien !  » et il me montre une place d’herbe de l’autre côté de la route qui sert de parking pour certain.. C’est parfait ! Je suis rassuré, la cérémonie peut enfin commencer..

Nous faisons tous connaissance, nous sommes une quinzaine. Nous sommes accompagnés par César qui a été initié en Colombie pendant de nombreuses années ainsi qu’une facilitante – psychothérapeute, Laura, qui elle aussi a été initiée et possède une formation spéciale pour l’intégration de telles expérience. Je vais m’efforcer d’insister sur le fait que cette cérémonie est une thérapie complète , très profonde et que les mots ne suffiront pas à la décrire. Elle n’a rien à voir avec quelque chose de récréatif. C’est une médecine à tous les niveaux de l’être, un enseignement direct avec la plante, son usage se fait depuis la nuit des temps. Bien que mes mots peuvent vous paraître farfelus, sachez que j’ai bien les pieds sur Terre et qu’il est difficile de transmettre une expérience chamanique. Je vous invite donc à vous renseigner sur le sujet afin de compléter mes propos tout en sachant que seul l’expérimentation personnelle pourra vous conduire là où nous avons été conduits. Je vais donc vous décrire les différentes étapes de la cérémonies avec certains effets cependant l’ensemble de nos visions ne sera transmit que dans notre carnet de voyage.

L’Ayahuasca a été découvert par les guérisseurs dans la jungle Amazonienne il y a des milliers d’années. Il s’agit d’un breuvage élaboré en combinant deux plantes , Ayahuasca et Chacruna, qui dans l’eau bouillante, se transforment en un «thé» ou un sirop à la consistance de miel. Les propriétés visionnaires et curatives de ce remède ont donné à la plante le titre de «maître », car elle enseigne, démontre, clarifie, et le titre de «pouvoir », car elle nettoie, soigne et libère. Pendant des siècles, les indigènes l’ont utilisée pour conserver un état de pleine santé et en prévention des maladies. Ils en prennent toutes les semaines ou tous les 14 jours pour maintenir leur état de bien-être physique. Ce remède est également utilisé pour élargir la conscience qui conduit à une connaissance très précise de la vie, la nature et l’existence, et aide aussi à prendre les décisions du quotidien.

La cérémonie commence à 20h. l’atelier de préparation commence en ciblant la désactivation des mécanismes inconscients qui bloquent fréquemment l’accès à une expérience fluide et relâchée. chacun exprime ses motivations. César le maitre de cérémonie, nous présente l’association, son rapport avec la liane Ayahuasca cultivée en Colombie et sa préparation avec les guérisseurs locaux, la manière dont elle agit, le travail et la récolte sont difficiles et prennent des jours et des nuits entières. Ils nous explique qu’il y a différentes écoles traditionnelles. César nous montre les techniques qui mettent à l’aise pour vomir, car comme je vous l’ai dit, l’Ayahuasca n’est pas une drogue récréative, c’est une médecine qui sert en premier lieu à évacuer les nœuds et les toxines qui empêchent de recevoir la vision.

Il est plus de 21h tout le monde fatigue et attend depuis longtemps. César nous donne une macération très amère à mettre derrière les dents,  » l’ampi « , mélange de tabac, sauge et cendre de volcan entre autre, qui va relaxer le cœur et ensuite le  » rampé » , une préparation à peu près similaire mais poudreuse qu’il nous insuffle dans les narines à l’aide d’une paille, cette préparation sert à détendre l’esprit. Nous nous assoyons , chacun son espace mais tous ensemble, la cérémonie se déroule les yeux fermé afin de favoriser l’introspection car celui qui regarde dehors s’échappe, alors que le temps est à l’intériorité.. Nous méditons en attendant l’Ayahuasca afin de nous préparer totalement et nous ouvrir pleinement à cette expérience.

Les effets des préparations se font sentir et nous buvons enfin la macération. Ce soir, c’est la session de « découverte avec la plante ». Il y a différentes possibilités, il y en a qui ne prennent rien, ou alors une prise, avec la possibilité d’un renfort par la suite ou alors encore deux prises. Nous commençons par une prise.. Les effets se font sentir au bout d’une demi-heure et tout va aller très vite, je me rappelle avoir été surpris par la ressemblance extraordinaire avec les documentaires que j’avais déjà vu sur le sujet et les reconstitutions des visions qui étaient faites.

J’ai ressenti le travail commencer, la présence me parcourir, m’attraper l’intérieur du ventre et me faire vomir les impuretés qu’elles soient physiques, émotionnelles ou au-delà. Puis le voyage a commencé, formes, géométrie, fractales, couleurs, soin énergétique, communication avec l’esprit de la plante , enseignements, visions vécues, onctions, serpent à plume, aigle multicolore, cabane de bambou, Amazonie, Vie, Nature, etc.. Au moment du renfort, mon corps me dit stop, je suis courbaturé des vomissements et des nombreux aller-retour aux toilettes pour les diarrhées, c’est comme si j’étais en plein mal de mer et que l’on me proposait de faire du grand 8 .. Mais l’esprit lui veut se connaître alors je surmonte et prend le renfort, dans toute introspection il y a quelque chose de guerrier.

En fonction des besoins de chacun, le facilitateur déterminera la dose requise. La dose souhaitée par le participant est prise en considération par le facilitateur en charge, mais ne sera pas décisive. Certaines personnes qui prennent part aux retraites ne reçoivent pas d’Ayahuasca pour des raisons spécifiques – c’est le facilitateur en charge qui en prend la décision – ce qui n’empêche pas ces personnes de participer aux sessions. Il n’est pas nécessaire de prendre les doses minimales pour participer. L’important dans ces retraites n’est pas la “prise d’Ayahuasca” mais le processus psychothérapeutique qui s’en suit.

J’attends que cela remonte mais je vais rester entre deux eaux, je suis trop fatigué pour partir et je suis trop barbouillé pour dormir alors je flotte entre deux mondes lorsqu’Adeline me réveil pour m’annoncer que l’on va clôturer la séance. César passe auprès de chacun de nous avec de l’encens et des bouquets de sauge tout en aspergeant d’une eau florale préparée et odorante. Il nous a chanté l’Amazonie et nous y étions en plein cœur maintes et maintes fois.

Le lendemain je me lève assez tôt, je pars voir les animaux, ils vont très bien, je me remets de cette expérience extraordinaire, intègre les enseignements qui m’ont été donné, je retourne dans la maison et commence à discuter avec les autres et je m’aperçois que j’ai eu de la chance car pour la plupart cela a été moins intense et même pour certain, il ne s’est rien passé, comment est ce possible?… Je comprends donc que nous ne sommes pas égaux face à la vision et qu’un certain état est nécessaire. Cette notion va se développer par la suite. « Le professeur ouvre une porte mais c’est à l’élève de la franchir ».

Nous prenons le petit déjeuner puis nous attaquons l’atelier d’intégration thérapeutique. Chaque participant raconte son expérience pendant que le facilitateur pose une série de questions qui généreront des réponses pouvant s’appliquer de manière pratique dans la vie quotidienne. Notre facilitateur, Laura , a une expérience en psychologie et Ayahuasca très efficace ! Elle va droit au but et profondément dans le soin. L’accent est vraiment mis sur le pourquoi des blocages et l’application de l’expérience dans le quotidien. C’est un point clef de cette cérémonie.

Les différentes personnes viennent pour différentes raisons comme guérir de traumatismes, se libérer de dépendances ou vivre une expérience mystique ou spirituelle – comme un voyage astral. Le travail ne se fait pas avec l’Ayahuasca mais avec la Conscience. L’Ayahuasca est l’outil par excellence qui est utilisée pour éveiller la conscience de l’être humain. L’Ayahuasca est un déclencheur biochimique dans le processus de « prise de conscience », mais ce n’est pas l’objet du travail proposé.

L’après midi après une bonne sieste réparatrice nous faisons des exercices et jeux « thérapeutiques » à plusieurs, c’est très agréable, une grande complicité se crée rapidement, nous avons la chance de partager de très bon moment avec un super groupe. La nuit tombe, nous allons recommencer. La présentation ayant été faite la veille c’est avec moins d’appréhension que nous commençons, en plus nous avons pu nous reposer, nous sommes fin prêt pour profiter au maximum de cette expérience.

Après que César nous ai lavée l’aura avec de bouquets de sauges et le souffle, après le rampé et l’ampi, la première prise a lieu et une demis heure plus tard de nouveau la géométrie, le soin émotionnel par dragon, fractales infini, buddha, anatomie, chakras, universalité, immensité, connaissance de soi, extase, hiérarchie céleste. Je finis cette fois en pleine forme, je trouve ça presque un peu soft comparé aux enseignements de la veille mais j’ai par contre bénéficié d’un soin extraordinaire. Mais la plante soigne et prépare à l’expérience. C’est donc avec une grande joie que je prends la seconde prise, elle commence doucement puis là l’expérience chamanique prend un tout autre sens. Rencontre avec l’Ayahuasca, courtoisie, yeux, félicité, créativité fractale sphérique , nature de l’Esprit, libre pur et créatif, dialogue maitre disciple, accord, 3° œil, projection futur, lien hiérarchique esprit-matière, extase et jouissance, dialogue avec les morts, passage et libération. Je remercie et dit au revoir à la plante. Je sent ma que glande pinéale est très sollicité. Nous clôturons la séance.

Le lendemain nous continuons nos échange sur la veille, je suis ravi de voir que ceux qui étaient un peu bloqué la veille se sont ouverts et ont eu droit à de belles expériences. Lorsque je raconte les miennes les autres sont un peu estomaqués, c’est ce qu’ils auraient voulu avoir, c’est peut être le fait que je avais limité les toxines dans mon corps en ne fumant pas, ne buvant pas d’alcool, un régime végétarien, le travail sur l’acceptation, différentes choses qui j’en suis sûr favorisent une bonne expérience. Lorsque les autres demandent pourquoi ils n’ont pas eu ça, Laura explique que nous avons tous notre temps et notre chemin. La cérémonie se termine, nous devons nous dire au revoir, nous avons été un super groupe et l’expérience a été extraordinaire, au-delà de nos espérances, quoi de mieux pour clôturer ce voyage, décidément, du début à la fin, la providence nous aura accompagné.

Nous chargeons les affaires, faisons monter les animaux qui se sont régalé pendant ces deux jours puis reprenons la route pour ces derniers kilomètres. C’est parti pour 8h de route, on roule bien, on se rapproche de la frontière puis c’est le moment, nous y voilà, le retour en France , plus de 12mois que nous étions partis, à la première aire d’autoroute c’est le choc, la langue française, le peuple français, les médias.. Nous y sommes, il va falloir être fort et se réadapter..

Nous arrivons juste avant la nuit, pile poil pour que les animaux voient où ils dorment.. Le lendemain j’apprendrai que Fernandel et Gladisse ont tous deux signé un contrat avec la ville en tant que débroussailleur dans le parc d’un ancien couvent. Aujourd’hui Gladisse a un chérie qui s’appel « Pantoufle » et dans quelques jours elle devrait agrandir la famille.

Les images que vous trouverez dans ce diaporama traduisent parfaitement les visions que l’on peut obtenir avec l’Ayahuasca. Cependant elles n’en traduisent qu’une infime partie, un peu de la même manière qu’une photo aérienne traduirai un saut en parachute.

Belle récolte!

ÉTAPE 13: ECOALDEA ESPIRAL-ARNOIA (PRODUCTEURS DE PAM)

Nous avons donc quitté l’écoaldea contents comme toujours de revenir à notre rythme de nomades mais dans un état d’esprit un peu différent. C’est en effet les derniers pas que nous réalisions… Les dernières montagnes à franchir, les derniers moments avec nos animaux comme compagnons de marche, les derniers obstacles, derniers campements. Derniers en tout cas pour ce voyage-là. Parce que cette expérience nous la réitérerons sans aucun doute. L’appel de la route se fera bientôt sentir, on en est persuadé.

REMERCIER

Nous avons profité de cette dernière étape pour remercier. Remercier tout et chaque chose. Du brin d’herbe qui avait nourri nos animaux ou accueilli notre couche au nuage qui nous a mainte fois protégé du soleil ou fait venir la pluie quelle que fut la manière dont on l’a accueilli.
Nous avons remercié chaque personne que nous avons croisée. Chaque individu quelque soit ce qu’il nous a apporté. Qu’il nous ait donné un logement pour la nuit, un peu de foin pour nos animaux, de quoi boire ou manger, donné un sourire, un rire, raconté sa vie en marchant un peu a nos côtés, son enfance, ses larmes d’émotion, de joie, sa colère parfois ou même son dédain. Car au fond tout cela nous a formés, forgés à ce que l’on est devenu. Nous avons remercié ceux qui ont pris un peu de leur temps pour s’arrêter un moment dans leur vie, pour nous encourager, nous décourager, nous photographier, nous courir après, appeler leur mère, sœur, grand-mère, tante, petit-fils, afin de voir ensemble le spectacle de cette étrange famille qui voyage avec sa drôle de caravane. Certains n’ont pas communiqué mais ont juste ralenti leur voiture pour ne pas effrayer les animaux, nous effrayer ou nous mettre en danger. Ceux qui n’ont pas ralenti, on les a aussi remerciés, après tout…
Nous avons remercié les arbres pour nous avoir eux aussi accueilli chez eux pour dormir, siester, attendre que la pluie se calme, manger un de leurs fruit, accroché notre bâche a une de leurs branche ou prêté leurs feuilles pour aller au petit coin ou faire la vaisselle. Merci aux plantes de nous avoir nourri et alimenté tout au long du chemin, merci à elles d’être ce qu’elles sont et de nous avoir étonné sans cesse de là où elles pouvaient pousser comme quoi la vie peut tout et la volonté est en chaque chose. Merci aux nombreux animaux croisé en chemin, aux chiens, aux chats, aux chevreuils, sangliers, chevaux, vaches, brebis, oiseaux merveilleux, poissons, insectes en tous genres, limaces du matin se glissant dans nos chaussures, ânes voisins faisant crier le nôtre toute la nuit nous empêchant ainsi de fermer l’œil, cigognes magnifiques, salamandres colorées, moustiques, mouches troubleuses de sommeils diurnes, lapins, renards compagnons silencieux solitaire et intrigant, loups rôdeurs nocturnes que l’on savait proches et qui nous ont tenu des nuits durant en alerte.
Nous avons remercié tous les éléments. Le feu bien sûr qui nous a réchauffés, permis de cuire nos aliments mais surtout feu du soleil qui nous a chauffé le corps et l’esprit. Soleil qui nous a parfois joué des tours et souvent fatigués mais qui était là, brillant, merveilleux, qui nous donnait la notion du temps et de l’espace, qui nous séchait lorsque la pluie avait frappé fort. Nous avons remercié l’eau, l’eau vivifiante, vitale, et si importante à tout moment. Cette eau qui a dirigée une grande part de notre chemin, nos points d’arrêt, notre état de propreté (ou de saleté) l’état des animaux, c’est elle qui décidait du menu, du brossage de dent du matin (ou non) des heures de marche à faire dans la journée, des journées de poses que l’on pouvait s’accorder.
Nous avons remercié l’air joyeux parfois violent, qui accompagné de pluie pouvait ralentir nos pas ou les accélérer. L’air changeant qui porte en lui l’odeur de ce qui nous entoure. Cet air qui fait chanter l’eucalyptus la nuit, qui fait claquer la bâche, qui nous sèche ou peut briser notre vulnérable tente. L’air duquel on se protège, ou que l’on cherche après un gros effort.
Merci enfin à la terre, celle qui nous a portés, qui a fait raisonner nos pas, que l’on était tellement heureux de retrouver après un passage bitumeux. La terre qui a nettoyé notre âne qui prenait à chaque pose un plaisir fou à s’en couvrir. Mais nettoyer notre âme aussi. Cette terre qui est la base du voyage, la flouer, la comprendre, la travailler, la sentir, la protéger, l’aimer, la servir.
Merci enfin a la vie, à notre étoile, notre ange, ou peu importe son nom. Merci de ta présence, d’avoir été là, d’avoir écouté nos prières, de nous avoir mis là où nous devions être, d’avoir récompensé systématiquement nos efforts, de nous avoir consolé dans nos doutes, nos peur, nos pleurs, nos joies, nos bonheurs. Pour tout cela MERCI.

ARNOIA
Chaque pas était donc important et le dernier jour nous avons pris une mauvaise route comme si la route elle-même ne voulait pas nous quitter. C’est grâce à trois dames Portugaises qui nous ont pris en pitié que nous avons finalement fini par trouver. Après nous avoir dit à plusieurs reprises qu’il ne fallait pas faire ça: partir à pied quelle idée, vous allez avoir des problèmes! on leur a bien expliqué que c’est la fin du voyage et qu’après quinze mois de marche vous savez mesdames, se tromper de routes n’est pas vraiment un problème… Enfin toujours est-il que c’est avec la bonne humeur de ces charmantes portugaises que nous sommes finalement arrivé sur la bonne route et à notre ultime étape.

Ce fut une brève expérience, de plus Arthur est vite parti pour aller en France récupérer la voiture, louer une remorque pour ramener toute la petite famille en engin motorisé. Oui oui, ceux que nous avions jusque-là évités!
Dans ces montagnes portugaises, desquelles nous pouvions voir la pyramide qui ne nous a pas quittés depuis quelque temps (nous la voyions de l’autre côté cette fois), il y a une productrice de plantes aromatiques, médicinales et de fleurs comestibles. C’est Isabelle. Le peu de temps resté sur les lieux et son planning chargé ont fait que nous n’avons malheureusement pas pu la connaitre comme nous aurions aimé le faire. Les échanges que j’ai eus avec elle ont été cependant très profond et c’est une personne très forte avec une belle énergie, jusqu’au-boutiste et touche-à-tout. Elle est copropriétaire d’un terrain où elle cultive notamment la lavande et la rose qu’elle distille ensuite. Elle produit donc de l’huile essentielle de lavande (et hydrolat) et de l’hydrolat de rose. Elle vend dans les restaurants des fleurs comestibles. Elle a une vie chargée et compliquée qui fait qu’elle ne peut pas tout gérer dans sa ferme qui tourne grâce aux volontaires qui sont heureusement nombreux. Nous avons rencontré sur place des personnes supers avec qui nous avons passé de très bons moments. J’ai été ravie de pouvoir m’essayer à la distillation et Herbert un des volontaires les plus anciens sur les lieux m’a dit n’avoir jamais vu quelqu’un d’aussi enthousiaste à l’idée de passer 4 longues heures à surveiller le feu et changer les bouteilles d’hydrolat! Là-bas nous avons aussi assisté de très près à un incendie qui se dirigeait droit vers la ferme dont beaucoup de bâtiments étaient en bois… Nous avons mis les animaux à l’abri et les pompiers ont réalisé un travail de maitre en mettant fin à ce qui aurait vite pu devenir un drame.

Au bout des 6 jours Arthur est revenu avec notre carrosse.On a dû se faire à cette idée et nous ne pouvions pas rentrer à pieds vus les conditions que ça aurait dû être pour les animaux. La nourriture se faisait rare et financièrement nous n’aurions pas pu tenir beaucoup plus. Mais plus de 1700 km est décidément une belle prouesse que nous sommes très fiers d’avoir réalisé et magnifiquement accompagnés en plus!

Au loin la pyramide !

Étape 12: Casa Colorida- Ecolaldea espiral (communauté végétarienne)

Après le rétablissement de notre vaillant Fernandel, nous sommes parti de Colorida en direction du Portugal… P-A., ami de longue date d’Arthur, nous a rejoint à la Colorida après avoir fait le camino de Santiago en partant de Toulouse. On est donc parti a 6 cette fois vers de nouveaux horizons, une autre langue, une autre culture. On a mis trois jours pour arriver à la frontière et se remettre en jambe après quand même un mois de pause. Il fallait aussi y aller molo pour ne pas abîmé le muscle récemment rétabli de notre petit âne. P-A. s’est rendu compte de notre folie en nous accompagnant et s’est rendu compte que marcher seul c’est pas pareil qu’a cinq dont 3 quadrupèdes… on va certes moins vite mais la vigilance est constante et le stress aussi (surtout au bord des routes), on ne peut pas dormir où on veut parce que les animaux passent avant et il est nécessaire de trouver un bon endroit avec de l’herbe et de l’eau, on marche plus longtemps (entre 8 et 12 heures par jour), lorsqu’on s’arrête enfin il faut décharger les animaux, les installer, leur apporter de l’eau, parfois aller la chercher relativement loin et ce n’est qu’ensuite qu’on installe tente matelas et qu’on se prépare à manger, autrement dit des pauses y en a pas vraiment… Le voir de l’extérieur était inintéressant car rare sont ceux qui ont vraiment marcher avec nous. Il a aussi éprouvé le chariot que traîne Arthur derrière lui comme une extension de son propre corps. Il n’arrêtait pas de lui dire qu’il ne comprenait pas comment il avait réussi a tirer ce chariot dans le GR10.
Le chemin Portugais à l’envers ne nous a cette fois-ci pas posé de problèmes. Dans la première partie il y avait toujours les indications vers Fatima puis dans la seconde les flèches était très nombreux et comme nous avions un nouveau membre dans notre team il était plus facile que l’un de nous aille vérifier en cas de doute.
Lorsque nous avons traversé le pont frontalier c’est plein de gratitude que nous avons dit au revoir à l’Espagne et dit bonjour au Portugal. Ce pays que nous attendions avec un peu d’impatience.
Comprendre la langue a été moins difficile que ce que l’on pensait ayant dorénavant un bon niveau en Espagnol. par contre pour le parlé c’était une autre pair de manche. Nous sommes toutefois arrivé a communiquer sans trop de difficultés. Les début au Portugal ont été chaud, même caniculaire et nous divisions la journée en deux parties: nous marchions le matin très tôt puis reprenions la route en fin d’après midi. Les fêtes de villages nous ont accompagné pour ne pas dire nous ont suivi sur notre chemin avec les chants traditionnels qui vont avec (et pour lesquels nous avons eu besoin de notre petit temps d’adaptation!).

Et après plus d’une semaine de marche avec nous P-A. nous a quitté pour rentrer en Auvergne en nous laissant derrière lui des indications sur le chemin a prendre.
le lendemain de sont départ nous avons dit au revoir au Camino de Santiago pour d’autre petits chemins, notre camino a nous. Nous avons fait un itinéraire grâce a des cartes militaires et nous avons aussi utilisé le GPS du téléphone. Ces méthodes se sont révélé être très efficaces et les petits chemins ainsi trouvés nous ont évité le stress des nationales. Nous sommes ainsi arrivé au bord d’un lac où nous avons fait un pause de 3 jours bien méritée dégustant ainsi les derniers moments sauvages de notre folle aventure. Bivouaquer au Portugal est bien plus simple, les gens nous conseille, nous guide et la police nous demande si tout va bien à la place de nos papiers. Ce pays nous a accueilli les bras grands ouverts et on a beaucoup apprécié tous les échanges qu’on a eu là-bas. ces trois jours au lac étaient trois jours au paradis. Les animaux étaient libres et nous allions le soir nous balader tous ensemble. Frenandel courait dans tous les sens en entrainant Gladisse pour qu’elle viennent jouer avec lui. Bayat était dans l’eau en permanence en train de sortir chaque pierre de l’eau ainsi que de rattraper les bâtons qu’on lui lançait. Bref, des instants très bons, très doux, la famille au complet jouissant d’être ensemble.
Nous sommes arrivés quelques jours plus tard a l’Ecoaldea vegetariana Espiral.

L’Ecoaldea

Située dans les montagnes près de Cabeceiras de Basto cette « Ecoaldea » ce trouve au bord d’une rivière très fraîche mais que l’on a bien apprécié avec la chaleur estivale. Dans cet éco-village on mange végétarien, on ne boit ni ne fume, on essaye de ne pas consommer de produits raffinés, on éteint le téléphone au portail, bref on entretien son corps et son esprit au mieux. C’est le lieu qui, selon nous, se rapproche le plus (par son mode d’organisation) du modèle que l’on souhaiterait suivre plus tard si la vie nous le permet. Ici on travaille le matin afin d’avoir les après-midi libres pour des activités proposés par les uns et les autres. On a par exemple eu droit a des cours de flamenco et de danses sévillanes avec Rosa, d’initiation aux méthode de « biodescodificacion » avec Shenia (une méthode de soin qui met en avant les liens filiaux et la numérologie), un atelier « massage Thaï » avec Maria, un cours d’initiation a l’accordéon avec David ou encore la visite des bords de la rivière avec Azar. L’après-midi est aussi le temps de l’artisanat car le projet est que chaque foyer ait la possibilité de disposer d’une économie individuelle qui s’ajoute à l’économie collective de l’éco-aldea. Ainsi deux systèmes économiques sont en place et chacun peu vaquer a ses activités. Tout cela bien sûr en attendant d’être totalement autonomes… Si cela est possible. Je parle du « projet » car pour l’instant il en est a ses débuts et une seule famille vit constamment sur les lieux. Certaines personnes commencent peu a peu a s’intégrer au lieu mais le lieu est donc encore au stade d’expérimentation.

Ils ont sur place une superbe école pour les enfants jusqu’au niveau du collège à peu près. ils y enseignent les disciplines classiques avec une méthode alternative dont j’ai oublié le nom (cf. le documentaire qui sortira d’ici 1 an). Ils ont énormément de matériels et je pense que toute les personnes avec nos valeurs qui ont des enfants ou qui comptent en avoir rêvent toutes de ça pour eux… C’est vraiment à voir!

On a rencontré sur place beaucoup de personnes supers avec qui nous avons passé de très bons moments. Entre autres un groupe de scouts intrépides, un couple de yogi adeptes de rainbow et à la recherche d’un terrain pour monter une école de yoga/communauté dans le coin, un couple (une Française et un Espagnol) vivant en Angleterre mais tenté par laisser à leur tour tout tomber et élever leur petit Théo dans la nature, un autre couple de globe-trotters (une Israélienne et un Polonais), une jeune danseuse de flamenco/joueuse de ukulélé pétillante et blagueuse, et le couple fondateur et leur deux fils remplis d’une très grande énergie et extrêmement courageux d’avoir quitté le confort de leur vie pour se lancer dans ce fou projet.

Arthur a mené de front un chantier et à fait la dalle de béton pour la pièce à manger. Moi j’ai participer au chantier « construction » d’un abris pour le bois et au débroussaillage de pas mal de parcelles (la débroussailleuse n’a plus de secret pour moi!). On a bien échanger avec les uns et les autres et bien que certains points ne nous correspondent pas à 100% au point d’intégrer les lieux on est très heureux que la vie nous ait permis de faire ces belles rencontres et de passer quelques jours dans ce coins de paradis!

Avant le départ, nous avons fait une « Despedida » qui consiste en un moment collectif où tout le monde se réuni pour échanger sur son expérience avec le départ de quelqu’un. C’est un moment de partage intense et qui peut aussi être un moment drôle et festif.

Nous quittions alors ce versant de la montagne avec cette vue magnifique sur une pyramide naturelle devenue lieu de culte pour aller de l’autre côté. Non loin d’ici où nous attendaient un autre groupe formé autour des plantes médicinales…

Solstice au temple du soleil

Le Be-in festival (soin et bien-être)

C’est à la Casa Colorida que nous avons entendu parler du Be-in festival. Un des résidents y était invité pour faire parti de leur team “communication”. On a vu le programme (qui est visible dans le diaporama) et on s’est dit qu’on ne pouvait pas rater ça. On a demandé aux wwoofers de la Colorida s’ils pouvaient s’occuper des trois animaux pendant nos 4 jours d’absence. Ils ont dit oui, pas de problèmes. On a acheté nos billets, fait notre itinéraire pour y aller et c’était parti. Le festival de la médecine alternative au Portugal n’allait pas faire sa première édition sans nous !!

Le festival en question a lieu sur le même site que le Boom festival qui est quant à lui basé sur la thématique de la musique transe. Ce sont les mêmes organisateurs qui ont décidé de créer un autre genre de festival : le Be-in. Il est organisé autour de la célébration de l’équinoxe d’été et regroupe pendant 4 jours de nombreux thérapeutes proposant différentes techniques de soin aussi bien ancestrales (médecine ayurvédique, médecine chinoise…) que beaucoup plus moderne (biodanza, rebirthing…). Ces techniques peuvent avoir pour outil la danse, la musique, la respiration, les relations à l’autre et avec nous même, et souvent tout cela en même temps.

Le lieu est très beau. Situe au bord d’un lac, c’est un grand espace naturel avec des structures artistiques en matériaux souvent du coin, bois, terre ou autres. Beaucoup d’espaces sont crées pour que chacun durant les quatre jours du festival puisse explorer, découvrir et évoluer à son rythme dans les différents recoins de ce village éphémère. Découvrir au fur et à mesure, jour après jou,r ce qu’offrent ces espaces, est un vrai plaisir et les atmosphères y sont bien distinctes selon ou l’on se trouve. En repartant plusieurs structures nous étaient totalement familières, d’autres moins. Nous y avons fait des rencontres, dansé pendant des heures, médité, dormi, manger ou encore explorer des sensations jusqu’alors inconnues.

Lorsque l’on passait le « Puja » où nous allions tous les matins pratiquer divers types de yoga, la zone d’ « alimentation consciente » où nous nous régalions de plats locaux et végétariens de bonnes qualité, et la scène ou avait lieu les concerts, nous arrivions enfin a la zone de soin. Dans cette zone se trouvait alors le Dôme, la maison en bois sur pilotis réservée aux pratiques en groupe, le temple du son ou les harmonies sonores faisaient vibrer les lieux en permanence, harmonies que nous pouvions aussi bien écouter tout en se baignant dans le lac ainsi que les tentes de Temascal devant lesquelles chauffaient les pierres « cœur de la terre-mère » qui allaient la nuit tombée chauffer a leur tour les corps et les esprits de ceux s’aventurant dans ces tentes de sudations aux vapeurs salvatrices… Bien d’autres structures emplissaient ces lieux mais je ne vais pas ici tout dévoiler !
En voyant le programme nous nous sommes d’abord dit qu’il fallait que l’on s’organise bien. Il y avait tellement d’activité que nous ne pourrions jamais tout faire. Nous nous sommes donc fait notre programme perso en fonction de ce que nous ne voulions pas rater. Et quel programme ! Le premier soir nous nous sommes directement séparés, moi je suis allé dans un cercle de femme qui avait pour but l’ouverture du chakra racine, l’acceptation du corps féminin et beaucoup d’autres thèmes autour de l’identité féminine, sa libération et du rapport au masculin. Pendant qu’Arthur, lui, participait à un cercle d’homme pour la pratique du Temascal qui fut pour lui une expérience de renaissance. Les vapeurs chaudes, les chants traditionnels natifs-américains (du nord comme du sud) qui permettent la connexion avec les esprits, l’échange d’énergie avec tous ces inconnus et ces pierres qui vont fumer ces plantes au cœur de la terre nettoient en profondeur le corps et l’esprit. Cela dur presque 2 heures et ensuite tout le monde sort et va prendre un bain froid dans le lac. J’ai participé aussi à un Temascal le lendemain soir j’en avais pour ma part déjà fait l’expérience au Mexique et ça m’a rappelé de très bon souvenirs. Le premier soir, en attendant qu’Arthur sorte de la fameuse tente, je suis allé à la Biodanza, qui est une technique de danse libre mais guidée en collectif et pour entrer en contact avec l’Autre sans peur et sans masque. C’était une pratique très intéressante aussi que je ne connaissais pas auparavant. Je ne vais pas tout décrire car ce serait beaucoup trop long …

En résumé on a participé a de très nombreux ateliers, pratiqués des techniques de respirations, de yoga, de soins par les sons, vu des conférences sur la nutrition, assisté à des concerts de percussions, ou de musique transe, on s’est baigné dans le lac, baigné dans la boue fait des rencontres fabuleuses, enfin ce fut pour nous une expérience forte qui nous a beaucoup enrichi. Là-bas et comme beaucoup d’entre les participants nous avons touché de très près la liberté. Le lieu était fait pour offrir un cadre sécurisant aux participants pour qu’ils puissent exprimer sans crainte ce qu’ils sont à l’intérieur. C’est le principe de la transe. Les cérémonies traditionnelles de transe sont basées sur la répétition d’un rythme. Le rythme ainsi répété donne à tous une base inchangée, où il y a un repère bien concret auquel l’esprit peut s’accrocher. Le « toum toum toum » des percussions ou des basses est un lieu qui devient connu et qui est alors sécurisant, les personnes peuvent ainsi partir dans d’autres sphères de conscience sans peur: ils ont toujours ce repère qui les soutient dans leur voyage. Le Be-in fonctionne ainsi grâce d’une part à la musique employée (souvent de la transe ou dérivé), au lieu en lieu-même qui propose divers espaces intimes ou collectifs, ainsi qu’aux thérapeutes qui guident le temps du soin les participants.

Ces derniers nous les avons rencontrés, pas tous bien sur, mais certains. Ils ont bien voulu jouer le jeu de répondre a nos questions (celles d’Arthur qui s’est chargé de réaliser les entretiens et d’aller à la rencontre de ces différents guérisseurs) nous avons ainsi recueilli leur point de vue, et leur définition d’ « un autre soin » que nous nous ferons un plaisir de partager.Il y en aurait à dire tant et plus mais je vais m’arrêter la.

Ce festival nous a donc apporte énormément, plus que ce que l’on peut conter ici, c’est une expérience à vivre, qui peut faire sauter les barrières et guérir les cœurs.

Hotel a insecte

Étape 11: Santiago-Casa colorida (communauté)

5 juillet: Nous sommes arrivés à la casa Colorida depuis un peu plus d’un mois maintenant. Fernandel était boiteux quand on est arrivé. Les nombreuses montées et descentes que nous avons franchies avant d’arriver là lui ont coûté un déchirement du muscle de son épaule. Maintenant après une bonne convalescence il est prêt à reprendre la route et nous aussi!

L’arrivée: Nous ne sommes finalement pas passés par le village anciennement abandonné et maintenant retapé car personne n’y vit à temps plein et notre arrivée ne correspondait pas avec un chantier sur les lieux où une autre activité de ce genre. À la sortie de Santiago (pensant encore passer par ce village) nous avons pris le « Camino de la Plata » en sens inverse… Quelle galère! Dans l’autre sens, rien n’est simple! On doit faire preuve de logique, mais même avec logique on s’est trompé de route plusieurs fois. Notre astuce était alors de demander à presque toutes les personnes que nous croisions sur notre chemin: « d’où les pèlerins arrivent-ils? ». Entre les personnes qui savent et celles qui ne veulent pas montrer qu’elles ne savent pas la différence n’est pas flagrante au premier abord, ça nous a donc couté des rallonges, des détours, des chemins qui n’aboutissent à rien… Bref, le chemin c’est plus facile de le prendre dans le sens du courant. Le contre-courant fatigue beaucoup et les animaux n’appréciaient pas tellement non plus. Surtout Fernandel qui a HORREUR de faire demi-tour!
C’est une trentaine de kilomètres plus tard (pour nous deux jours de marche) que nous nous sommes rendu compte que nous n’arriverons jamais à temps au village où nous devions aller: la route étant en pleine montagne et le chemin équivoque. Nous ne pouvions pas demander aux animaux un tel effort et nous stresser pour quelques jours à peine de chantier collectif… Dommage!
Nous avons donc soufflé et pris une décision plus raisonnable: Rejoindre le « Camino portugues » et le prendre lui aussi en sens inverse pour arriver à notre prochaine destination: La Casa Colorida. La route a été meilleure et plus facile étant donné que certains pèlerins après être arrivé à Santiago se rendent à Fatima situé aux alentours de Lisbonne. Donc des flèches (bleus cette fois) nous indiquent relativement bien la route à suivre et ça c’est nous enlève un gros poids! Merci à ceux qui ont marqué cette route!
Nous avons bien marché et retrouvé des paysages côtiers. Nous avons peu à peu avancé dans les chaleurs estivales du Portugal qui nous guettait de loin. Quelques chemins mais surtout du bitume nous ont fait passer par de petites villes entre campagne et industrialisation. Découvrant ainsi les différents visages de la Galice que nous commençons désormais à bien connaître.
Peu d’accidents sur ce parcours. Quelques-uns cependant notables. D’abord le sprint sur 1k et demi de Fernandel baté et chargé auquel j’avais par mégarde attaché mon sac de rando… Lorsqu’on fait une courte halte j’ai l’habitude d’attacher Bayat à mon sac à dos au cas où il renifle dans les environs un chevreuil à aller courser pendant plusieurs heures (comme il nous l’a fait plusieurs fois). Là avec la fatigue, je me suis trompé et ais attaché le Fernouil à mon sac. Il s’est déplacé un peu et a remarqué que quelque chose le suivait en faisant du bruit. Il a donc prit peur et a trainé mon sac sur une distance relativement longue. Apeuré, il a ainsi passé différents obstacles auxquels je pense il n’a même pas fait attention obnubilé par la nécessité de semer au plus vite la chose bleue effrayante qui l’avait pris en chasse. Il a ainsi traversé entre autres une voie ferrée et une petite rivière laissant derrière lui un nuage de poussière qui m’a permis de suivre la direction qu’il avait prise. Les pèlerins avaient l’air éberlué. En me voyant arriver à toutes jambes ils m’indiquaient par où était passé notre équidé en furie l’air encore sous le choc d’avoir vu une grosse bête arriver droit sur eux les yeux pleins de terreur. Bayat me voyant partir à toute allure s’est lancé à ma poursuite et Gladisse a quant à elle suivie le mouvement en courant après Bayat! Arthur n’a pas compris dessuite ce qui se passait et s’est chargé de ramasser les affaires éjectées sur la route. Le spectacle vu de l’extérieur devait être surprenant voire même comique. Inutile de dire que pour nous ce n’était pas le cas surtout lorsque nous avons vu la voie ferrée et entendu les bruits de voitures et des sirènes de police au loin. Heureusement le Fernandel a fini par s’arrêter, épuisé mais hors de danger. Je l’ai rassuré et nous sommes revenu tranquillement jusqu’au reste des affaires. Fernandel et moi à part l’épuisement n’avions pas de séquelles, ce qui n’était pas le cas de mon sac que j’ai retrouvé en piteux état… Mais ça, c’est le moins important.
Le deuxième accident est arrivé donc dans ces montées et descentes à répétition sur du bitume bien chaud qui ont constitué notre lot commun avant l’arrivée. Fernandel a glissé dans une descente et s’est déchiré le muscle de l’épaule qui avait dû être fragilisé par la course du sac quelques jours avant. C’est donc avec un membre boiteux que notre famille est arrivé dans le collectif Casa Colorida.

La Casa Colorida: C’est dans la petite ville côtière de Nigran il y a quelques années qu’a vu le jour le projet de la Casa colorida. Il s’agit d’une maison collective ouverte dans un ancien hôtel-restaurant de la ville et en accord avec le mouvement social du 15 M. Cet ancien hôtel appartient à la famille de la principale fondatrice du lieu, il ne s’agit donc pas d’une occupation de bâtiment à proprement parler bien que les activités et la manière de gérer la maison soient très similaires.
Il y a des résidents permanents qui ont chacun une fonction précise (notamment en communication, mise en place et gestion des réseaux, gestion des résidents temporaires, gestion des comptes, etc.). Ces résidents permanents sont: Rossana (originaire de l’Uruguay c’est une adorable militante qui accueil si chaleureusement les résidents temporaires et s’occupe de la communication notamment sur le réseau social facebook, elle est aussi réflexologue, elle danse, elle chante, fait le clown, c’est le rayon de soleil de la maison); Sil (qui est la fondatrice principale de la casa, elle aussi a toujours un beau sourire aux lèvres, elle cuisine très bien et nous fait partager sa culture galicienne dont elle est si fière, c’est une artiste plasticienne qui se consacre en particulier à la sculpture; c’est elle qui a le plus d’expérience en ce qui concerne la vie collective, c’est une activiste qui dispose de nombreux outils et méthodes pour par exemple régler des conflits ou dynamiser des assemblées participatives); Sauko (qui est lui aussi un activiste de longue date, ancien publicitaire il mène parfaitement le front de la communication et de l’économie sociale et est un très bon photographe, il chante lui aussi et joue de la guitare et de la percussion) et enfin Léo (qui est un Brésilien faisant parti du très grand réseau brésilien « Fora do Eixo » qui regroupe envrion 200 maisons colletives dans tout le Brésil. Pour en savoir plus sur ce réseaux: Fora do Eixo Il apporte ici son expérience de là-bas et vient de rejoindre il y a peu la maison).
La Casa est aussi une résidence artistique qui voit donc circuler un grand nombre d’artistes (peintres, sculpteurs, musiciens, troupes de théâtre…).
Une scène ouverte est organisée tous les dimanches à l’occasion du « Vermù colorido » et nous avons ainsi assisté à nombreuses représentations, concerts, pièces de théâtre, etc. Un « comedor popular » ouvre les repas tous les jours à ceux qui veulent manger à la Colorida cela permet à tous ceux qui sont dans le besoin ou qui veulent simplement passer un moment convivial de manger avec les résidents.

À 50m se trouve la « horta colorida » où travaillent les volontaires (comme nous) que nous avons trouvé à notre arrivée dans un état de tout commencement et qui peu à peu se transforme en joli potager qui n’arrête pas de croître et de s’améliorer de jour en jour. C’est notamment le fruit du travail de deux wwoffers français Lilian et Julie déjà présents à notre arrivée (et qui sont désormais nos amis) ainsi que du notre et de tous ceux passés par là plus brièvement. Arthur a vraiment été un moteur dans la transformation de la structure architecturale du jardin car il a pris en main l’agencement des buttes déjà existantes, fabriqué un escalier en palettes pour entrer dans le jardin (que qui n’est pas rien!), construit une structure en bambou pour faire un espace de repos à l’ombre où il a aussi construit un banc en palettes. Il a aussi réalisé (avec Lilian) un plan du jardin notamment de l’arrière qui n’était à notre arrivée qu’un terrain abandonné et envahi par les fougères et les herbes hautes.
Nous avons construit un hôtel à insectes afin que ces petits auxiliaires viennent nous aider dans notre travail. Nous avons donc complétement transformé ce jardin. Les passants nous en félicitent tous les jours. Beaucoup d’anciens sont ravis de voir tout un tas de jeunes gens travailler la terre avec autant d’énergie et nombreux sont ceux qui voudraient acheter nos produits. L’objectif de ce jardin est qu’il devienne un lieu d’échanges où tous ceux qui le souhaitent pourront venir y mettre leurs pattes.

Le fonctionnement et le but de la Casa colorida sont basés sur 4 piliers fondamentaux que sont:

La communication: elle passe avant tout par le réseau Imaxinaria qui fait le lien sur les différentes activités de la Casa avec les autres projets collectifs de la région. Il regroupe différents documents et notamment un que nous avons beaucoup utilisé pour le jardin: le tableau sur les différentes activités, travaux, projets de la Horta colorida. La communication passe aussi par les réseaux sociaux en particulier Facebook et les échanges courriel avec les futurs arrivants. La communication prend aussi une forme beaucoup plus concrète par un simple tableau d’affichage à l’extérieur de la maison.
L’économie alternative: deux systèmes sont principalement inclus dans ce pilier. Un système très local et interne à la maison sans être cependant fermé. Il s’agit du Patacom: une monnaie sociale qui permet à tous d’échanger des services et d’avoir accès à tout ce que propose la maison. Ainsi n’importe qui peut venir prendre des cours de capoeira le jeudi soir ou de réflexologie. Même les fruiteries qui font donation des invendus à la Colorida se voient rémunérer en Patacom et peuvent ainsi entrer dans le système de monnaie sociale.
L’autre système est une monnaie qui commence à prendre de plus en plus d’ampleur au niveau international et qui est le Faircoin. C’est une monnaie digitalisée, même principe de fonctionnement que le Bitcoin avec quelques différences notables cependant. La principale différence est qu’elle ne peut être produite qu’au travers d’une activité éthique et donc contrôlée. D’autre part elle sera bloquée une fois qu’elle aura atteint un certain seuil afin qu’elle ne puisse pas faire l’objet de spéculation et qu’elle soit ainsi stable. Pour en savoir plus: FairCoop
-Les réseaux: basés sur l’éthique Hacker et les connexions horizontales la formation en réseaux est indispensable à la réussite d’un projet collectif. La Colorida est donc intégrée dans des réseaux très locaux mais aussi des réseaux plus globaux (connexion avec les réseaux brésiliens, portugais, etc.) de collectifs. Elle vise à une transparence totale des outils méthodologiques et des activités réalisées. A la Colorida ils se matérialisent notament par un grand tableau d’affichage avec la liste des activités à venir, le nom des réseaux qui en sont à l’origine, etc. Les réseaux sont nombreux, pour en savoir plus: Redes
– Enfin: les savoirs libérés ou université libre qui permettent l’échange gratuit des savoirs de chacun sous forme d’atelier, de cours, de conférence, de débats ou groupes de discussions organisés de manière formelle ou non, autour de différents thèmes et ouverts à tous. Le principe est l’échange, le partage et la libération du savoir. J’ai ainsi proposé différentes de mes connaissances pour organiser des ateliers. Un premier atelier/conférence sur l’initiation à la botanique et à la phytothérapie. Un autre plus pratique pour apprendre à faire un super dentifrice écologique à l’argile blanche. Puis il y a quelques jours sur la fabrication d’un savon au jus de carotte (mon grand classique!). Nous avons aussi participé à un super atelier pratique de réflexologie avec Rossana, des cours de capoeira avec Pablo, je me suis initiée à la guitare avec Lilian, Arthur au violon avec Juanpi, il a rencontré des professionnels de la structure en bambou, j’ai fait une initiation à la langue portugaise avec Léo (que j’ai troqué contre une tisane et un conseil en phyto), Arthur a eu des cours particuliers sur l’utilisation d’un logiciel de montage de vidéo, et nous avons assisté à plusieurs conférences/débats sur les réseaux et la monnaie éthique FairCoop. Nous avons donc acquis une quantité incroyable de connaissance. Moi je me suis réconcilié avec les systèmes informatisés et virtuels qui peuvent apporter énormément à un collectif. Ce séjour nous a ouvert sur beaucoup de sujets et nous a permis d’entrevoir la réalisation fonctionnelle d’une « utopie ».
Merci la Colorida! Vous allez tous beaucoup nous manquer!

Nous repartons demain en compagnie de notre ami P-A qui nous a rejoint il y a quelques jours à la Colorida et qui va faire une semaine de marche avec nous ayant lui aussi réalisé le chemin de Santiago en partant de Toulouse (mais lui en 2 mois de marche!). En plus d’ètre notre ami il est le web master qui a créé notre joli blog et nous sommes très contents de repartir en sa compagnie!

Nous préparons petit à petit le retour définitif pour la France qui ne se fera pas à pied étant donné qu’il nous faudrait un an de plus pour le retour. De plus, l’été dans le sud commence à faire disparaitre toute la nourriture pour les animaux et il est temps de se mettre à nos propres projets! Nous serons donc de retour pour la fin août si tout va bien et nous rapatrierons toute la petite famille vers l’Auvergne. Mais pour l’instant nous mettons le cap sur le Portugal où nous sommes vraiment très prêts, pour nous rendre dans une autre utopie « l’éco-aldea végétariana ». Nous allons donc nous charger de chacuns de nos pas qui serots les derniers de ce long chemin qui a changé notre vie et qui n’a pas encore fini de nous surprendre!

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Étape 10: Ixuxu-Santiago (aventure)

4 mai 2015: Nous sommes partis il y a maintenant deux semaines d’Ixuxu une boule dans la gorge de quitter nos amis mais une grande hâte de retrouver notre vie nomade. Avant le re-départ nous avons réalisé des entretiens vidéo avec le groupe de Pola de Sierro qui a investi l’ancien abattoir pour en faire un centre social où une grande diversité d’activités est proposée. Nous avons parlé avec Manolo (fondateur du lieu) qui a expliqué avec force l’esprit du lieu qui est avant tout un centre ouvert sur les diversités. La culture Gitane et Romani y est bien représentée ainsi que toutes les autres cultures qui peuvent être (en temps et lieux plus communs) quelque peu marginalisées. Ainsi cet espace comme me l’a bien fait comprendre notre désormais ami Manolo est avant tout un lieu ouvert où tous peuvent exprimer leur créativité.
En quoi s’agit-il d’un « autre soin »? C’est bien sûr avant tout un moyen de rapprocher les gens, de les ouvrir les uns aux autres dans un espace commun. Rencontre entre les générations: jeunes, ados, adultes et séniors se retrouvent et participent aux mêmes activités (on a ainsi participé par exemple aux cours de boxe de notre ami David avec des gens de tout âges et tous niveaux). Il y a des ateliers de couture oú ce sont surtout les femmes Gitanes et Romanies qui viennent utiliser les machines à coudre disponibles sur les lieux et s’essayer au stylisme et à la couture créative (j’ai ainsi vu sur place de très diverses créations: de la robe de marier au tableau patchwork). Il y a des ateliers de cirque, une bibliothèque commune, une garderie, una « tienda libre » (friperie gratuite), une salle de concerts salle de débat, salle de soutien scolaire… Et bien sûr tout cela gratuit et ouvert à tous. Ils retapent aussi certains quartiers en reprenant les traditions d’antan : les « sestaferias » qui sont en fait des travaux effectués en collectivités aux bénéfices des habitants, de tous et de chacun: les rues, les batiments communaux… L’objectif: reprendre en main ses rues et ne pas attendre derrière les politiques en râlant, mais agir! Enfin, un endroit génial dans lequel nous sommes allé plusieurs fois lors de notre séjour Asturien et dans lequel nous avons toujours été accueilli avec beaucoup de chaleur. Des punks, des Gitans, des « hippies », des clowns, des poètes s’y retrouvent, tous avec l’envie de faire avancer les choses et de rendre leur ville plus agréable!! Un autre soin donc: celui de la ville et du quartier, un soin collectif.

Nous avons finalement rencontré des guérisseurs dont notament une amie d’un de nos compagnon d’Ixuxu (Javier) qui est magnétiseuse, guérisseuse et aussi artiste peintre. Elle pratique le soin avec les archétypes technique qui sera plus détaillée dans le carnet de voyage final. Elle est vraiment sur le même fil de guérison qu’Arthur. C’est lui qui en a fait l’interview et il saura décrire mieux que moi les techniques qu’elle emploie. Ces interviews seront aussi incluses dans le petit reportage final.

Nous avons aussi rencontré un vieux guérisseur dont on nous avait dit beaucoup de bien à Ixuxu. On est donc allé le voir pour une séance ainsi qu’une interview s’il acceptait… Et bien on n’a pas été déçu du déplacement! Enfin si, mais ça valait le coup d’oeil! Il a sans doute réussi à soigner beaucoup de monde mais il ne nous a pas convaincus du tout. Il nous est apparu comme un individu étrange (exubérant, peu attentif, en représentation plus qu’en soin et paraissant préoccupé) qui ne nous laissait pas dire un mot quand il affirmait des choses (généralement fausses) sur notre état de santé, nous a tordu dans tous les sens affirmant savoir de quoi nous avions besoin, essayant plutôt de nous en convaincre… Bref je suis reparti avec un affreux mal de dos, Arthur était un peu agacé de s’être fait prendre ses sous par un « charlatan ». On est donc reparti avec une note salée et une ordonnance sans fin (6 à 8 cachés chacun par jour à prendre pendant 2 mois) sur laquelle il était notamment prescrit un médicament fabriqué à partir d’ailerons de requin, il était donc pour nous hors de question de suivre quoi que ce soit de cette ordonnance… mais finalement avec un peu de recul on a été bien contents de vivre une expérience comme celle-ci et nous n’avons qu’un regard très subjectif sur ce qui s’est passé…
Bref pour un autre soin c’était un autre soin! Mais, s’il convient sûrement à certains (mais sans doute pas à beaucoup: le cabinet était désert et nous avons tout de suite pu prendre un rendez-vous… bizarre pour une grande ville) il ne nous a pas du tout convaincus, ça c’est sûr!

Nous avons aussi réalisé un émouvant entretien avec Aurelio, fondateur d’Ixuxu, qui nous a expliqué avec force conviction ce qu’était pour lui le soin de la Terre et des Hommes. C’était un super moment et étant la veille de notre départ, une très belle conclusion de notre aventure communautaire Asturienne.

Nous avons fait une fête d’au revoir génial où tous les ingrédients étaient réunis pour passer un excellent moment: danse, musique, chant, bonne bouffe, bonne humeur et tous les copains!

Et le 20 avril, nous sommes parti. Les animaux supers contents de reprendre la route et à fond! Nous très contents aussi de reprendre notre rythme de totale liberté. Nous sommes passé voir la famille d’Arthur près de Grado et nous avons ensuite rejoint la côte Atlantique oú nous avons retrouvé les sublimes plages avec la plus grande joie! Nous y sommes actuellement (à côté de l’océan) et nous avons même quitté les asturies pour arriver en Galice!!!

14 mai 2015: Nous sommes actuellement à quelques kilomètres de Santiago de Compostella et nous avons un peu changé notre itinéraire et nos plans. Nous n’irons pas jusqu’à Fistera et nous descendrons vers Ourense dans un village abandonné dans les années 70 et réhabilité par une communauté et où nous avons été très gentiement invité. Nous avons de nombreuses adresses de producteurs de plantes médicinales à aller voir dans la région de Pontevedra, toujours en Galice. Nous avons prévu aussi de participer à une cérémonie Ayahuasca menée par un ayahuasquero formé et originaire d’Amazonie péruvienne. On nous avait parlés d’eux (car c’est un couple qui organise ces cérémonies) au pays Basque et nous les avons contactés, une cérémonie a lieu en mai et nous allons participer à celle de juin. Nous irons ensuite rejoindre la communauté « casa colorida » à Nigran qui est plutôt une association culturelle. Elle se trouve à Nigran, ville très proche de la frontière Portugaise. Nous irons donc par la suite au Portugal où nous resterons quelques semaines.

Nous sommes donc arrivés à Santiago, et avons juste avant rejoint l’autoroute des pèlerins que représente le Camino Frances. Cela nous a vraiment fait un choc de nous retrouver avec cette foule dans ces petits chemins de terre. Nous avons pu observer la compétitivité du marcheur pressé que nous ne connaissions pas sur le chemin du nord que l’on a alors beaucoup regretté. L’arrivée à Santiago a été une expérience magique et beaucoup plus émouvante que ce qu’on pensait. On ne s’attendait pas à ce que ça nous fasse ça d’arriver là où toutes les flèches et coquilles nous dirrigeaient depuis le début de notre épopée. Arrivés sur la fameuse place devant la cathédrale où sont conservés les fameuses reliques c’est donc tout émotionnés que nous avons félicité les animaux et nous-même d’être arrivés jusqu’ici. Peu d’ânes et de chiens l’ont fait jusqu’au bout et Gladisse, d’après les renseignements qu’on a obtenus sur place est la toute première chèvre pélerine resensée!! On était très fiers d’eux. On a même participé à la messe du pèlerin, bien que ce type de cérémonie nous soit totalement étranger à Arthur et moi. Et bien finalement, nous avons apprécié cette messe et surtout le fameux lancé d’encens qui a lieu à la fin. Moment que tout le monde attendait à en croire les nombreux téléphones protables et appareils photo restés en veille pendant le sermon et tous dégainé au moment T. On est ensuite allé voir les reliques et enlacer la statue de San Tiago. Nous avons tous deux ressenti beaucoup de choses, peut-être était-ce des présences ou bien notre émotion d’être arrivés jusque là ou les énergies des pelerins passaient avant nous. Ou encore tous cela mélangé. En tout cas faire le chemin c’est un monde à part, ce pèlerinage nous a beaucoup apportés et même si au départ nous le considérions avec quelque peu de mépris n’étant pas notre objectif final aujourd’hui nous le respectons et connaissant sa force.

la bergerie

Etape 9: Paraiso Asturias-Ixuxu (communauté)

Nous avons donc quitté le « Paraiso » à la mi-octobre pour nous rendre dans l’autre communauté, celle d’Ixuxu qui se trouvait à quelques kilomètres de là. Nous avons fait une pause de trois jours dans la capitale de la région: Oviedo parce que ma soeur Hélène et sa copine Maëva sont venues passer quelques jours de leurs vacances de Toussaint (et oui les vacances des profs!) en notre compagnie. Nous avons trouvé par chance une auberge bon marché qui avait un petit jardin où nous pouvions laisser les animaux. En pleine ville c’était inespéré! Les habitants du quartier étaient plus qu’étonnés d’entendre Fernandel à côté de leurs grandes barres d’immeubles! Les filles étaient passées par Bilbao et ont fait le voyage en voiture en plusieurs étapes, elles se sont ainsi rendu compte du trajet qu’on a parcouru à pied! On a profité d’être ensemble, on a passé de très bon moments tous les 4 et même si Arthur s’est retrouvé entouré exclusivement de filles (et qu’il se plait à dire que ça a été très dur pour lui!) il s’est lui aussi régalé. Pendant ces trois jours on a découvert Oviedo et rencontré différentes personnes dont un « chico » avec qui nous nous sommes très bien entendu. Il travaille dans une sidreria et il est selecta dans un sound-system reggae qui tourne dans la région. Alors évidemment Arthur et lui avaient énormément de choses à échanger. Le sound-system dans lequel joue Arthur (le Select Hi-Fi) est donc invité à venir jouer dans différents lieux dans les Asturies, en Navarre… Nous avons aussi retrouvé la bande d’amis de Rakel (que nous avions rencontrés lorsque nous travaillions chez elle) à un concert punk-militant-asturien. D’après ce qu’on nous en a dit, les mouvements militants dans les Asturies revendiquent pour une partie l’indépendance de la région face à un gouvernement central espagnol fortement critiqué. En effet, une grande partie du peuple espagnol accuse les politiciens et les financiers d’être à l’origine de la crise économique espagnole et coupable de corruption. Et l’abdication du roi d’Espagne Juan Carlos en 2014 montre l’actuelle instabilité du pays d’un point de vue politique. Bref de nombreux mouvements ont vu le jour ces dernières années ici, en Espagne. Notamment celui du « 15 M » qui a donné le jour au collectif des « indignados » lors du grand rassemblement du 15 mai 2011 qui a eu lieu dans la plupart des grandes villes du pays. Aujourd’hui l’espoir de beaucoup se tourne vers le nouveau parti politique qui a émergé du mouvement: le Parti « podemos ». Seront-ils capables de ne pas céder à la corruption comme ils le prétendent ou pour le moins de rendre les politiques économiques plus humaines? À voir. Auront-ils vraiment le pouvoir décisionnel s’ils arrivent au gouvernement et pourront-ils lutter de l’intérieur contre les intérêts des gros dirigeants (ceux qui gouvernent au-delà des frontières)? On verra bien, en tout cas pour notre part, on ne croit plus vraiment que la solution peut être politique on croit davantage en la révolution intérieure… Bref, je m’égare…

Une autre partie de la protestation des « indignados asturianos » est dirigée vers la gestion des espaces naturels. En effet avec la crise, de plus en plus de personnes qui ne font plus confiance aux banques pour la gestion de leur patrimoine économique achètent des terres pour y planter… des eucalyptus. Le bois se vend bien et surtout il pousse très vite. Donc le principe est simple: ils achètent des terres à bois en général et après avoir tout rasé y plantent des forêts d’eucalyptus. Ces arbres envahissent aujourd’hui une grande partie du paysage asturien en remplaçant par la même occasion les essences indigènes. Ils posent surtout de nombreux problèmes écologiques comme dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest (j’avais un peu creusé ce thème lors de ma recherche au Sénégal). Dans les Asturies, il ne s’agit pas d’un problème d’assèchement des sols (comme ça peut l’être dans les pays d’Afrique où ils sont implantés), la pluviométrie étant très importante dans cette région. Mais le problème est leur effet sur l’appauvrissement en matière humifère, autrement dit le sol devient stérile, minéral, mort. On a eu le temps de prendre connaissance de ces problématiques arrivés ici et peu à peu on en sait davantage.

Après donc ce week-end de découverte d’Oviedo, nous avons quitté avec peine Hélène et Maëva pour reprendre notre chemin. Nous nous sommes ensuite  rendus dans la communauté d’Ixuxu dont on nous avait parlé à plusieurs reprises (et il faut l’avouer, pas toujours de manière positive). La description que nous avions eue sur internet nous avait cependant attiré et les termes « jardinerie divine », « souveraineté alimentaire », « autogestion » et « permaculture » ont titillé notre curiosité et nous avons donc voulu voir ce qu’il s’y passait. De plus, la communauté ayant 25 ans d’expérience nous étions sûr d’avoir beaucoup de choses à y apprendre.

Ixuxu se présente comme une association écologiste fondée en 1990 et qui a pour but principal de récupérer les terres, les protéger de la pollution et de leur destruction en empêchant notamment l’avancée des forêts d’eucalyptus sur le territoire. Elle prône le changement au niveau aussi bien interne qu’externe. Changement des habitudes qui peuvent nuire à nous-même ou à autrui aussi bien dans notre façon de vivre, de consommer que de travailler la terre. Bon, au niveau pratique on se rend compte que ce n’est pas aussi simple…

Lors de notre arrivée à la communauté il n’y avait pas d’autres volontaires wooffing que nous. Des personnes vivent là de manière permanente soit sur les lieux même de la communauté (à la BASE comme on l’appelle) ou dans des logements appartenant ou non à Ixuxu. Mais tout le monde vit près les uns des autres selon des règles de vie communes. Les habitants permanents de la communauté sont Aurelio (fondateur d’Ixuxu et principal propriétaire des terres qui y sont rattachées. Il est le responsable de la gestion des espaces et le principal décisionnaire de la communauté, les décisions principales sont prises par lui bien que tout le monde puisse donner son opinion. Il est la figure d’autorité des lieux et bien que cette position lui soit parfois reprochée il a su mener la barque toutes ces années. L’expérience communautaire qu’il a est incontestable car il est le seul a être là depuis le début et sa vision globale est essentielle à la mise en place de nouveaux projets); Anna, (sa chérie avec laquelle ils ont eu la petite Angela. Ancienne infirmière, et militante écologiste depuis toujours, elle a tout abandonné pour venir réaliser sa vie à Ixuxu, le contact avec la nature et l’amour de la musique en ligne de mire); Ruben (ancien élève de l’ancienne « granja escuela Gaïa » d’Ixuxu, il vient travailler sur les lieux depuis ses années collège et il a découvert très jeune sa vocation et son amour pour l’agriculture et la construction. Il a notamment été formé par Valiente, un ancien de la vallée qui est le professeur principal de la communauté car disposant d’un savoir traditionnel incroyable entre autre sur l’agriculture et la construction. Ruben a vécu un temps avec lui quand il était adolescent et aujourd’hui à 37 ans il a des connaissances très vastes dans de nombreux domaines); Paola, (elle vit là depuis 2 ans et est responsable avec Ruben, son compagnon, de la production des aliments pour la communauté. Elle s’intéresse elle aussi aux plantes médicinales, à l’alimentation consciente, à la fabrication de produits naturels, etc… on a donc beaucoup de choses à partager et elle est devenue une très bonne copine); Valiente est donc l’élement incontournable de la communauté. A 76 ans, il travaille toujours entre 10 et 14 heures par jour, se lève à 5 h du matin et déplace des troncs d’arbres que deux gars « normaux » ne peuvent même pas bouger. Il a beaucoup à nous apprendre et ne manque pas de nous le faire savoir. Il est un des acteurs principaux dans la conservation de la céréale locale appelée escanda car il a retrouvé des semences datant de son arrière grand père (donc vieille de presque 200 ans!) et les a semées et à partir de la petite récolte obtenue il a resemé et ainsi de suite jusqu’à avoir une récolte satisfaisante aujourd’hui. Il a un moulin et nous consommons donc de la farine d’escanda très régulièrement. Nous consommons aussi de la farine de maïs. Nous avons en effet aidé Valiente pour la récolte de cette dernière céréale qui sèche tranquillement et de manière traditionnelle autour de l’horreo prév. Il a un très grand coeur et aide beaucoup Ixuxu pour un bon nombre de travaux. Il possède une grande partie des terres de la vallée et nous avons souvent l’occasion d’aller lui prêter main forte en cas de besoin. Son caractère très marqué rend parfois le travail avec lui difficile, en tout cas pour ceux qui comprennent ce qu’il dit (car il parle le patois asturien et quand il parle castillan il a un accent tellement prononcé que pour des étrangers comme nous c’est extrêmement compliqué de le comprendre, surtout quand il s’énerve… parce qu’on ne le comprend pas!); il y a ensuite Charlie qui est là depuis presque 2 ans, responsable des animaux (brebis et chevaux) il s’est engagé dans le mouvement des indignados depuis le début et se décrit lui-même comme un écologiste anarchiste; Luis est là depuis quelques mois et s’occupe de la manutention des lieux. Il sait fabriquer de nombreuses choses, surtout en bois et il est donc sollicité pour réparer, arranger, fabriquer… ; Inma est arrivée peu après nous mais connaissait déjà les lieux depuis longtemps. Elle vient de Valence et son rêve est de vivre dans la nature entourée d’animaux et de plantes. On est devenues très amies et nous passons une grande partie de notre temps ensemble entre les travaux de la base et ceux au jardin, elle a été désignée responsable de la base et on l’appelle « la tormenta » car elle a un dynamisme débordant et un caractère explosif.

En plus de ces « permanents » de nombreux volontaires sont passés par là depuis que nous y sommes et ça fait maintenant 4 mois! Ce groupe est devenu un peu notre famille et nous sommes désormais très attachés à eux.

Au niveau énergétique, la base est alimentée en électricité par des panneaux solaires de plus de 20 ans d’âge. Elle est principalement réservée aux volontaires c’est un lieu de réunion, l’endroit où l’on mange mais aussi où l’on fait de la musique. La base est aussi un lieu de travail mais c’est principalement là que nous passons notre temps libre.

Les constructions sont principalement réalisées en bois. Il y a une maison de paille magnifique dans le bois et son toit est surprenant car il est auto-porté grâce à l’agencement des poutres de bois. Les murs ont été fabriqués en paille et torchis et enduits avec de la chaux. Le résultat est superbe et c’est sans doute l’habitation qu’on aime le plus sur les lieux (on y a vécu les 3 premiers jours avant d’être envoyés à quelques kilomètres de là  dans notre conteneur dans lequel nous avons cependant plus d’intimité). La cabane dans l’arbre est aussi une construction très réussie, elle a été construite pour la première fille d’Aurelio, Luna. C’est une cabane destinée aux enfants qui est parfaitement habitable mais où tout est à taille réduite à l’intérieur, avec son balcon, ses petits lits en mezzanine, sa petite table à manger (ou à dessiner et à jouer en l’occurrence) et son poêle à bois, elle n’a rien à envier aux autres habitations du lieu. Sur le site, il y a des ateliers construits eux aussi en bois. Certains des ateliers ont été un peu abandonnés comme par exemple celui de céramique qui sert aujourd’hui de lieu de stockage pour les aliments. Le plus grand projet de construction a lui aussi été un peu abandonné, en tout cas pour le moment. Il s’agit de la construction d’un bâtiment sur 2 niveaux pour accueillir une école naturaliste dans l’avenir. Cela fait quelques années que l’association ne reçoit plus de subventions pour la ferme-école Gaïa qui a existé durant pratiquement 20 ans et qui faisait réellement vivre le lieu par la présence de nombreux enfants et animateurs. Les mouvements des personnes dans la communauté font que c’est à chaque fois un éternel recommencement. Les projets naissent, puis meurent pour en accueillir de nouveaux.

Nous, nous sommes considérés comme des « volontarios especiales » car nous restons longtemps et avons une « suite de luxe » chauffée et indépendante. Nous vivons en fait dans la forêt dans un conteneur à bateau réaménagé. Nous avons donc le bénéfice d’un nid en dur ce qui nous change de la toile de tente. Nous n’avons pas l’eau potable ni chaude mais nous avons l’électricité dans notre chambre.

Dès la première réunion on nous a dit que nous pouvions rester ici le temps que nous souhaitions, que nous sommes tout à fait le genre de personnes dont ils auraient besoin ici. Gladisse et Fernandel ont un pré rien qu’à eux où Arthur a construit une petite cabane pour qu’ils soient protégés de la pluie. Paola m’a proposé de réaménager le jardin de médicinales, Arthur s’est vu proposer de se joindre aux projets de construction du site. Nous avons donc accepté l’invitation avec plaisir et avons décidé de rester sur les lieux pour passer l’hiver et éviter ainsi de vivre et dormir dehors dans cette région froide et montagneuse. Un lieu fixe, un accès à l’eau chaude et un toit en dur, ça nous change. Mais il faut reconnaitre qu’on se réhabitue très vite au confort!

Au début de notre séjour à Ixuxu nous travaillions pas mal au jardin. Il y a deux jardins potagers principaux et un petit sensé être celui des plantes médicinales (un peu à l’état d’abandon et que je suis donc en train de réhabiliter). Puis arrivée la période de la pluie (les Asturies sont souvent appelées la Bretagne espagnole) nous avons commencé d’autres activités. De mon côté j’ai transmis une partie de mes connaissances aux filles (Inma et Paola) et ensemble nous avons composé des paniers de noël garnis de produits naturels comme savons écologiques, pommade de consoude, sels de bain, sticks à lèvres. Cela fait déjà plusieurs années que je compose des paniers de ce genre pour les fêtes avec mes produits, j’ai donc donné mes recettes et enseigné les techniques de fabrication aux filles qui pourront continuer l’activité après mon départ. Je fabrique aussi entre autre du dentifrice, des pains à l’ortie et m’occupe des différentes tâches qu’on me donne. (J’ai d’ailleurs une nouvelle recette pour mon dentifrice que je fais maintenant avec de l’argile blanche plus douce et plus respectueuse des dents et des gencives que la verte. Tout le monde l’apprécie à la communauté. J’y mets donc de l’argile blanche et comme d’habitude je la mélange à une infusion de thym puis j’y ajoute de l’huile d’olive pour que ça soit plus doux, du sel et de l’huile essentielle de menthe poivrée.)

Nous avons donc passé noël à Ixuxu. Je me disais que ça serait la première année que je le fêterais loin de la famille… Mais finalement c’est la famille qui est venue le fêter ici avec nous! On a donc eu le plaisir d’accueillir ma maman, mon beau-père et pour la deuxième fois ma soeur! On a passé un moment super et ça m’a fait un bien fou de les avoir avec nous. On a fêté noël avec Luis et Charlie et la famille à la base, les autres ayant rejoint leur propre famille pour l’occasion. Merci donc beaucoup à vous d’être venus!!!

Les beaux jours arrivent donc les activités agricoles proprement dites peuvent enfin reprendre et ça fait du bien, le contact avec la terre me manquait. Je travaille aussi la laine. Nous avons eu droit en novembre à la visite d’une ancienne d’Ixuxu qui nous a appris les techniques pour laver, carder et filer la laine, ce qui n’est pas un boulot facile. Nous avons toute la laine coupée au printemps dernier (car elle ne peut pas être conservée plus d’un an)à préparer avant la tonte du printemps qui vient. C’est moi qui m’en occupe principalement et je commence à bien maîtriser le lavage et le cardage. Pour le filage c’est une autre paire de manche. C’est de la pratique et de la pratique, et il faut être trèèès patient pour apprendre. J’apprendrais ça plus tard.

Arthur quant à lui apprend beaucoup aussi. La gestion de l’environnement, forêt, culture des près, compost, le travail du bois(de la poutre à la sculpture), énergie solaire, agriculture traditionnelle, construction mur en pierre, techniques du bâtiment, charpente, toiture etc… et surtout vie communautaire…

Donc durant le plein hiver les activités étaient plutôt liées à de l’artisanat, de l’entretien et de la construction. Bien sûr les animaux eux ont besoin d’attention et de soin à toute saison donc l’activité d’élevage était aussi une des principales. L’entretien des zones de pâturage a également été une activité prédominante cette période hivernale ainsi que la taille des arbres et l’entretien des espaces en général.

En ce qui concerne l’agriculture, les techniques employées sont davantage les techniques traditionnelles transmises par Valiente que celles de la permaculture. Et Paola qui est responsable de la production d’aliments est à ses début donc est un peu à la phase test. Je dois avouer que j’ai été un peu frustrée quelque temps ayant l’impression de ne rien apprendre ou très peu. L’impression de ne pas vraiment avancer, voire même de régresser sur certains aspects. Les vieilles mauvaises habitudes reviennent et la façon de consommer ne correspond pas exactement à ce à quoi j’aspire. Je suis sans doute un peu extrémiste et responsable aussi de cette situation. Mais foutaise! j’ai énormément appris, premièrement appris sur moi car vivre en collectivité est loin d’être une chose facile! Nous avions quitté une colloc avec certains problèmes et nous nous rendons compte que ce sont absolument les mêmes qui reviennent sans cesse. Nous avons donc bien avancé dans la résolution des conflits (enfin surtout moi car Arthur possède un don tout naturel pour ça et donne l’impression qu’absolument aucun conflit ne l’atteint, certains dans la communauté, moi la première reconnaissent avoir énormément à apprendre de son comportement). De nouvelles techniques apparaissent comme celle du bâton de parole (tradition native-américaine) qui permet à chacun de s’exprimer à son tour sans être coupé et en étant en confiance avec le reste du groupe. Nous apprenons donc énormément chaque jour et nous sortirons d’ici grandis et en distinguant un peu mieux ce que nous voulons pour le futur. Nous sommes un peu peinés de ne pas avoir rencontré de guérisseurs. Valiente nous dit que les anciens sont tous morts dans la vallée et que leurs secrets sont morts avec eux. Peut-être aurons-nous plus de chance en Galice? À Ixuxu nous avons d’autres choses à apprendre. La vie collective dans la paix et le travail sur soi que l’on mène chaque jour est la base de l’itinéraire d’un autre soin, pas à pas cette conviction se renforce et nous avons pleinement confiance en la vie et au chemin qu’elle nous offre de suivre.

La plage du village

Etape 8 : Asturies – Paraiso Asturias( ferme écologique)

Nous sommes en train de traverser les Asturies. Arthur me fait visiter avec joie la région de ses grands-parents notament sa Grand-Mère paternelle qui a grandi  dans le charmant village d’Andrìn. Nous  y avons rencontré un sacré personnage (un voyageur de 43 ans Néerlandais qui pêche pour se nourrir et a vécu plusieurs vies). Le paysage est vraiment magnifique et nous avons d’un côté les très impressionnants Picos de Europa et de l’autre la côte avec ses plages très sauvages. Nous avons passé 10 jours chez Rakel au « paraiso Asturias » où nous avons aidé à la fabrication d’un dôme et de toilettes sèches entre les différents travaux de jardinage… Elle nous a présenté à ses amis qui sont devenus les nôtres. Arthur a croisé sa cousine par « hasard » lors d’un concert de révolutionnaires et indépendantistes asturiens.

Nous décrirons cette traversée lorsque nous aurons plus de temps en attendant vous pouvez profiter d’une partie des photos !

Nous sommes déjà à la fin du mois de janvier. Nous avons pris beaucoup de retard dans la mise à jour du site.

Un petit retour en arrière: La première moitié de la traversée des Asturies a été incroyable. Des paysages magnifiques, des rencontres très riches et un retour aux racines pour Arthur. Nous avons en effet passé Andrin, le village natal de sa grand-mère paternelle. Son arrière grand-mère y était institutrice et avait appris à lire et à écrire à une grande partie des habitants du village.  Son grand-père quant à lui était originaire de Anzo près de Grado où nous ne sommes pas encore passés. Les deux grands-parents ont dû fuir le Franquisme et se sont rencontrés une fois en France. Ils étaient nés le même jour et étaient tout deux des Asturies… Coïncidences? En tout cas, elle est devenue sa femme et ils ont ensemble fondé une famille. Aujourd’hui, le petit fils refait le chemin de son grand-père dans l’autre sens, et dans des conditions bien meilleures. Je trouve cette histoire très jolie et c’est pourquoi j’ai trouvé bon de la partager.

Après Andrin nous sommes passés par LLanes où nous sommes restés 2 jours à l’auberge de jeunesse où nous avons beaucoup apprécié le luxe de la douche chaude et de la chambre individuelle! Les animaux ont tondu le gazon de l’auberge ce qui a beaucoup plu aux aubergistes qui n’avaient plus à faire l’entretien! Tout le monde était gagnant!

Nous avons bien marché en retrouvant le relief, duquel nous nous étions quelque peu éloignés depuis les Pyrénées. Lorsque nous sommes arrivés à la première « granja » en wwoofing dans les Asturies nous avons parcouru en une journée 27km quasi que de montagnes. C’est pour nous un exploit! Bon on est parti le soleil se levait et on est arrivés il faisait nuit et nous étions tous les 5 épuisés mais bon… on l’a fait! on a donc fini par arriver prés de Pola de Sierro, chez Rakel au « paraiso Asturias ». Sur les lieux il y avait son camion/caravane, sa yourte une très jolie serre, une zone de maraichage avec des buttes de culture, un dôme en construction et des toilettes sèches elles aussi en construction.

Rakel ne vit pas sur place et en plus de son travail de maraichage sur son terrain elle travaille dans une maison de retraite à Pola de Sierro où elle a un appartement. Nous dormions donc dans la charmante yourte où il n’y avait bien sûr pas d’électricité. Nous avons travaillé pour faire de nouvelles buttes de culture, pour avancer la construction des toilettes sèches (où il y aura en plus douche solaire et « bicylavadora » ou machine à laver/vélo), la construction d’un dôme où il est prévu (entre autre) d’y donner des cours de yoga. Nous avons aussi fait des confitures et autres activités classiques de maraichage (récolte, tris des semences, désherbage…). Rakel fait aussi des soins. Elle pratique le Reiki, le soin énergétique. Elle vivait cependant une période un peu difficile dans sa vie et nous avons donc peu abordé ces sujets qui pourtant nous intéressent beaucoup.

Après être passés par chez elle nous devions rejoindre la communauté d’Ixuxu où elle avait vécu quelques années .La petite troupe que nous y avons rencontrée nous a ouvert grand les bras et nous a proposé de passer l’hiver en sa compagnie dans la suite de luxe avec électricité (bon en ce moment on en a pas mais normalement ça marche!). Tout va bien pour nous à Ixuxu. Bientôt les détails de nos activités sur place…

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Etape 7: Cantabrie-Asturies (aventures)

Nous avons maintenant un rythme d’environ 20km par jour beaucoup plus qu’au début où nous dépassions rarement les 12km/jour. Nous avons rencontré aussi des personnes supers, et des personnes moins supers, mais toujours assez bien reçus dans les lieux que nous parcourons. Nous avons dormi à différents endroits dans des prés la plupart du temps, dans les jardins de maisons abandonnées. Les nuits commencent à se rafraichir et nous avons acheté des petits manteaux pour Gladisse et Bayat qui dorment au chaud maintenant! Nous sommes passés par Laredo et nous nous sommes rapprochés de Santander qu’on redoutait aussi un peu. Nous avons fait une pause juste avant, à Somo où les pèlerins sont censés prendre le bateau pour passer à Santander (ce qui n’est pas possible pour nous bien sûr même avec un super Fernandel). A Somo, Arthur a trouvé un endroit parfait pour dormir: juste à côté de la plage, cachés dans la forêt d’eucalyptus, nous avons passé 2 nuits et une journée entière! c’était magique! Nous étions dans un endroit où les plages étaient très prisées des surfeurs. Une grande population de surfeurs se trouvaient donc là… Nous avons fait la fête avec eux le vendredi soir dans un endroit trouvé par hasard où nous nous sommes rendus, guidés par le son de la musique. Un bar en extérieur tenu par deux jeunes qui nous ont offert des coups à boire (et comme nous ne buvons quasiment plus, ça a bien fonctionné!) et nous avons fait la fête et dansé comme des fous une bonne partie de la nuit… Ça fait du bien de danser!!

Le lendemain a été dur dur car nous sommes partis tôt, nous avons contourné Santander et nous avons rencontré un homme assez incroyable: José. Il a voyagé pendant 3 ans avec ses chevaux du Texas jusqu’en Amérique du sud et nous a accompagnés jusqu’à l’auberge de la petite ville. Il nous a offert à boire et a appelé l’aubergiste qui ne répondait pas, il a donc négocié avec la police pour que nous puissions dormir à côté du parc pour enfant. Puis il nous a promis de revenir avec une bonne tortilla préparée par sa femme Maïté. Un monsieur est ensuite venu vers nous et nous a demandé si nous attendions pour l’auberge… L’hôte de l’auberge s’est présenté et nous a fait entrer, nous a tout expliqué et est reparti chez lui en nous laissant les clés! c’est la premiere fois que nous étions tout seuls dans une auberge! José est revenu avec sa femme et la délicieuse tortilla. Il nous a appris qu’Avoy, l’hôte de l’auberge avait fait 35km pour nous ouvrir et 35km pour repartir! Ça c’est de l’accueil! Nous avons donc très bien mangé et très bien dormi ce jour là et en plus nous avons rencontré encore une fois des gens incroyables! José est revenu le lendemain matin nous apporter les croissants et quelques conseils pour la route! On le remercie donc beaucoup ainsi que sa femme et Avoy pour leur gentillesse et leur aide!! Nous avons ensuite continué à bien avancer et nous avons filé en direction des Asturies!! Une nuit, nous avons dormi dans un champ et nous y avons rencontré le propriétaire, un agriculteur, José Antonio avec qui nous avons sympathisé, ses petits garçons le suivaient, l’ont aidé et nous ont apporté du maïs pour nos animaux. On leur a ensuite fait faire une petite ballade à dos d’âne qu’ils ont beaucoup aimée. Cette rencontre a aussi été très chouette!

En chemin le lendemain nous avons rencontré Clément étudiant en 9ème année de médecine (pour ainsi dire déjà médecin). Nous avons beaucoup échangé avec lui sur la pratique de la médecine conventionnelle qu’il remet peu à peu en question. Il commence à connaitre la médecine énergétique et Arthur lui a même fait une petite séance sur le bord d’une route! Clément travaille beaucoup sur l’autonomisation des patients. Il considère en effet que les patients sont complétement dépendants de la parole du médecin (et ce, quelque soit le type de thérapeute) et totalement passifs face à leur propre guérison. Il s’intéresse donc au concept de démocratie sanitaire et de santé communautaire qui vise une politique de santé publique qui va du bas vers le haut, dans laquelle les décisions sont donc prises par la population concernée et non par ceux qui sont en dehors des réalités sociales. Il aimerait que les politiques publiques prennent mieux en charge la promotion de la santé qui est décrite dans la charte d’Otawa de 1986 et qui a été ratifiée par nos États sans cependant que les systèmes de santé n’aient réellement changé. Il est dans une démarche compréhensive du patient (en tout cas essaye de l’être) et souhaiterait rendre sa pratique médicale plus humaine notamment en offrant au patient de vraies consultations d’une heure environ… Il ne veut cependant pas sortir du régime de sécurité sociale où même ceux qui ont de faibles revenus peuvent venir se faire soigner… il est donc en plein questionnement quant à la façon dont il peut pratiquer son métier tout en gardant son éthique et en pratiquant « un autre soin » de la manière la plus cohérente possible. Cette rencontre a été très riche et nous avons beaucoup échangé pendant cette journée. Nous avons dormi ensemble dans un champ prés de Comillas et nous sommes quittés le lendemain. Nous avons ensuite passé les villes de Saint Vicente de la Barquera et de Unquera pour entrer…. Dans les Asturies!!!!!!